Arrivé à Arsenal avec la pression d’un transfert de 73 millions d’euros et le statut de numéro neuf attendu pour porter l’attaque, Viktor Gyökeres a mis du temps à trouver ses marques. Six mois plus tard, le Suédois n’a pas encore atteint son apogée, mais il montre des signes clairs d’évolution et commence à s’imposer comme un élément fiable dans le dispositif des Gunners.
Au départ, l’attaquant semblait parfois hésiter entre le rôle de pivot et celui de finisseur. Ses appels étaient décalés, ses relais imprécis, et il lui arrivait de perdre un peu le fil dans un système exigeant. Depuis décembre, toutefois, son positionnement sur le terrain s’est affinée, ses courses sont mieux synchronisées avec celles de ses partenaires, et son jeu dos au but s’est considérablement amélioré. Ce travail de fond, discret mais tangible, apporte une stabilité bienvenue à une équipe qui fonctionne beaucoup grâce à ses automatismes.
Mikel Arteta souligne justement ce progrès : « Ce qui fait vraiment la différence, c’est la régularité dont il fait preuve à l’entraînement et sa capacité à mieux comprendre ses coéquipiers. » Derrière une apparente froideur, le manager espagnol voit surtout une stabilité émotionnelle précieuse, capable de résister à la pression inhérente à un club en reconstruction après 22 ans sans titre majeur en Premier League.
Une progression portée par la concurrence
Les chiffres suivent cette logique de montée en puissance. Depuis mi-décembre, Gyökeres a inscrit sept buts en treize matchs, dont trois en sortie de banc, prouvant qu’il sait profiter des opportunités même lorsqu’il n’est pas titulaire. Sur l’ensemble de la saison, il totalise déjà 13 buts en 31 matchs, répartis entre Premier League, Ligue des Champions et autres compétitions. Pas encore la machine à scorer espérée, mais clairement plus qu’un simple joueur en phase d’adaptation.
À lireLiverpool : Sir Kenny Dalglish révèle malgré lui être atteint d’un cancerLe retour progressif de Gabriel Jesus et Kai Havertz joue aussi un rôle paradoxal mais bénéfique : moins de pression individuelle, plus de soutien autour de lui, et une concurrence qui l’oblige à rester au maximum de son niveau sans se précipiter. Gyökeres peut désormais se concentrer sur ses points forts : les duels, les appels, la présence dans la surface, et les buts qui viennent naturellement.
Il lui reste un dernier défi : confirmer cette régularité lors des grands rendez-vous du championnat. Si tout se passe bien, Viktor Gyökeres pourrait bien finir la saison avec un total proche de 20 buts, offrant enfin à Arsenal l’attaquant capable de faire la différence sur chaque rencontre.

