jeudi 13 juin 2024

15 ans après, Lille veut croire à l’exploit

Chelsea - Lille (21h)

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

C’est encore face à un club anglais que le LOSC va se mesurer pour tenter de prendre le quart de la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire. Après avoir échoué face à Manchester United en 2007, les Lillois défient Chelsea, le champion d’Europe en titre, avec gourmandise et ambition. En quête d’exploit.

De Cristiano Ronaldo, Giggs, Rooney ou Scholes, qui boostaient le Manchester United d’Alex Ferguson en 2007, à Ngolo Kanté, Jorginho, Romelu Lukaku ou Thiago Silva qui se présentent à l’horizon 2022 avec le Chelsea FC de Thomas Tuchel, les Dogues auront mis quatorze ans pour revenir dans la cour des (très) grands.

Entre temps, le club a changé de propriétaire à deux reprises, mais a toujours conservé une place de premier choix dans le championnat, avec un troisième titre de champion en 2011 estampillé Rudi Garcia, et un quatrième la saison passée, devant le PSG, dans le sillage de Christophe Galtier, parti à Nice depuis…

Gourvennec et le LOSC, deuxième fois en huitième de finale

Le 22 février prochain, quand il s’assiéra sur le banc de Stamford Bridge, Jocelyn Gourvennec vivra son premier match de coach à élimination directe de Ligue des Champions. Au retour, le 16 mars, privilège des premiers de poule, c’est le stade Pierre Mauroy qui en fera de même car le précédent 8ème de finale avait eu lieu à Bollaert en 2007.

Cette fois, c’est bien « at home » que tout se jouera, en espérant que d’ici là, la pelouse soit digne de l’événement (elle a été changée en fin d’année) car jusqu’à présent elle était une des composantes qui compliquait la tâche des Dogues pour faire le jeu à domicile (0-0 face à Wolfsburg et Séville, 1-0 face à Salzbourg), qui leur imposait de faire des coups à l’extérieur (2-1 à Séville, 3-1 à Wolfsbourg et 1-2 à Salzbourg).

En retrouvant un coach, Tuchel, qui avait été licencié du PSG il y a un an après un nul (0-0)… à Lille qui annonçait sa chute et la perte du titre, les coéquipiers de l’expérimenté Fonte savent que face à un technicien allemand revanchard, et qui avait aussi subi, un an plus tôt dans le Nord, sa plus lourde défaite d’entraîneur parisien (1-5), l’effet de surprise ne pourra pas jouer.

A domicile, comme à l’extérieur, ce sont deux exploits qui seront nécessaires pour prendre le quart pour la première fois de l’histoire du club. « On est capable de faire quelque chose de grand, s’enthousiasme Benjamin André, un des cadres de l’équipe. Après le titre de champion de France, ce serait énorme ! »

Matthieu Chalmé : « Le défi est immense, mais réalisable. »

Il y a 14 ans, il était parmi les Lillois tombés avec les honneurs face aux Red Devils. « Nous avions sorti le Milan AC en poule en étant le premier club français à gagner là-bas, se souvient Matthieu Chalmé. Manchester avait une grosse équipe, mais nous l’avions inquiétée et étions sortis très frustrés de cette double confrontation. L’expérience avait parlé. Aujourd’hui, le rapport de force est un peu le même face à une équipe qui a aussi de grands joueurs et qui marche très bien en Premier League. Sauf que le LOSC me parait mieux armé que nous l’étions, avec une défense de fer, et des attaquants capables de faire la différence à tout moment. Le défi est immense, mais réalisable. »

Pour l’ancien défenseur resté cinq ans dans le Nord (2002-2007) « Le LOSC aura des opportunités, comme nous en avions eues, et devra les saisir pour se qualifier, ce que nous n’avions pas été capables de faire. Etre efficace dans les deux zones de vérité… c’est là que nous avions pêché ! Il faut qu’ils soient confiants pour pouvoir élever leur niveau de jeu et être en position de marquer sur leurs temps forts. »

A la différence de 2007, où le retour avait eu lieu à Old Trafford, l’issue de ce 8ème de finale de 2022 se déroulera cette fois (vraiment) à domicile, ni à Bollaert, ni au Stade de France.

Le LOSC n’a rien à perdre contre le tenant du titre

« Et ça peut changer la donne, poursuit Chalmé, parce que je sais que le public répondra présent avec une grosse ambiance en perspective. Quand tout se joue sur des détails, c’est un facteur qui peut s’avérer décisif si l’équipe a réussi à préserver ses intérêts à l’aller. Il y a assez de joueurs d’expérience, ou qui ont vécu de grands matches internationaux, Fonte, Sanchez, André, Yilmaz, Ikoné, Bamba, Xeka, Botman… pour être en capacité de gérer à l’aller et de jouer la gagne au retour. »

Ce n’est pas autrement que Jocelyn Gourvennec analysait le défi : « La marche est cette fois très haute et il va nous falloir bousculer la hiérarchie pour nous qualifier. Il y a quatre périodes à jouer avec l’idée de préserver nos chances à l’issue du match aller pour jouer très gros au retour avec 50 000 personnes qui poussent ! »

Le LOSC a préparé ce double rendez-vous de prestige sans aucune pression, avec le sentiment du devoir (déjà) presque accompli, et une manne de 65 M€ de primes UEFA déjà actée qui pourrait lui permettre de conserver un effectif compétitif.

Du haut de ses 37 ans, le boss du LOSC, José Fonte définissait l’état d’esprit de son équipe :

« Notre ADN, c’est de ne pas prendre de buts. Si on est compacts, on est très durs à battre. Si on le respecte, on peut être plus forts en 2022 qu’en 2021. » Sur la scène européenne notamment, c’est déjà prouvé.

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