jeudi 23 mai 2024

Sur les traces de Bradley Barcola, « la pile électrique »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Très bon hier soir contre le Barça, pour son retour comme titulaire, après sa blessure, Bradley Barcola (21 ans) confirme au plus haut niveau des aptitudes qu’il avait déjà, enfant, dans son club de l’AS Buers Villeurbanne.

A l’évocation de Bradley Barcola, certains le voient déjà comme le nouveau Thierry Henry. A seulement 21 ans, il faut évidemment rester mesuré. L’ailier francilien est néanmoins pétri de talent. Rembobinons un peu l’histoire. L’été dernier, il quitte son club formateur de Lyon.

Il s’engage pour cinq saisons avec le PSG pour près de 50 millions d’euros. Issu de l’école de football lyonnaise depuis les U8, il a disputé 47 matches avec l’équipe fanion dont 23 de très belle facture avec une deuxième partie de saison précédente très aboutie (7 buts et 10 passes décisives). Dans le club de la capitale, il était attendu. Après quelques semaines d’intégration, il a trouvé la bonne carburation.

Luis Enrique le considère beaucoup et lui accorde un fort crédit. L’entraîneur espagnol appréciant en particulier son côté décisif en attaque sans rechigner à fournir de gros efforts défensifs. Des facultés que Barcola avait déjà enfant. A l’AS Buers Villeurbanne, son premier club de 2008 à 2010, un homme a bien connu ce fils d’une mère française et d’un père togolais. Il s’agit de Mehdi Ghazel.

« Les deux saisons où Bradley se trouve au club, je suis responsable de la catégorie en U7 et U8. Je me souviens d’un enfant plutôt tranquille. Il était toujours souriant et sociable. Il se mélangeait facilement avec les autres ».

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« C’était une vraie pile électrique »

Bradley Barcola est le petit frère de Malcom Barcola, gardien international togolais, passé aussi par l’OL entre 2016 et 2022 : « L’environnement familial était très favorable au football. Bradley a baigné dedans depuis tout petit. C’était un passionné de ballon. Il en avait toujours un dans les pieds. Avec un père et une mère qui le suivaient énormément, et un frère qui jouait déjà dans le club au poste de gardien. Même quand il n’avait pas encore l’âge de prendre une licence, il était toujours présent aux entraînements avec son frère. Et quand il a eu l’âge d’en prendre une, cela n’a pas traîné ».

Et son ancien entraîneur de dénombrer ses nombreux atouts. « Il avait les mêmes qualités que maintenant. Il était en plus assez petit en taille et assez maigre. Néanmoins, il était déjà doté de ses qualités de vitesse avec cette forte capacité à pouvoir éliminer en un-contre-un. Il avait un très gros volume de jeu. C’était un gamin qui courait beaucoup. Il était aussi un très bon dribbleur. A cet âge, les terrains sont très petits. Les espaces sont réduits. Il a étoffé sa palette plus tard. C’était une vraie pile électrique. Il n’arrêtait pas de faire des courses. Quand d’autres enfants se mettaient à marcher, lui était encore en train de courir ».

Et son ancien entraîneur de souligner : « Je suis quand même très surpris par son parcours. Je ne suis pas le seul à le penser. Il a bluffé pas mal de monde. Peu de gens pensaient qu’il pourrait aller aussi haut. A aucun moment, on aurait pu penser qu’il deviendrait un joueur du PSG. On sentait que c’était un bon jeune, mais pas à ce point ».

Barcola garde les pieds sur terre

Devant cette splendide réussite, l’AS Buers Villeurbanne jubile : « Bradley demeure une grande fierté pour notre club. Même à l’échelle régionale on est un tout petit club. Sa réussite vient récompenser le travail de bon nombre d’éducateurs. On en a un sur cent ou même un sur mille des comme lui. On peut vraiment se réjouir d’avoir eu un joueur qui a atteint un tel niveau. C’est une grande fierté pour le club et le quartier. »

« Au-delà, c’est un très gentil garçon. Il a le même comportement maintenant qu’il avait à l’époque, très gentil et réservé. Quand il a le temps, il passe nous voir avec son frère. Il n’a vraiment pas pris la grosse tête. C’est un garçon reconnaissant. Il nous prévient même toujours en nous disant : « Si j’ai l’occasion de faire quelque chose n’hésitez pas… ».

Un temps pressenti pour figurer en équipe de France A en amical contre l’Allemagne et le Chili, Bradley Barcola n’a finalement pas été retenu. Didier Deschamps, qui lui a préféré Moussa Diaby, a justifié son absence en ces termes, tout en louant ses qualités en conférence de presse : « Il fait partie des joueurs que l’on suit bien évidemment, avec des enchaînements de matches où il a fait voir de belles choses. Il a besoin de confirmer et de s’affirmer aussi dans le contenu. C’est un joueur à fort potentiel ». Au rythme où Barcola va et court, l’heure de son arrivée au plus haut niveau international ne devrait plus tarder.

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