jeudi 25 avril 2024

Bradley Barcola (PSG) : comment l’agneau est devenu un loup

PSG - RENNES (17H)

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PSG – RENNES (17H)

Alors que certains doutaient de ses capacités à jouer au très haut niveau, Bradley Barcola est une des très bonnes surprises de la saison. A tel point que Didier Deschamps s’intéresse à lui après ses belles prestations avec le PSG. 

Tout a commencé très tôt, aux Buers, à Villeurbanne, juste à côté de Lyon. Bradley passe de grandes après-midi à tâter le ballon sur le city-stade du quartier, d’année en année, peu importe le temps. Dans une interview pour Téléfoot, le Franco-togolais se remémore d’ailleurs ce petit plaisir. « Ce sont des bons souvenirs. Pour mettre des enroulées, c’était bien », confie-t-il le sourire en coin. Ses prises de balle, ses crochets foudroyants, tout est né sur ce terrain synthétique. « C’est d’ici que ça vient, et maintenant, je continue de les perfectionner aux entraînements ». Mais avant d’être une histoire de frappes brossées, Bradley Barcola, c’est surtout « une histoire familiale. Comme dans des millions d’histoires de footballeurs, c’est le grand frère qui joue, et le petit frère toujours présent à côté, en train de taper le ballon contre un mur », raconte Mehdi Ghazel, son ancien entraîneur à l’AS Buers Villeurbanne.

Et c’est en tapant dans ce ballon que Bradley commence à suivre les traces de son frère aîné Malcolm, et paraphe sa première licence. Cela grâce à un entraîneur en particulier, le regretté Alain Jacovelli. Mais s’il a pu démarrer son aventure, Barcola le doit aussi à sa mentalité d’acharné. Un trait qu’il porte donc depuis ses plus jeunes années, et qu’il garde encore aujourd’hui. L’un de ses amis d’enfance le souligne au micro de Téléfoot. « Certains le voient comme nonchalant, mais ce n’est pas du tout le cas. C’est un gros bosseur ». Il raconte même que Bradley a « toujours fait plus ». Par exemple, “quand il avait le programme de l’OL le matin, il allait quand même s’entraîner le soir”. Depuis petit, le travail est la clé de son succès. Et c’est une qualité qui lui vient, entre autres, de son idole Cristiano Ronaldo. Une détermination qui porte ses fruits, d’autant que « rien ne lui a été donné, il est tout le temps tout parti chercher », affirme son ami. À côté de ça, Bradley Barcola est resté le même. De ses tresses à ses crochets balle au pied, le Villeurbannais n’a jamais changé. Rapide, tonique sur les appuis et bon dribbleur, il s’est toujours appuyé sur les mêmes qualités. Une marque de fabrique qui lui a permis d’éviter les tacles de ses jeunes adversaires, et de faire trembler les filets plus d’une fois.

Jamais vu comme un crack, Barcola perce sur le tard 

L’OL, c’est le club de son enfance, le club grâce auquel il lance définitivement sa carrière, le club où il va apprendre tant de choses. C’est en 2010 que son histoire lyonnaise commence à s’écrire. Deux ans après avoir intégré l’AS Buers en 2008, il rejoint l’OL, marquant ainsi le début d’un long parcours junior. Long, car Bradley Barcola n’a pas eu une trajectoire totalement similaire à certains jeunes du centre de formation rhodanien. Différent d’un Rayan Cherki par exemple, qui est plus jeune d’un an (2003), mais qui passe professionnel en 2019. Le natif de Villeurbanne, lui, doit attendre 2021 avant de signer son premier contrat pro. Compte tenu des dires de son entourage et de ses entraîneurs, ce n’est peut-être pas étonnant. « Il était considéré comme un joueur avec des qualités au-dessus de la moyenne », explique Mehdi Ghazel. Néanmoins, le plus petit des Barcola n’a jamais été vu comme un crack. Bien qu’il finisse meilleur buteur des moins de 19 ans du club (11 buts en 17 matchs) lors de la saison 2019-2020, c’est seulement le 13 septembre 2021 qu’il rejoint la cour des grands. Par contre, il ne lui faut pas longtemps pour se mettre en évidence. Deux mois plus tard (le 4 novembre), il effectue ses premières minutes sous les couleurs du septuple champion de France, en Europa League contre le Sparta Prague. Quelques minutes lui suffisent pour délivrer une passe décisive. S’il ne dispute, au total, “que” 13 rencontres cette saison-là, la suivante est celle de la révélation. En 2022-2023, il s’aiguise sur les ailes de l’attaque, notamment à droite. Bien épaulé par le capitaine Alexandre Lacazette, l’un des éléments clé de son ascension, Barcola ne cesse de progresser et s’offre 7 buts ainsi que 10 passes décisives, en 31 matchs (TTC). Un bel exercice, qui attire l’attention du PSG durant l’été.

« Je suis un winner »

S’il quitte un OL malade, c’est dans un confort tout bonnement différent qu’il débarque au Paris Saint-Germain, dans les dernières heures du mercato estival. Il arrive dans la capitale pour 45 millions d’euros, et peut désormais jouer sous le feu des projecteurs, dans une équipe qui tourne bien mieux. Malgré la concurrence, il parvient à se faire une place importante dans l’effectif parisien. Avec Mbappé et consorts autour de lui, Barcola découvre également le top du football européen, et joue ses premières minutes de Ligue des Champions. Compétition dans laquelle il marque son premier but contre la Real Sociedad, lors du match aller des huitièmes de finale. Et tout ça, le rhodanien se l’est permis grâce à son travail, mais aussi grâce à l’aide de Luis Henrique. « J’ai progressé au PSG. Le coach est derrière nous. Il me donne beaucoup de conseils. Il me pousse notamment à aller davantage en 1 contre 1 ». Dans le club champion de France en titre, ses objectifs sont simples : « Je veux gagner tous les matchs, et aider le club à être le plus haut possible dans toutes les compétitions. Je suis un winner, j’aime tout gagner ». Et même s’il a eu des matchs compliqués avec Paris, avec des critiques (auxquelles il ne prête pas attention), Barcola a de belles perspectives d’avenir, comme l’exprime Gaël Clichy. « Les qualités et le mental sont là, donc je ne vois pas ce qui pourrait l’arrêter ».

Appelé par Didier Deschamps ?

Et s’il n’y avait plus rien pour l’arrêter, pourquoi ne pourrait-il pas rêver de l’Equipe de France au printemps prochain ? Kingsley Coman est d’ores et déjà forfait pour le prochain rassemblement, c’est donc une place au poste du Français d’1m82 qui se libère. S’il continue sa progression et confirme son début de saison encourageant, il aura sans doute son mot à dire. D’autant que l’ancien lyonnais fait déjà partie des Bleus, chez les espoirs. Sélectionné depuis 2023, il compte désormais 12 matchs et 4 buts, avec l’équipe de Thierry Henry. Il est certain que Didier Deschamps garde un oeil sur l’évolution de celui qu’un célèbre chroniqueur de RMC traitait d'”agneau”, après sa rentrée un peu laborieuse face à Newcastle. Il est tout simplement en train de devenir un loup.

Adrien Viricel

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