mardi 27 février 2024

Alexandre Pasteur : “Sur le Tour, je ne vois pas Alaphilippe ailleurs que dans des victoires d’étapes”

Tour de France 2022

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Après deux années de pandémie qui l’ont obligé à commenter depuis Paris le commentateur n°1 sur France Télévision depuis 2017,  prépare son onzième Tour de France, comme une renaissance.

Que représente pour vous ce statut de commentateur principal du Tour sur France Télévision ?

Je l’appréhende comme une mission. Le Tour, j’y pense tous les jours, ça m’obsède. Mais c’est une pression positive car je mesure ma chance et en même temps mes obligations vis à vis d’une audience importante que je dois contenter, apporter de l’excellence dans tous les domaines. Je joints évidemment les autres voix qui m’accompagnent pendant le Tour en intervenant également en direct.

Rêviez-vous de ce poste avant de l’occuper ?

Lorsque j’étais enfant, je sacralisais les voix de Robert Chapatte, Jean Michel Leulliot, Daniel Pautrat, Patrick Chêne car elles nourrissaient mon imaginaire. Mais de là à imaginer que j’allais leur succéder. Jamais. Cela me semblait inaccessible. Tellement que j’ai pris un sacré coup de pression la veille de la première étape du Tour en 2017 lorsque je suis arrivé sur France Télévision. J’ai vraiment pris conscience que je m’installais dans ce fauteuil, j’ai pris la dimension du truc !

« La première semaine est taillée pour Alaphilippe »

Avez-vous une référence en la matière ?

J’ai beaucoup aimé Jean Michel Leulliot, pour le timbre de sa voix, son élocution, la manière avec laquelle il faisait vivre les courses. J’ai regardé dernièrement les trois dernières heures du Mondial de Sallanches en 1980. Son commentaire était extrêmement actuel, une référence encore aujourd’hui pour moi. Sinon, évidemment, comment ne pas mentionner la légitimité de Robert Chapatte, qui est encore à ce jour le seul à avoir couru puis commenté le Tour. Il a tenu tous les rôles avec sa voix assurée et grave qui en imposait et faisait qu’on avait envie de l’écouter.

Comment abordez-vous ce Tour 2022 ?

C’est le Tour de la renaissance pour nous qui sommes restés deux ans à commenter à Paris en raison de la crise sanitaire. On renoue le contact avec le public, le terrain, les coureurs, les confrères, la zone technique… Je viens de passer trois jours pour reconnaitre les trois premières étapes à Copenhague, ce départ s’annonce extraordinaire. Dans un pays très marqué par la culture vélo, les Danois prévoient plus de 600 000 spectateurs par jour. Le clou de ce spectacle sera la traversée d’un pont de 18 km qui verra les coureurs au dessus de la mer avec beaucoup de vent. J’ai hâte d’y être !

Quels sont vos favoris ?

Le parcours de la première semaine sera dense, presque trop à mon sens, avec un secteur de pavés qui ne s’imposait pas parce qu’il peut désintégrer le peloton et causer la perte des favoris. Ce serait dommage, ce n’est pas ce que j’attends du Tour. Pogacar est mon favori, s’il est à son meilleur niveau, je ne vois pas qui pourrait venir l’inquiéter car il est capable de gagner sur tous les terrains. J’espère que les grimpeurs viendront mettre le bazar en montagne et tirer leur épingle du jeu s’ils passent la première semaine sans encombre. Ce sera notamment le cas de nos deux Français, Gaudu et Pinot, qui peuvent jouer le podium à la faveur de circonstances favorables. Par contre, je n’attends pas Alaphilippe ailleurs que dans des victoires d’étapes, dans la première semaine surtout qui semble taillée pour lui.

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