vendredi 14 juin 2024

Mickaël Landreau (sur le FC Nantes)  :  « L’intuition de coco, l’analyse de Denoueix »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

1996-2006, la décennie Landreau a offert à Nantes ses dernières heures de gloire, avec un titre de champion et deux coupes de France pour plus de 335 matches (sur 618 matches, le record français en l1) qui font de l’actuel coach de Lorient (après une expérience dans le staff du PFC en National) le plus grand gardien de l’histoire du club.

Parvenez-vous à juger quel fut l’impact du jeu à la nantaise sur le football français dans son ensemble ?

Il est énorme car le club a fourni quantité d’internationaux et de profils de joueurs et de coachs qui ont donné envie à d’autres de transmettre les messages pour perpétuer cet héritage, bien au delà du club. Mon parcours, depuis le centre de formation jusqu’à mon poste d’entraîneur aujourd’hui à Lorient, en est un bon exemple parmi beaucoup d’autres.

Parce qu’il s’agit du même club, peut-on comparer les titres acquis par les différentes générations de Canaris, de l’époque Karembeu à la vôtre par exemple, 1995-2001 ?

Non, aucune comparaison n’est possible car il s’agissait de contextes différents, avec des coachs et des joueurs qui n’avaient pas les mêmes caractéristiques. Je ne vois qu’un seul point commun qui nous unissait : la même réflexion sur le jeu, le même souci de résoudre collectivement des situations. Mais les réponses pour arriver au même résultat, le titre de champion de France en l’occurence, n’étaient pas les mêmes car elles étaient liées aux profils des joueurs.

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez débuté en L1, à Bastia, en octobre 2016, à 17 ans ?

J’étais dans l’insouciance complète, sans aucune idée de ce qui m’attendait, de la carrière qui s’ouvrait à moi. En même temps, j’étais déjà dans la réflexion pour essayer de capter les codes du système de jeu, m’intégrer rapidement dans l’équipe.

Parce que vous étiez gardien de but, un poste très spécifique, avez-vous autant ressenti les effets de ce fameux jeu à la nantaise qui était surtout lié au potentiel offensif et créatif de l’équipe ?

Je me sentais d’autant plus concerné par le collectif que les règles concernant les gardiens de but avaient changé. Elles ont accéléré l’intégration du gardien dans le jeu, l’obligation d’intervenir plus souvent, d’être un vrai relais, pour une relance, une interception. Il est clair qu’entre mon époque et celle de Bertrand-Demanes, l’évolution a été importante.

« Les bons résultats actuels du club suffisent à mon bonheur de supporteur »

Quels furent les meilleurs joueurs avec lesquels vous avez joué à Nantes ?

Je citerai Nestor Fabbri, Jérémy Toulalan, Claude Makelele, Japhet N’Doram et Marama Vahirua.

Si l’entraîneur que vous êtes devenu devait emprunter deux qualités aux deux entraîneurs qui vous ont marqué le plus à Nantes, Suaudeau et Denoueix, quelles seraient-elles ?

(longue réflexion) L’intuition de Coco, sa capacité à inventer sans cesse. La réflexion sur le jeu de Raynald, sa lucidité et sa capacité d’analyse.

Duquel l’entraîneur Landreau est-il le plus proche ?

D’aucun et des deux à la fois car je me suis construit à travers eux et d’autres encore que j’ai pu croiser dans ma carrière. Nantes, parce que ce fut aussi ma formation, est un élément essentiel de mon parcours, mais ce n’est pas le seul.

Quels sont vos meilleurs souvenirs à Nantes ?

Les victoires en Coupe de France (1999 et 2000) sont forcément importantes et représentent des moments forts, mais je mets au dessus de toutes les victoires la sensation collective de parvenir à gagner ensemble, à progresser dans le même élan.

A ce niveau, le titre de 2001 a été très intense parce qu’il arrivait également un an après avoir été à deux doigts de descendre. Parce que parvenir à une telle osmose est peut-être encore plus rare que de gagner des titres. Je n’oublie pas non plus la lutte pour le maintien et la victoire salvatrice face à Metz en 2005 qui nous sauvait. La joie n’est pas moins forte que pour une finale gagnée.

Votre premier challenge d’entraîneur s’effectue à Lorient, un autre club à forte identité de jeu. Est-ce un hasard et peut-on comparer les deux clubs ?

Au delà des identités de jeu qui ne sont pas les mêmes, c’est complètement différent. A Lorient, tout est parti d’un seul coach, Christian Gourcuff, qui fut le seul à incarner cette philosophie de jeu. A Nantes, d’Arribas à Denoueix, il y eut Suaudeau et d’autres dans le centre de formation parmi

« Parvenir en 2001 a une telle osmose est peut-être encore plus rare que de gagner des titres »

les éducateurs pour transmettre cet héritage et le perpétuer dans le temps. C’est aussi ce qui a fait la force de Nantes cette capacité à assurer la continuité.

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