dimanche 2 octobre 2022

Alain Giresse : « Tapie ne voulait que les meilleurs »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

En équipe de France d’abord, à l’OM ensuite, Alain Giresse a toujours entretenu une relation, humaine et technique, privilégiée avec Michel Hidalgo.

Seriez-vous venu à l’OM s’il n’y avait pas eu Michel Hidalgo ? 

Je n’ai pas eu à me poser cette question. Vous auriez plutôt dû me demander : l’OM vous aurait-il contacté s’il n’y avait pas eu Michel Hidalgo au club ? Et là, ma réponse est claire : non ! C’est déjà lui qui m’avait découvert à Bordeaux lorsqu’il était adjoint de Stefan Kovacs en équipe de France, lui qui m’avait fait confiance à de multiples reprises, à des moments clés de l’histoire des Bleus… même après 1984, j’avais toujours gardé contact avec lui. Nous avions un bon feeling, la même sensibilité technique. 

Comment l’avez-vous retrouvé à l’OM, trois ans après le titre de 1984 ?

Tapie prenait les meilleurs, et le meilleur entraîneur à ce moment là, c’était lui ! Il a été précieux pour moi dans mon intégration à Marseille, c’était super de l’avoir comme manager et ça représentait énormément de choses.

« Il disait de moi : « Lui, c’est mon joueur… » »

Peut-on dire que vous avez été son chouchou ? 

(Rires) J’avais une grande proximité avec lui, parfois je n’hésitais pas à l’interpeller sur des sujets techniques, des choix de jeu. Il m’écoutait parce qu’il savait que ça allait toujours dans le sens du collectif, que ce n’était pas pour moi une façon de faire du chantage. Mais, sur le moment, je n’avais pas conscience que j’avais avec lui une relation privilégiée. Avec le recul, oui.

Pendant la dernière CAN, il regardait tous les matches de mon équipe (la Tunisie) et m’avait envoyé une vidéo d’encouragement. Il était déjà fatigué et des témoins m’ont rapporté qu’un jour, alors que j’étais à l’écran, il s’était exclamé : « Lui, je le connais, c’est mon joueur ! » J’ai toujours eu un profond respect et énormément d’affection pour l’entraîneur qu’il était. Lorsque nous nous sommes tous retrouvés à Marseille en février dernier, c’est plus qu’un entraîneur qui retrouvait ses joueurs, c’est un père qui retrouvait ses fils ! C’était chouette et beau. 

Quelle image gardez-vous de lui ? 

Une photo, prise au Vélodrome après notre victoire face au Portugal en demi-finale de l’Euro. Je n’ai plus le maillot des Bleus pour l’avoir échangé après le match, on marche tous les deux bras dessus bras dessous sur la pelouse… L’une des plus belles photos de ma carrière. 

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