lundi 3 octobre 2022

À Tignes, Alaphilippe aurait sans nul doute gagné le Tour de France en 2019

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Auteur du livre « Orage et désespoirs », Guillaume Di Grazia (Eurosport) revient sur ce 26 juillet 2019 où l’étape du Tour entre le col de l’Iseran et Tignes a été arrêtée. Une première qui avait fait passer le maillot jaune des épaules de Julian Alaphilippe à celles d’Egan Bernal futur vainqueur… Tignes où les coureurs sont de retour ce 4 juillet…

Comment se prépare la suite de la saison du côté d’Eurosport ?

Ça va être très vélo avec les trois grands Tours notamment. Mais j’ai la chance de faire beaucoup de sports à Eurosport. Avec les JO, ce sera un vrai plaisir.

La période délicate que l’on vit et notamment avec les différents confinements a-t-elle donné un sens différent à votre rôle de commentateur ?

On sent que les gens ont besoin de ce lien en ce moment. On ne peut plus se réunir dans des stades, des salles ou sur les bords de routes… Il y un côté social autour du vélo et des autres sports. Cette période m’a marqué par la solidarité des gens du vélo. Il suffit de voir que le calendrier n’a pas forcément été modifié.

J’ai trouvé le milieu du cyclisme très solidaire. A tous les niveaux et notamment dans le monde amateur avec toutes ces épreuves importantes, surtout auprès des jeunes, c’était touchant.

Appréciez-vous d’être le témoin d’une époque ?

Je me sens privilégié. Ça me renvoie à des souvenirs de môme. Commenter le Tour de France n’était pas un but en soi mais, c’est incroyable de faire partie de cette chaîne et d’en être un maillon. Mais je le prends avec humilité. Le Tour a existé avant moi et il existera après. C’est super plaisant de faire partie d’une époque, mais surtout d’être l’héritier d’une grande lignée que je regarde avec admiration et respect. C’est le sport qui fait l’audience, pas le commentateur.

Tignes à nouveau sur le parcours

Pourtant, à la télé, on regarde le sport aussi avec ses oreilles…

(Il coupe) Surtout en vélo. Pendant une étape, on peut vite perdre le fil de la course avec une échappée. Il y a un rapport qui s’instaure entre le commentateur et le spectateur. Sur Eurosport, on a la chance d’être plusieurs à mettre notre passion sur la table, comme on le ferait en famille, le dimanche, lors d’un repas. Je suis fier et heureux d’avoir une petite bande autour de moi. J’aime jouer avec eux. Et heureusement que l’on se connaît bien car, ces derniers temps, on a dû commenter sans se voir. C’était spécial.

Avez-vous toujours la même envie ?

Bizarrement, plus ça passe, plus je me rends compte d’être privilégié et plus je me dis que c’est fabuleux. Au début, on compte les courses. Je me souviens de ma première, c’était la Clasica San Sebastian que Laurent Jalabert gagne en 2001. J’étais avec Jean-François Bernard. Je trouvais cela extraordinaire. Maintenant, je trouve ça fabuleux de penser aux JO à Paris en 2024. Je me sentais comme un gosse à l’idée de recommenter le Giro après 10 ans. Le sport est ma passion. C’est un briseur de barrières à tous les niveaux.

Quel est le moment le plus fort que vous ayez commenté ?

Le prochain (sourire). J’adorerais commenter un Français qui gagne le Tour. C’est un rêve. Mais ça risque d’être compliqué. J’ai cru que j’allais le commenter en 2019…

« J’adorerais commenter un français qui gagne le tour »

Et, au contraire, le moment que vous regrettez d’avoir commenté ?
La mort de Wouter Weylandt sur le Giro, en 2011. On comprend rapidement avec Jacky Durand qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Il reste 4-5 km, on commente la fin et on comprend que c’est grave. On apprendra après l’antenne qu’il est mort… Le lendemain, c’était dur à gérer avec les hommages qu’on lui rendait.

Quel moment rêvez-vous de commenter ?

Une victoire de Tony Gallopin sur le Giro. Ça me ferait énormément plaisir. Cela lui permettrait de remporter une étape sur les trois grands Tours. Il le mérite et je serais vraiment content pour lui. J’ai beaucoup d’affection pour Tony, mais je ne serais pas contre voir Romain Bardet remporter le Giro !

Vous avez sorti un livre, l’an passé, « Tour 2019 : Orage et désespoirs, Pourquoi Julian Alaphilippe pouvait gagner le Tour de France ? » aux éditions Mareuil. D’où est née cette idée ?

On m’avait déjà proposé d’écrire un livre, mais je n’avais pas d’histoire. Puis arrive cette journée du 26 juillet 2019. Une journée folle à commenter à l’antenne. On n’a plus d’infos, plus d’images. La course s’arrête. Le classement général se joue. Dans la voiture, Jacky (Durand) me dit qu’il aimerait être une petite souris pour savoir ce qu’il s’est passé en haut de l’Iseran. Et je me dis que ça mériterait un livre. L’idée était de raconter cette journée. Une histoire extraordinaire à tous les niveaux. Pour l’organisation, les coureurs, les médias. Une somme de petites histoires qui ont permis de recueillir de beaux témoignages.

Que s’est-il passé le 26 juillet 2019 sur le Tour de France ? Une décision de l’organisateur d’annuler l’étape bouleverse la course…Dans ce livre Guillaume Di Grazia, journaliste à Europsport, mène l’enquête…

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