lundi 24 juin 2024

Olivier Sarr (Thunder) : « J’ai montré que j’avais le niveau »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Le 29 décembre, contre Sacramento, Olivier Sarr (4 points, 5 rebonds, 2 contres en 12 minutes), numéro 30 du Thunder, est devenu le 39ème Français de l’histoire de la NBA.

Que ressent-on quand on dispute le premier match de sa carrière en NBA ?

Beaucoup d’émotions, surtout avant le match. C’est un honneur. On a toujours rêvé d’être là, c’est pourquoi on a travaillé et entendre son nom c’est incroyable. J’étais un peu nerveux au début du match, mais une fois dedans c’était juste un match de basket (sic).

Ce premier match est-il arrivé plus vite que prévu alors que vous n’avez pas été drafté cet été ?

Beaucoup de joueurs n’ont pas été draftés et ont des contrats à l’image de Killian Tillie qui vient de signer à Memphis donc ne pas avoir été drafté n’a pas été un problème. Auparavant, j’ai fait mes quatre ans à l’université où j’ai obtenu mon diplôme. Ce n’est pas le cas de tout le monde. C’est un parcours atypique. C’est le mien. Au final, les choses ont même été rapides. La saison a commencé en novembre et j’ai été appelé fin décembre.

Olivier Sarr drafté en NBA

Quels sont vos espoirs pour la suite de la saison ?

C’est la NBA, c’est la meilleure ligue du monde, les places sont chères. Pour moi, c’est une opportunité incroyable d’avoir pu jouer. Beaucoup signent des contrats de 10 jours et ne jouent pas ou sont sur le banc ou entrent en fin de match.

J’ai eu la chance d’avoir été appelé en début de match à Sacramento, d’avoir quelques minutes et de montrer ce dont j’étais capable. C’était une opportunité de montrer que j’avais le niveau, que j’étais un joueur NBA et que je pouvais apporter dès aujourd’hui.

Une première en NBA réussie

Quelle réaction vous a le plus surpris suite à votre premier match NBA ?

J’ai eu des retours de tous mes potes français en NBA, de toute ma communauté basket et même en dehors, surtout avec le Stade Toulousain et le soutien de joueurs comme Antoine Dupont ou Romain Ntamack, des joueurs que je regarde à la télé. Ça fait énormément plaisir. Etre reconnu dans son sport, et à la maison, que les gens se souviennent de moi quand j’étais plus jeune, à Toulouse, à Bordeaux, à Niort, cela fait plaisir.

Okobo (ASVEL), Mokaka (Nanterre) et Toupane (Paris) sont revenus en France. Les places sont chères en NBA. Le plus dur commence…

Tout est compliqué. Etre dans la position où je suis est compliqué. Mais pourquoi pas moi ? Chacun son parcours, chacun son chemin. Je n’essaie pas de m’occuper des autres. Je me concentre sur moi et ma progression. C’est surtout ça la question : est-ce que j’ai le niveau ? En tout cas, ça ne me fait pas peur.

« Etre drafté, c’est un honneur, c’est le rêve de tous les joueurs depuis qu’on est enfants, mais il y a d’autres chemins pour arriver à l’objectif final »

Vous êtes donc convaincu d’avoir le niveau.

Quand on est joueur, il ne faut pas douter. Ce n’est pas un seul match de 12 minutes qui me fait dire que j’ai le niveau NBA. C’est un cheminement. Il faut avoir confiance en soi et ne jamais douter. Je suis content d’avoir pu jouer en NBA, mais rien n’est fini. Ce n’est qu’un contrat de 10 jours. Les places sont chères. Il va falloir se battre pour chercher d’autres contrats, continuer à prouver et à travailler.

Le bon exemple à suivre c’est Killian Tillie qui a finalement décroché un contrat de deux ans.

Bien sûr et il y en a d’autres. On était coéquipiers à l’INSEP donc je suis content pour lui. C’est incroyable. J’étais avec lui cet été à la Summer League et avec Yves (Pons) et voir qu’il n’a pas été drafté, qu’il est resté concentré à travailler malgré qu’il ne jouait pas, pour signer finalement un contrat c’est un exemple.

Justement, n’est-ce pas un regret de ne pas avoir convaincu les Grizzlies cet été, une top team ?

Ce n’est pas le problème de les avoir convaincus ou pas. Derrière, il y a des choses que les gens ne savent pas, avec des places, des contrats, beaucoup de choses qui rentrent en compte.

Le Thunder ne joue pas les premiers rôles. N’est-ce pas grave finalement quand on débute en NBA ?

A l’heure d’aujourd’hui, elle ne joue pas le haut de tableau, mais ça reste une équipe NBA, il n’y a pas de descente en Pro B ou N1. Savoir faire sa place dans n’importe quelle équipe NBA ce n’est pas rien. OKC reste une équipe NBA avec de très bons joueurs, de jeunes joueurs, c’est une équipe en reconstruction. C’est intéressant.

Olivier Sarr collègue de Maledon

Vous êtes trois Français dans l’équipe (Théo Maledon, Jaylen Hoard et vous). Est-ce un plus ?

Ça avait déjà été le cas aux Spurs avec Tony Parker, Nando de Colo et Boris Diaw. C’est toujours sympa de se retrouver avec d’anciens coéquipiers de l’INSEP et de l’équipe de France. Forcément, ça facilite la transition. On se sent beaucoup plus à l’aise. Les Américains chambrent un peu, ils n’aiment pas trop quand ça parle français et qu’ils ne comprennent pas, mais toujours dans une bonne ambiance (sourire).

Avec un peu de recul, le choix de Kentucky était-il vraiment le bon pour votre dernière année universitaire. Cela ne vous a-t-il pas coûté votre place à la draft ?

Cela n’a rien à voir. J’étais à Wake Forest où les gens ne me connaissaient pas et où on ne gagnait pas autant de matches non plus. S’il fallait le refaire, je referai le même choix. J’ai énormément appris avec coach Calipari, j’ai construit une incroyable relation avec lui.

C’est quelqu’un sur qui je peux compter, encore aujourd’hui, je reste en contact avec lui. C’est surtout l’université qui nous apprend à vraiment être professionnels et Kentucky fait en sorte d’amener les joueurs au niveau supérieur. Etre drafté, c’est un honneur, c’est le rêve de tous les joueurs depuis qu’on est enfants, mais il y a d’autres chemins pour arriver à l’objectif final.

Que peut-on vous souhaiter pour 2022 ?

J’espère signer un contrat et rester en bonne santé car beaucoup de joueurs attrapent la Covid aux Etats-Unis.

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