mercredi 5 octobre 2022

Rennes est surcoté, mérite-t-il mieux que la 9ème place de Ligue 1 ?

Rennes - FC Séville (21h)

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Et si on en demandait beaucoup trop au Stade Rennais ? Trois mois et demi après le début de saison, le club breton a montré ses limites. Celles d’une équipe surcotée qui est retombé sur terre.

Un mercato réussi, une équipe qui joue bien au ballon, un entraîneur jeune et talentueux… quand en plus de ça l’équipe commence par un nul et trois victoires, dont la dernière à Saint-Etienne, lui même auteur d’un gros début de saison, la France du foot s’enflamme. 

En dehors de très rares médias, parmi lesquels le journal Le Foot et le site Le Quotidien du Foot (ancêtre du Quotidien du Sport) personne n’a osé mettre en doute les commentaires bienveillants des observateurs. 

Trois mois et demi après le coup d’envoi de la saison, l’évidence apparaît pourtant au grand jour : l’équipe a été surcotée. Explications.

Les recrues 2020 ne sont pas au niveau

Titulaires dans des clubs de seconde zone (Amiens pour Guirassy, Dijon pour Aguerd et Gomis), remplaçants dans des gros clubs (Lyon pour Terrier, la Juventus pour Rugani), ou encore simple jeune (et prometteur) espoir (le Belge Doku, ex Anderlecht), sans parler de Dalbert, écarté par l’entraîneur, les recrues n’ont apporté strictement aucune plus value à l’équipe de Julien Stephan. 

Transferts 2019 : un héritage bien pauvre

Si on remonte un an en arrière, le constat est tout aussi terrible. Tait et Martin n’ont pas été en mesure de tirer le niveau de l’équipe vers le haut, alors que Raphinha et Edouard Mendy sont déjà repartis, tout comme Morel, qui lui était en fin de parcours. 

En fait, le principal exploit des Rennais cet été a été de conserver Eduardo Camavinga (même si la crise sanitaire aurait de toutes façons été un frein à son départ). On peut aussi se féliciter du transfert définitif de Steven N’Zonzi, qui s’imposait contractuellement en cas de qualification pour la Ligue des Champions. C’est peu, beaucoup trop peu quand on sait que Rennes a dépensé 71 millions d’euros dans les transferts cet été.

Pour résumer : Rennes a perdu deux de ses meilleurs joueurs (Raphinha et Mendy) et recruté aucun homme fort, dans l’attente de voir Jérémy Doku exploser au plus haut niveau. 

Des joueurs trop justes

En pendant ce temps, Damien Da Silva, qui n’a jamais été un grand joueur européen, enchaine les titularisations en défense centrale sans jamais être remis en question. Clément Grenier a disparu du onze, et même très souvent des 16 joueurs utilisés par match, tout comme Mbaye Niang, auteur de 23 buts en 69 matchs au cours des deux dernières saisons, qui revient tout juste dans dans la rotation depuis la blessure de Guirassy. 

Bourigeaud est un bon joueur de Ligue 1 mais semble avoir atteint son plafond de verre. Tout comme Lea Siliki, Traoré ou Maouassa. Ce dernier ayant d’ailleurs été longtemps blessé. 

Une Ligue des Champions qui doit tout à la Covid

Troisième au soir de la 28ème journée lors de l’arrêt de la Ligue 1 en raison de la crise sanitaire, Rennes n’avait qu’un petit point d’avance sur Lille et rien ne dit que les Bretons seraient restés sur le podium.

Au contraire même, tout laisse plutôt penser (notamment le calendrier des deux équipes qui voyait Rennes aller au Parc alors que Lille avait joué ses deux matchs contre le PSG) que Lille était le mieux placé pour terminer troisième. D’ailleurs, même les Marseillais, deuxièmes avec sept points d’avance (sur Lille) n’étaient pas certains de terminer sur le podium. 

On a vu Julien Stephan trop beau

Gérer Ligue 1 et Europe, Stephan ne sait pas. Déjà la saison dernière à la même époque, le Stade Rennais était dans le dur. Gérer la Ligue 1 et l’Europe ne demande pas juste d’avoir un effectif pléthorique, mais surtout de savoir s’en servir. 

Au soir de la 12èmejournée, les Rennais pointaient à la 12ème place et à l’époque, les conférences de presse de Stephan ressemblaient à celles d’aujourd’hui. 

Peut-on reprocher au board rennais de ne pas avoir su se servir de cette expérience ? 

Pierre Menès le faisait remarquer dimanche soir sur Canal+ : A Rennes, Julien Stephan a les pleins pouvoirs. Le journaliste du Canal Football Club expliquait même n’avoir jamais vu un entraîneur autant influent dans un club. On sait notamment que Stéphan a joué un rôle capital dans la mise à l’écart surprise d’Olivier Létang en fin de saison dernière. Il aurait peut-être fallu plus encadrer, voir « cadrer » le jeune entraîneur en prévision d’une saison que l’on imaginait facilement compliquée à gérer. 

Et maintenant, on fait quoi ?

Selon Ouest France, François-Henri Pinault aurait appelé Julien Stephan pour lui réitérer sa confiance. A l’heure actuelle, le propriétaire du Stade Rennais n’a pas l’intention de se séparer de son entraîneur. Nicolas Holveck a d’ailleurs confirmé ce sentiment. « Le projet du Stade Rennais à long terme, Julien l’incarne mieux que personne » a expliqué le président rennais sur l’antenne de RMC. « Qu’est-ce qu’un nouveau coach va venir faire demain ? Il ne connaît pas le club, les jeunes sur lesquels on va pouvoir s’appuyer parce qu’on va en avoir besoin. Encore une fois, le projet à Rennes, à long terme, il repose sur ce coach qui est issu du cru ».

Mais qu’en sera-til demain si les Rennais s’inclinent à Nice dimanche (13h)  puis face à l’OM au Roazhon Park pour le compte de la 15ème journée ? Rien ne dit que le Rennes d’aujourd’hui soit capable de prendre des points dans ces deux matchs…. 

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