Dix mois après son duel irrespirable contre l’Inter Milan en Ligue des champions, le FC Barcelone s’est de nouveau fracassé contre un mur, cette fois face à l’Atlético de Madrid en Coupe du Roi. Deux claques, deux scénarios fous, et une même sensation : celle d’une équipe trop généreuse pour survivre dans un monde de calculateurs.
Face à l’Inter, la jeunesse barcelonaise — Lamine Yamal, Raphinha, Pau Cubarsí — avait payé son excès d’enthousiasme. Les Italiens, froids et méthodiques, avaient puni chaque espace. Cette semaine encore, le scénario s’est répété. Corrigés à l’aller, les Catalans ont répondu avec fougue au retour, dominant outrageusement, attaquant sans relâche, mais échouant à un souffle d’un improbable renversement.
À lireReal Madrid : Ibrahima Konaté tout proche d’un accordSur le banc, Hansi Flick assume ce pari offensif permanent. Son Barça n’est pas obsédé par le contrôle total, contrairement à certaines versions passées. Il joue vite, vertical, parfois imprudemment. Et c’est précisément cette audace qui le rend aussi vulnérable que fascinant.
Une autre manière de marquer l’histoire
Le club catalan s’est bâti sur une tradition d’esthètes : de Johan Cruyff à Pep Guardiola, en passant par Lionel Messi, Xavi ou Andrés Iniesta. La génération actuelle n’a pas encore l’armoire à trophées de ses aînés, mais elle possède déjà quelque chose d’intangible : le panache.
Certes, le palmarès récent n’a rien d’indigent — Liga, coupes nationales, Supercoupes — mais ce sont surtout les défaites épiques qui marquent les esprits. Parce qu’elles racontent une équipe qui refuse de trahir sa nature. Une formation capable d’étouffer n’importe quelle défense européenne… quitte à laisser derrière elle des brèches béantes.
Un jour, peut-être bientôt, tout s’alignera. Les quatre points d’avance sur le Real Madrid en championnat et un tableau européen abordable laissent imaginer un futur radieux. Mais même sans Ligue des champions, cette équipe semble destinée à laisser une trace.
À lireHansi Flick sacré meilleur entraîneur de Liga pour la deuxième saison consécutiveCar l’histoire ne retient pas seulement les vainqueurs. Elle chérit aussi ceux qui osent. Et dans cette catégorie, le Barça version Yamal a déjà gagné sa place.

