lundi 3 octobre 2022

André-Pierre Gignac, 35 ans et une forme Olympique !

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C’était l’un des premiers choix de Sylvain Ripoll : faire d’André-Pierre Gignac le guide de sa jeune équipe aux Jeux Olympiques. Il faut dire que l’ancien marseillais a le profil.

On avait quitté André-Pierre Gignac le 10 octobre 2016 lors de la victoire de l’Equipe de France à Amsterdam contre les Pays-Bas (1-0 but de Pogba). L’ancien buteur de l’OM avait joué les onze dernières minutes de la rencontre (à la place de Kevin Gameiro), trois mois pratiquement jour pour jour après sa frappe sur le poteau en finale de l’Euro contre le Portugal. Cette fois aussi, il était entré en cours de match. Joker, ça a souvent été son rôle chez les Bleus. Alors qu’il compte 36 sélections en Equipe de France, il n’a été titulaire qu’une fois sur trois. Cela ne l’a pas empêché de marquer sept buts sous le maillot tricolore et de laisser un très bon souvenir. 

Pourtant, il faut dire que le natif de Martigues, emblématique buteur de l’OM pendant cinq ans (77buts en 188 matchs entre 2010 et 2015), n’est pas tombé sur la meilleure période de l’Equipe de France avant de quitter l’Europe pour s’exiler au Mexique en 2015. Il était notamment de la Coupe du Monde en Afrique du Sud, marquée par l’affaire du bus de Knysna, mais aussi deux défaites et un nul lors du premier tour, synonymes d’élimination. 

Dès le départ, il était acquis qu’il serait le leader de l’équipe olympique à Tokyo

Difficile de lui en vouloir quand on connaît son investissement sur un terrain, sa “grinta” et sa motivation quand il met les pieds sur la pelouse. Depuis six ans maintenant, ces qualités qui en ont fait l’idole des supporters marseillais sont mises au service des Tigres de Monterrey, avec lesquels il a remporté la Ligue des Champions de la CONCACAF en 2020 avant d’atteindre la finale de la Coupe du Monde des clubs. Pour le joueur passé par Lorient, Pau et Toulouse avant de jouer à l’OM, le Mexique qu’il a rejoint à l’âge de 29 ans, n’a jamais été une retraite anticipée. 

On comprend pourquoi l’ancien Marseillais a été parmi les premiers choisis par Sylvain Ripoll pour jouer le rôle de grand frère lors du tournoi olympique (avec Teji Savanier et Florian Thauvin, ils seront les trois joueurs de plus de 23 ans dans le groupe France). Dès le départ, il était acquis qu’il serait le leader de l’équipe olympique à Tokyo.

Il a demandé la nationalité mexicaine

Contrairement aux clubs européens qui bloquent leurs joueurs (voir notre coup de gueule page 4), les Tigres ont donné leur feu vert (ainsi qu’à Florian Thauvin), pour faire le voyage à Tokyo. 

Une chance énorme pour le joueur de 35 ans, de vivre un véritable rêve en participant à la plus grande compétition sportive de la planète. 

Un formidable pied de nez au destin, pour celui qui a mis longtemps à se remettre de sa frappe sur le poteau en finale de l’Euro, et qui reçoit là le plus beau des remerciements pour son immense carrière. 

Le paradoxe est grand. Il faut savoir en effet que cette sélection olympique arrive alors que le buteur des Tigres a fait une demande officielle pour acquérir la nationalité mexicaine ! Pas d’inquiétude, l’ancien Marseillais reste avant tout français. « Je ne renie pas la France, je suis très fier d’être français, mais je veux avoir la même nationalité que mes enfants », expliquait fin mars Gignac sur l’antenne de RMC, évoquant ses deux derniers enfants nés au Mexique. 

« Je n’ai jamais annoncé ma retraite internationale »

Un peu plus tard dans l’entretien accordé à nos confrères, ils évoquaient les Bleus. « Moi je n’ai jamais annoncé ma retraite internationale. Je n’ai pas à dire oui ou non. C’est une obligation pour moi ».

Ce maillot bleu frappé du coq, André-Pierre Gignac va donc le revêtir de nouveau, sauf que ce sera celui de l’équipe de France olympique. Douze ans après sa première sélection en Bleu, sous les ordres de Raymond Domenech (le 1er avril 2009 et ce n’était pas une blague) qui était venu le chercher à Toulouse.

Pour viser quoi ? Même si le groupe est jeune et inexpérimenté (surtout en défense), l’équipe que pourra aligner Sylvain Ripoll a de la gueule. Avec Thauvin et Mbuku ou Kolo Muani (les révélation de Reims et Nantes la saison dernière) à ses côtés, soutenus par Tousart et Savanier ou encore le jeune lorientais Le Fée.

Objectif médaille d’or !

Il y a 25 ans pour leur dernière participation, à Atlanta (USA), les Bleus (avec Maurice et Pirès notamment, sous les ordres de Doménech) s’étaient inclinés en quart de finale, face au Portugal après prolongation. Il y a 37 ans, la France d’Henri Michel avait ramené l’or en battant le Brésil en finale. 

Si le buteur des Tigres ne s’est pas encore exprimé officiellement sur ses ambitions, Nathanaël Mbuku, l’attaquant du Stade de Reims l’a fait pour lui. « Il faut remporter la médaille d’or », a déclaré  le Rémois au micro de RMC. « Il faudra se donner à fond pour ramener cette médaille, car ce n’est pas tout le monde qui peut porter le maillot de l’équipe de France et qui peut représenter la France dans ce genre de compétition ». Quelque chose nous dit que c’est exactement l’état d’esprit d’André-Pierre Gignac…

> La liste de l’équipe de France pour les Jeux Olympiques

Gardiens : Paul Bernardoni (Angers), Stefan Bajic (ASSE), Dimitry Bertaud (Montpellier) ;

Défenseurs : Anthony Caci (Strasbourg), Pierre Kalulu (AC Milan), Clément Michelin (Lens), Modibo Sagnan (Real Sociedad), Thimothée Pembélé (PSG), Melvin Bard (OL), Ismaël Doukouré (VA) ; 

Milieux : Alexis Beka Beka (Caen), Jérémy Gélin (Rennes), Enzo Le Fée (Lorient), Téji Savanier (MHSC), Florian Thauvin (Tigres), Lucas Tousart (Hertha Berlin) ;

Attaquants : André-Pierre Gignac (Tigres), Randal Kolo Muani (FC Nantes), Isaac Lihadji (Lille), Nathanaël Mbuku (Reims), Arnaud Nordin (ASSE)

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