mardi 18 juin 2024

Alain Felzen, président du Istres Provence Handball : « On va s’en sortir ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Chef d’entreprise dans le BTP, Alain Felzen le président du Istres Provence Handball depuis 2017, veut rester optimiste dans l’opération maintien. Mais il confie aussi qu’il y a encore beaucoup à faire pour faire progresser le club qui vit dans l’ombre d’Aix. Entretien pour Le Quotidien du Sport et Handball magazine.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai une activité dans le bâtiment. Je fais de l’assistance à maître d’oeuvre et à maître d’ouvrage. Il y a beaucoup d’opérations en cours. Cela m’occupe énormément.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir président d’Istres ?

Je ne viens pas du sérail du handball. J’y ai joué dans la cour d’école, comme beaucoup de gamins. Mais il y a quatre ans le club avait des difficultés financières. Je me suis proposé pour le remettre d’aplomb. J’ai demandé à l’ancien président (René Caruso, Ndlr) de laisser sa place. Avec l’aide de Louis Morales, le vice-président, un autre grand personnage du club, on a repris les choses en main. En un an, on a redressé pas mal de choses.

Un Président dans l’attente du maintien

Etes-vous confiant pour le maintien ?

(sourire) Je ne vais pas vous répondre le contraire. Cependant, notre première partie de saison n’a pas été à la hauteur de nos espérances. Avec tout le staff, on avait pensé qu’on disposait d’une équipe capable de se situer vers la 10ème place. Malheureusement, on a dû faire face à pas mal de blessures. Cela a compliqué les choses. Contrairement à d’autres, on n’a pas les moyens d’aligner deux équipes. On dispose de 16 professionnels. Mais on a disputé des matches sans 4 ou 5 joueurs. On a fait alors jouer des jeunes de qualité. Mais ce n’est pas évident.

Trouvez-vous l’exercice en cours similaire à celui de l’an dernier ?

L’an dernier, cela a été très compliqué pour les raisons qu’on connaît (Istres avait fini 13ème, Ndlr). Mais j’étais un peu plus serein. Le staff veut me rassurer en me disant qu’on va s’en sortir. Je compte les sous (sourire). Donc inutile de préciser qu’une descente en Proligue ne serait pas la panacée ! Mais je suis persuadé qu’on va s’en sortir.

Alain Felzen y croit pour le maintien

Depuis le retour du club dans l’élite, comment trouvez-vous l’évolution de l’équipe ?

Cette année, sur la masse salariale des joueurs, on pensait avoir effectué un effort supplémentaire par rapport aux deux années précédentes. On a aussi un comité de recrutement assez efficace. Cela doit constituer notre force. On n’a pas le droit de se tromper dans ce domaine. Andrea Parisini constitue une des bonnes pioches de notre club. Nous devons être intelligents. On n’a pas les moyens financiers pour s’aligner sur beaucoup d’autres clubs.

Le départ de Vasko Sevaljevic n’avait-il pas marqué un coup très dur pour le club ?

Il n’était pas parti pour des raisons financières. Il avait été contacté pour partir jouer dans un grand club européen (Vardar Skopje, Ndlr). C’était une bonne opportunité pour lui. Il arrivait en fin de contrat. On avait abondé dans son sens. Cela prouvait aussi qu’on était plus sereins l’an dernier que cette saison. Sinon on ne l’aurait pas laissé partir si on avait dû batailler sur tous les fronts.

« On n’a pas les moyens d’aligner deux équipes »

Comment Istres peut espérer sortir de l’ombre d’Aix ?

La meilleure marche à suivre est de continuer à développer le club. On essaie de le faire depuis quatre ans. Notre budget tourne aux alentours de 2,8 M€. On doit encore faire davantage dans le partenariat. On progresse petit à petit dans la mise en place de structures et d’un bon bureau directeur. Quand j’ai repris le club, ce n’était pas trop cela sans vouloir critiquer ce qui a été fait. Aix reste la capitale économique des Bouches-du-Rhône. A côté, il y a Vitrolles. Les grandes sociétés sont basées à Aix.

A Istres, nous sommes de l’autre côté de l’Etang de Berre. Le tissu économique est bien moins performant. On a du travail à fournir pour intéresser du monde. On va essayer de se rapprocher du niveau d’Aix. Mais on aura toutes les peines du monde pour y parvenir. Sans oublier qu’on a subi une perte de remplissage de salle. On a besoin de toutes les ressources possibles.

Une fusion entre Aix et Istres ne serait-elle pas une solution ?

Non et je ne pense pas qu’Aix y voit un intérêt. Ce n’est pas du tout envisagé. Cependant, à la limite, il pourrait y avoir des tentatives de se rapprocher de Martigues et ses 45 000 habitants. Ils ont une équipe en Nationale 1.

Cela aurait peut-être un peu plus de sens. Cela a été un temps vaguement d’actualité. Néanmoins, rien n’a été proposé. Après, dans ce cas, on pourrait aussi rentrer dans un contexte politique sensible… La ville est notre support n°1. Il est hors de question d’aller à l’encontre des envies de notre maire (François Bernardini, Ndlr).

Istres enregistre des départs futurs

Pouvez-vous nous en dire plus sur le recrutement de la saison prochaine ?

On va enregistrer pas mal de départs, au moins cinq ou six. C’est tendu. On s’y attelle (le club a signé l’arrière gauche danois Oliver Eggert (26 ans, Sonderjyske Herrehandbold), le gardien espagnol Xoan Ledo (25 ans, Bidasoa Irun), l’arrière droit espagnol Alejandro Marquez (27 ans, Granollers, Ndlr). Dès qu’on se positionne sur un joueur, il est déjà susceptible de signer ailleurs.

Arnaud Tabarand a d’ailleurs signé deux ans à Cesson Rennes…

On a peut-être un peu tardé sur son dossier. En une semaine, il s’était décidé. A 35 ans, il nous a expliqué qu’il avait un contrat de deux ans. Notre proposition a peut-être un peu tardé. Certains clubs ont pris un peu l’habitude de faire leur marché chez nous.

A nous-aussi d’être un peu plus vigilants. On devrait peutêtre faire un peu mieux dans ce domaine aussi. Certains de nos joueurs sont scrutés. Cette saison, au niveau des transferts, cela a démarré assez tôt. Dès le mois de novembre alors qu’en général c’est en février/mars.

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