dimanche 2 octobre 2022

Maxime Gonalons : « En Liga, le foot comme je l’aime ! »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Formé et révélé en Ligue 1, avec l’Olympique Lyonnais, le temps de devenir international (8 sélections), Maxime Gonalons est depuis 2017 passé par la Serie A (AS Roma) et la Liga (FC Séville) où, à Grenade, il a retrouvé suffisamment de plaisir et d’efficacité pour prolonger de trois saisons dans un championnat taillé pour lui. 

Vous semblez vous épanouir dans ce championnat espagnol !

Oui, cette Liga me correspond bien car on y pratique un foot qui me plait, qui me ressemble, qui se rapproche du foot dans lequel j’ai été formé à Lyon avec un jeu de possession et beaucoup de ballon. 

Ce n’était pas le cas en Italie où vous n’avez pas pu vous imposer à la Roma. 

Chaque championnat a ses spécificités. S’il fallait les comparer, je dirais que la Serie A est basée sur la tactique, c’est la première préoccupation de tous les coachs dans toutes les équipes, et c’était le cas à la Roma. En Espagne, la philosophie est différente même si cela ne nous empêche pas de travailler beaucoup avec la vidéo aussi à Grenade notamment. Mais la mentalité des coachs est vraiment différente car tout ce qu’on fait à l’entraînement est fait avec le ballon. Et ça, quand vous êtes un joueur, vous aimez forcément. 

« L’OL PEUT ÊTRE FIER DE SON PARCOURS EN LIGUE DES CHAMPIONS »

Quel regard portez-vous sur votre passage à la Roma ?

J’ai beaucoup appris tactiquement car tout ce qu’on fait là-bas est très précis, très méticuleux, chaque animation est travaillée, calculée. C’est forcément enrichissant même si ça ne correspond pas à ma culture. 

Face à la Serie A et à la Liga, comment jugez-vous la Ligue 1 ?

Je n’aime pas dire que la Ligue 1 est moins relevée car je ne suis pas sûr que c’est le cas… et les derniers résultats de l’OL et du PSG en Ligue des Champions tendent à le démontrer. La réalité est que le championnat de France est très compliqué, très physique, avec des équipes bien préparées et qui ont du répondant. 

Mais, on a bien compris que vous préférez la Liga !

Oui, je m’y régale ! Mais après avoir été très frustré par de nombreux problèmes physiques qui m’ont empêché de m’imposer dans un premier temps. Heureusement, depuis le début de l’année, j’avais eu ce bonheur dans une équipe et un club qui a vécu une saison extraordinaire. Jamais dans son histoire Grenade n’avait été en position de se qualifier pour une Coupe d’Europe (Grenade disputera un tour de barrage pour accéder aux phases de groupe de la Ligue Europa, Ndlr). 

Grenade a même été leader du championnat en début de saison, après avoir notamment battu le Barça !
Pour un promu, c’était complètement inattendu. On ne s’y attendait pas. On a même été à deux doigts de se qualifier pour la finale de Coupe du Roi (sorti en demi-finale par Bilbao, 1-0, 1-2, Ndlr) ! On était vraiment durs à battre, ce qui est très valorisant dans un championnat aussi relevé. 

Quelles seront vos ambitions cette saison ? 

Confirmer nos bons résultats et démontrer que nous ne sommes pas là par hasard. Le maintien sera la priorité des priorités, mais avec la qualité de ce groupe, je pense qu’on peut raisonnablement rêver de se qualifier cette fois directement pour la Ligue Europa. Ce serait extraordinaire. 

Vous étiez seulement prêté par la Roma, vous êtes désormais sous contrat jusqu’en 2023, comment appréhendez-vous votre futur ? 

J’ai 31 ans et je prends beaucoup plus de recul. Je vais à l’essentiel et, à l’image de cette crise sanitaire, il y a des choses beaucoup plus graves que ce que nous vivons en tant que footballeur. Il faut donc savoir apprécier le moment présent. J’ai contracté le virus, je suis en phase de reprise, j’espère que je pourrai être à 100% à la reprise de la Liga. 

Ne regrettez-vous pas quand même votre départ de Lyon en 2017 ?

Je ne vis pas avec des regrets car les expériences que j’ai vécues depuis m’ont beaucoup enrichi, m’ont fait grandir. J’ai eu la chance de connaître deux cultures différentes. J’aurais voulu que ça se termine autrement à l’OL, mais ça fait partie du foot. Chaque fois que je reviens à Lyon, je repasse par le club sans aucun souci, aucune rancoeur. Je suis tous les matches de l’OL, je suis resté en contact avec pas mal de gens en interne, et si c’était à refaire, je referais pareil. C’était mon destin même si les gens qui me connaissent bien savaient que j’avais envie de faire toute ma carrière dans un seul club. 

« Pourquoi pas revenir à Lyon ? C’est ma deuxième maison »

Pourriez-vous revenir à l’OL dans le cadre d’une éventuelle reconversion ?

Oui, pourquoi pas, évidemment. L’OL, c’est ma deuxième maison. J’y ai tout connu. Je serai supporteur à vie de ce club. 

Comment avez-vous vécu leur épopée jusqu’en demi-finale de la C1 ?

Avec passion ! Ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait. Même si le contexte était particulier, avec ce Final 8 inédit, ils ont éliminé des prétendants au titre, la Juventus et Manchester City, et n’ont pas été si loin que ça de l’exploit face au Bayern. S’ils avaient ouvert le score comme ils en ont eu la possibilité, le match aurait été bien différent. 

Imaginez-vous l’OL capable d’aller chercher le titre au PSG cette saison ? 

Dans cette perspective, l’absence de Coupe d’Europe cette saison est un avantage, car le calendrier sera moins chargé. En même temps, ça risque de pousser certains joueurs à aller voir ailleurs, je pense notamment à Aouar, qui est un élément essentiel de cette équipe. Mais quand vous êtes capable de battre la Juve et City avec la manière, forcément vous l’êtes aussi de rivaliser en Ligue 1. Le potentiel sera là, et les jeunes du club, à l’image de Cornet ou Caqueret, ont déjà démontré qu’ils étaient au niveau des meilleurs. Ils doivent y croire. 

Que pensez-vous justement de l’éclosion de Caqueret, milieu de terrain comme vous ? 

Il était encore avec les équipes de jeunes quand je suis parti mais, eu égard à tous les bons échos que j’ai de lui, sur et en dehors du terrain, je ne suis pas surpris par ses performances. Il n’y a pas de secret dans le foot : quand vous avez du talent et que mentalement vous êtes bien dans votre tête, généralement, ça marche. 

Le foot français ne serait-il pas en train de combler son retard sur le foot espagnol, absent du dernier carré en C1 cette saison. 

Même si le Barça et le Real ont été moins performants en Ligue des Champions, ça reste des équipes énormes. Et n’oubliez pas le FC Séville, vainqueur de la Ligue Europa pour la sixième fois ! J’ai regardé tous les matches de ces phases finales européennes… où tout s’est joué sur des détails et dans des conditions de jeu inédites. Le foot espagnol n’est pas en baisse, loin de là. 

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