samedi 2 mars 2024

Après l’incendie du Sportica, le BCM Gravelines veut échapper à son destin

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le président du BCM Christian Devos revient avec émotion sur le drame qui a touché son club le 25 décembre avec l’incendie et la destruction du Sportica. Le dirigeant explique aussi comment le club, qui se bat pour ne pas descendre, compte se relever après cette catastrophe. Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport. 

Vous avez dû être touché par l’hommage rendu par le monde du basket après la perte du Sportica.
Bien entendu. Le Sportica était une institution. Je tiens à remercier tout particulièrement le Racing Club de Lens. Le club a décidé de créer une animation spéciale lors de la rencontre Lens-PSG (18ème journée de L1, le 14 janvier, Ndlr) avec un maillot spécifique entre les deux entités mis ensuite aux enchères au bénéfice du BCM. 

En quoi le Sportica dépassait-il le cadre du basket et était si cher aux gens de la région ?
Au Sportica, le basket a eu évidemment une place prépondérante. Mais, durant près de quarante ans, il y a eu aussi un grand nombre d’animations : des concerts, des artistes pour ne citer que Johnny Hallyday. On a pu y voir également de grandes manifestations sportives comme du tennis, des championnats du monde de boxe, des championnats de France de body-bulding… Ce complexe a aussi assuré l’accueil des équipes de France de basket masculine et féminine, des championnats d’Europe féminin et bien d’autres manifestations encore… 

Suite à ce terrible incendie, c’est un peu l’enfance de beaucoup de gens qui est partie en fumée.
J’ai été présent à la pose de la première pierre et à l’inauguration (en 1986, Ndlr). J’ai vécu plus de 35 ans dedans. C’est une grande une partie de notre vie. En tant que dirigeant, mais aussi premier entraîneur du BCM (Christian Devos l’a été de 1986 à 1989, Ndlr), j’ai vécu toute l’évolution du club. Quand vous passiez jusqu’à dix heures par jour au Sportica, cela laisse forcément des traces… 

« Le maintien serait extraordinaire et mérité dans ce contexte »

Peut-on mesurer l’ampleur des pertes occasionnées ?
C
’est considérable ! Au risque de me tromper, je ne peux même pas donner de chiffres. Le Sportica était un complexe de sports et de loisirs. C’était entre autres une piscine, une salle de musculation… Rien que pour la salle de musculation, on déplore entre 250 et 300 000 euros de pertes de matériels. Sans parler des bâtiments… 

L’heure est désormais à la reconstruction.
Je tiens à remercier la communauté urbaine de Dunkerque. C’est un partenaire privilégié. Elle met à notre disposition la salle Dewerdt. C’est important pour que le basket continue à vivre sur le littoral entre Gravelines et Dunkerque. Calais s’est aussi proposé pour nous accueillir sur une ou deux rencontres. Beaucoup de clubs se sont proposés. On a eu aussi une pro- position de Berck et Boulogne. L’équipe s’entraîne désormais à Loon Plage. C’est une ville distante à 7 km de Gravelines. Ce club évolue en Nationale 1. Mais ils ne peuvent pas nous accueillir puisque les normes fédérales et de ligue nationale sont trop importantes au niveau du cahier des charges. Il n’y a pas de places non plus pour accueillir les spectateurs. Nos matches à domicile se disputent donc à Dewerdt (2400 places, Ndlr). 

Quid des futurs projets de construction ?
Ecoutez, cela vient de brûler. Les assureurs, les enquêteurs doivent faire leur travail. On ne va pas faire de plans sur la comète. Avec la municipalité de Gravelines et Monsieur Ringot (le maire, Ndlr), on a des réunions constantes. 

Cela ne doit pas être simple pour les joueurs, le staff de penser au maintien dans ces conditions ?
Il n’y a rien de facile. Même pour l’organisation. Vous vous rendez dans une salle qui n’a pas la capacité d’accueillir nos 700-800 VIP. Il faut également aménager la salle Dewerdt avant chaque rencontre tout en sachant qu’il y a l’alternance entre le hand (Dewerdt est la salle de l’USDK, Ndlr) et le basket. L’évolution qu’on aura à s’imposer les uns les autres est considérable d’ici la fin du championnat. 

Dans de telles circonstances, un maintien serait-il un exploit ?
(ému) Ce serait extraordinaire. Je n’ai même pas les mots pour le dire. Ce serait très émouvant et mérité dans ce contexte.

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