samedi 2 mars 2024

En 3ème année à Science Po, Élisa Riffonneau allie études et rugby en Angleterre

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

A 20 ans, c’est l’un des nouveaux visages de l’équipe de France. Etudiante à Sciences Po, la talonneuse du Stade Rennais Élisa Riffonneau  s’est expatriée un an en Angleterre dans les rangs des Ealing Trailfinders. Entretien pour Rugby Magazine et Le Quotidien Du Sport.

Vous allez recevoir trois fois lors du Tournoi des 6 Nations. Une occasion de mettre fin enfin à la domination anglaise (depuis 2019).

Les supporteurs français sont toujours au rendez-vous donc on a à cœur de déjà bien entamer le Tournoi (contre l’Irlande, Ndlr) pour s’offrir, on l’espère, une finale à Bordeaux contre les Anglaises. C’est notre bête noire et on a envie de marquer les esprits lors du Tournoi avec ensuite l’objectif à plus long terme qui est la Coupe du Monde en 2025 chez elles.

Vous êtes la seule Bleue à évoluer hors de France. Comment vous êtes-vous retrouvée en Angleterre ?

J’étudie à Sciences Po et, pour la 3ème année, on doit faire obligatoirement une année à l’étranger. Je ne voulais pas faire une croix sur le rugby. J’ai regardé les universités partenaires. Il y en avait trois en Angleterre. Je voulais rester à proximité de la France au cas où j’étais appelée avec le 15 de France. J’ai trouvé un club en Angleterre, Ealing Trailfinders qui est à Londres et je suis des cours à l’université de Brunel dans le nord-ouest de Londres.

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« Marquer les esprits contre les Anglaises avant la Coupe du monde »

C’est un nouveau club ?

En Angleterre, ce n’est pas comme en France. Ici, tu payes ton entrée dans la Ligue car c’est une ligue fermée. C’est donc une nouvelle équipe même si on est appuyé à notre club masculin qui est performant depuis plusieurs saisons. Ils ont fini champions d’Angleterre l’année dernière en 2ème Division. Les structures étaient donc déjà là. Il y a une dynamique de club. On a joué par exemple après le match des garçons. Contre les Harlequins, pour notre premier match à domicile, il y avait au moins 1000 personnes avec beaucoup d’enfants, des animations à la mi-temps.

Sportivement, que vaut ce championnat anglais ?

Il est réputé pour être un des meilleurs au monde. Il est aussi plus développé dans le sens où on a quand même des collectifs assez importants. Par exemple, on est 45 à l’entraînement. Il y a beaucoup plus de rivalité parce que toutes les filles sont sous contrat. Le club s’investit beaucoup pour payer les études. En Angleterre, c’est à peu près 14 000 Livres pour faire une année. Par exemple, sur un contrat de deux ans, ils vont payer le Master. Moi je paye mon année comme si j’étais en France. Le club me paye mon logement, mon visa et j’ai une bourse d’étude de 4000 euros sur un an.

Élisa Riffonneau a le soutien de son club anglais

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris depuis que vous êtes en Angleterre ?

Les infrastructures et le staff. C’est vraiment très professionnel. Par exemple, nos kinés sont tout le temps avec nous. On peut aller les voir à n’importe quel moment. Il y a beaucoup d’entraîneurs, que ce soit chez les avants ou les trois-quarts, beaucoup de compétences. Je profite de chaque moment. Je veux que ce soit une étape dans ma carrière de joueuse.

Avez-vous le sentiment d’avoir déjà progressé ?

Oui clairement. Je suis là-bas depuis le 18 juillet. J’ai senti que j’avais été bien préparée pour le W15 et je sais que je suis en train de progresser un maximum. Il y a beaucoup de concurrence et ça nous permet d’être forcément meilleur. De toute façon, il faut progresser sinon tu ne joues pas le week-end.

Songez-vous déjà à rester plus d’une saison en Angleterre ?

Je ne suis pas fermée, mais je pense que je ne vais rester qu’un an et qu’ensuite je retournerai en France en vue de la Coupe du Monde 2025. Au Stade Rennais ou ailleurs dans un club qui joue le top 3 plutôt que le milieu et la fin de tableau.

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