jeudi 23 mai 2024

Benoît Cosnefroy : « Je veux prouver que j’ai ma place aux Jeux Olympiques »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Fanny en 2023, une première pour lui depuis 2018, Benoît Cosnefroy brille depuis le début de l’année avec déjà quatre succès dont le Tour des Alpes Maritimes, Paris-Camembert et la Flèche Brabançonne. Entretien pour Cyclisme Magazine et Le Quotidien Du Sport.

Il y a eu beaucoup de changements à l’intersaison dans l’équipe avec l’arrivée de Decathlon.

C’est une nouvelle ère. Ça fait longtemps que je suis dans l’équipe et elle arrive toujours à se renouveler. Chapeau car elle arrive toujours à se réinventer en allant nous chercher un sponsor comme Citroën il y a trois ans qui n’était pas dans le monde du vélo. Là, c’est Decathlon qui nous rejoint, un grand groupe qui s’est engagé sur cinq ans.

Le chemin parcouru par l’équipe est juste incroyable avec toujours AG2R La Mondiale en fil conducteur. Il y a beaucoup de changements qui promettent de belles choses avec également des partenaires techniques qui nous rejoignent, qui sont très performants, qui font beaucoup de recherches.

Quid du Tour de France 2024 ?

Mon cœur de métier, ce sont les classiques, les classiques ardennaises plus particulièrement. C’est là où je prends le plus de plaisir. Sur le Tour de France aussi avec un public incroyable qu’on ne retrouve pas forcément le reste de l’année. C’est un public qui n’est pas forcément connaisseur, mais qui est présent en masse. Le Tour de France, c’est incomparable, mais c’est factuel que, pour l’instant, je n’ai pas eu les résultats que j’espérais.

Ce n’est pas ce que j’espère en prenant le départ des courses, même si j’ai d’autres rôles dans l’équipe en tant que leader pour l’harmonie de l’équipe et pour mener les troupes. Mais mon statut, c’est d’aller chercher le résultat et sur le Tour de France j’ai du mal à le faire.

Avez-vous abordé cette année 2024 revanchard après ne pas avoir gagné en 2023 ce qui ne vous était pas arrivé depuis 2018 ?

Ça ne m’a pas fait plaisir de ne pas gagner l’année dernière car ce que je recherche c’est la victoire. Je ne suis pas un coureur comme un sprinteur qui va gagner des courses à l’année. Je fais aussi beaucoup plus de courses World Tour où ce sont souvent les mêmes équipes qui gagnent. Dans le sport de haut niveau, il y a des saisons plus prolifiques que d’autres. Je me suis bien reposé cet hiver et j’avais bon espoir de faire mieux en 2024.

C’est votre 8ème année dans l’équipe avec qui vous avez prolongé jusqu’en 2025. Avez-vous hésité ?

Quand on est en fin de contrat, on se pose des questions. J’étais ouvert à d’autres structures, à ce qui se faisait ailleurs, mais j’ai été rassuré par le projet notamment technique et les vélos. J’aurais pu changer d’équipe comme Victor (Lafay), mais je n’étais pas dans la même situation.

Je me sens très bien ici, c’est ma famille et ça le sera toujours même si un jour je quitte l’équipe. Je n’avais pas forcément le besoin de m’ouvrir à autre chose, c’était juste de la curiosité personnelle. Au final, je suis resté et j’en suis très content !

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Cosnefroy veut sa place aux JO

Les JO font-ils partie de vos objectifs cette année ?

Les Jeux en France, c’est le plus gros événement sportif cette année. Si je suis au départ, j’en serai le plus heureux. C’est un objectif. C’est à moi de prouver que j’ai ma place aux Jeux Olympiques.

On vous a beaucoup reproché votre halte sur le Tour de France (il avait bu une bière avec son fan-club pendant la 14ème étape au col de Joux Plane, Ndlr). Allez-vous garder votre côté spontané ?

Je ne le referai pas ! C’est moi. J’aime partager. J’étais à un moment où sportivement je n’étais plus dans la course. J’étais à 25 minutes de la tête et il n’y avait pas de problème avec les délais. C’était un arrêt réfléchi. Sportivement, ça ne changeait rien, mais ça ne colle pas forcément avec l’image du cyclisme actuel. Je ne le referai pas car ça peut m’être préjudiciable.

Ça l’a déjà été, mais ça le serait encore plus si je le faisais une deuxième fois. 98% des commentaires étaient hyper bienveillants, dans le sens où ça a remis un peu d’humain dans le cyclisme et un peu de proximité, mais ça ne colle pas forcément avec l’image que je dois avoir, avec mon statut dans l’équipe vis-à-vis des sponsors. J’ai compris le message. Mais si la question est de savoir est-ce que je regrette, non, car c’est vraiment moi et ce sera moi après ma carrière.

On a beaucoup parlé du fan-club de Thibaut Pinot, le vôtre est pas mal aussi !

Thibaut est plus connu que moi donc son fan-club est plus important, mais le mien est quand même assez énervé (sic). Mais toujours respectueux et bienveillant. Toujours dans un bon esprit.

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