lundi 24 juin 2024

Anthony Roux (Groupama-FDJ) : « En 15 ans, j’ai vu des choses changer »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Le champion de France 2018, Anthony Roux est un témoin privilégié de l’évolution de son sport au cours de ces dernières années. Même si, pour lui, il y a encore des axes de développement à travailler. Entretien pour Le Quotidien du Sport et Cyclisme magazine.

Avez-vous pu constater tout au long de votre carrière une évolution dans le vélo que ce soit dans le matériel ou les habits ?

90% des choses ont évolué. Il y a des évolutions commerciales, mais aussi des évolutions qui font des bienfaits au niveau aérodynamique. Par exemple, pour les vêtements, ils sont plus aérés et plus chauds.

Sur le vélo, c’est plus rigide et plus aéro. Même si on ne peut pas nier des changements qui ne servent pas à grand-chose, tous les ans, ça avance. C’est sûr qu’en 15 ans, j’ai vu des choses changer !

Quelle est la plus grande évolution à vos yeux ?

L’arrivée du carbone. Il y a pas mal de composants qui le sont aujourd’hui. Ça nous a permis d’alléger pas mal de choses et de rigidifier beaucoup d’éléments du vélo. On a un sport qui est contraint au poids.

Avoir des choses légères, c’est mieux. Mais on a aussi besoin que ça soit costaud. Aujourd’hui, le carbone est essentiel. Quand j’ai commencé, c’était beaucoup d’aluminium ou d’acier. C’est le gros changement de ces dernières années.

« Le carbone est la grande évolution de ces dernières années »

A l’inverse, quelle est l’évolution la plus inutile ?

Il y a pas mal de composants qui ont évolué sans pour autant connaître une réelle avancée. Les casques par exemple. Un casque, ça reste un casque même s’il y a eu un petit changement. Il y aurait pu avoir une plus grosse marge de travail de fait. En 20 ans, les casques sont quasiment les mêmes. Les selles n’ont aussi pas évolué.

On n’a pas encore des selles sur mesure avec une empreinte pour chaque coureur. Les cintres sont pareil. Tout ce qui est point d’appui, on reste sur des choses simplistes. On pourrait s’approcher plus de la particularité du coureur. On devrait s’intéresser au confort du cycliste. La guidoline est aussi la même. C’est de la petite évolution, pas de révolution. On est plus sur la recherche aérodynamique.

Anthony Roux souhaite un vélo plus agréable

Comment voyez-vous l’avenir et les évolutions à apporter ?

Il faudrait s’intéresser à chaque personne et faire des choses en fonction des coureurs pour leur permettre d’être au mieux sur leur vélo. Du sur mesure pour la selle, la peau de chamois…

Il faut rendre le vélo plus agréable avec la texture de la selle en prévision des chocs que l’on rencontre sur la route, de l’absorption des chocs à travers la selle. Les pédales et les chaussures aussi peuvent évoluer. Les points d’appui de la monture aussi avec le cintre, les poignées… On pourrait rendre des choses plus moulées comme sur les contre-la-montres. On ne sait pas où l’on va mais, par exemple, qui aurait cru que les disques de frein deviendraient la norme ?

Au final, la personnalisation du coureur se fait surtout sur les entraînements…

Il y a une évolution. Avant, on avait un ou pas d’entraîneur dans une équipe. Maintenant, on en a trois ou quatre. Il y a des pôles performances qui se montent dans les équipes pour aller bosser des spécificités. Il y a des données qui permettent de suivre la progression de l’athlète ou son état de forme.

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