samedi 8 octobre 2022

Alexis Guérin : « Une expérience avec Vorarlberg qui m’a fait mûrir »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Parti l’an passé du côté de l’Autriche, dans le Team Vorarlberg, Alexis Guérin (ex-Delko Marseille Provence) a enfin pris son envol et confirme tout son talent à 29 ans. Vainqueur du général à l’Oberösterreichrundfahrt puis d’étape devant Fabio Aru au Sibiu Cycling Tour, le meilleur grimpeur du dernier Tour d’Alsace ne cache pas son ambition.

Comment jugez-vous votre bon début de saison ?

(Sourire) Il est surprenant. J’ai connu pas mal de galères en début d’année. Je suis content que ça tourne enfin en ma faveur. C’est un travail de plusieurs années qui finit par payer. Dans mes jeunes années, on m’a cantonné à un rôle de rouleur qui n’était pas bon tactiquement. On me voyait comme un bourrin alors que j’étais simplement un jeune qui ne comprenait pas le vélo.

Etant obstiné, j’ai voulu apprendre de mes erreurs pour ne pas les renouveler. Je suis venu à Pau pour progresser en montagne et optimiser mon bon rapport poids-puissance. Le résultat est là. Trois ans après, je gagne une arrivée au sommet sur le Tour de Sibiu.

Guérin : un grimpeur-rouleur né en 2019

Pensez-vous avoir fait le bon choix en partant à l’étranger ?

C’était plutôt une opportunité. Je ne voulais pas renouveler dans l’équipe où j’étais (Delko Marseille Provence, Ndlr). Je préférais arrêter que de continuer dans une équipe où je n’étais pas à l’aise. J’étais cantonné à rouler en Belgique sur des Classiques qui n’étaient pas faites pour moi.

Après, ils se sont rendus compte de leur erreur après ma fin de saison 2019. Sur le CRO Race, en Croatie, je termine 6 et j’ai une révélation. Je dis à mon père que j’ai trouvé le coureur que je suis. Un coureur qui aime les parcours durs et les courses par étapes. Derrière, j’ai énormément travaillé en montagne. Je reste aujourd’hui un grimpeur-rouleur capable de bien faire sur les chronos. Ma victoire à Sibiu, je sors seul et j’ai géré comme un chrono pour gagner.

Avez-vous des regrets de ne connaître cela qu’à 29 ans ?

Le temps n’est jamais perdu. Ce n’est que de l’expérience qui nous fait grandir. Ça m’a fait mûrir. Jusqu’où aujourd’hui, j’étais un insouciant qui se prenait aux sérieux sans être sérieux. Surtout dans mon approche des courses. Mais je n’ai aucun regret. D’autant plus que par le passé, j’avais eu l’occasion de faire de bons résultats. Ça me sert maintenant aujourd’hui.

Alexis Guérin a savouré son expérience en Autriche

Le Team Vorarlberg vous a-t-il aidé dans votre développement ?

Ils m’ont apporté la maturité qui me manquait pour aller au plus haut niveau. Même si mon entourage m’en a apporté également, mon équipe m’a appris à avoir confiance en moi. Je suis plus calme. Je me disperse moins. J’ai pris de l’expérience partout où je suis passé.

Avez-vous le regret de ne pas avoir brillé avec une équipe française ?

Le passé, c’est le passé. Il faut aller de l’avant. Je n’ai pas de reproches à me faire, ni aucun regret. Même moi, manager, je ne me serais pas pris. Aujourd’hui, j’ai gagné en maturité.

Conseilleriez-vous aux jeunes de partir à l’étranger pour grandir ?

Ce n’est pas pareil aujourd’hui. Je leur dirais surtout de ne pas sauter les étapes. J’ai commencé le vélo à 17 ans. Ça ne fait que 12 ans. Les jeunes doivent prendre le temps. La carrière est comme une maison. Si les fondations ne sont pas solides, même en montant les étages, ça finira toujours par tomber. Il faut écouter les coureurs expérimentés et les éducateurs pour prendre le temps pour devenir très fort. Etre fort, ce n’est pas compliqué, mais être très fort, ça l’est.

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