mardi 4 octobre 2022

Brandao, Anderson, Gustavo, le Brésil rayonne au Vélodrome

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

En matière de joueurs venus du Brésil, et fidèle à son ADN, l’OM n’a jamais fait les choses à moitié. À chaque transfert, les attentes ont toujours été tellement grandes. À la hauteur des nombreuses déceptions, que ceux qui sont parvenus à s’imposer ont marqué le club à jamais.

Aucun autre pays que le Brésil n’a donné autant de joueurs à l’om (26 contre 22 au Sénégal et 20 à l’Argentine). Parmi ces 26, 12 étaient attaquants, 4 milieux de terrain, 8 défenseurs et 2 gardiens de but, dont Vasconcellos, à jamais le premier à avoir débarqué à Marseille en 1936. Jaguare De Besveconne Vasconcellos de son nom complet, le « Jaguar », avait fui Barcelone et la guerre civile espagnole pour offrir le premier titre de champion de France à l’om en 1937. Un vrai numéro ce Vasconcelos !

Plus habile pour divertir le public de l’Huveaune par ses pitreries que pour arrêter les ballons. Son heure de gloire lui ressemble bien, ce 1er mai 1938 lorsqu’il inscrit le penalty de l’égalisation face au grand rival sétois. 83 ans après, il reste le seul gardien buteur de l’histoire olympienne.

Nonobstant les passages éclairs d’Amal Fi, capable de jongler avec un morceau de sucre plus sûrement que d’assurer son repli défensif, et de Pires Constantino, il fallut attendre la déflagration de 1974, avec les signatures de Paulo César et Jairzinho, pour renouer le lien (voir encadré).

Sans s’imposer vraiment sur le terrain, malgré quelques coups d’éclat, les deux champions du monde ont ouvert une voie qu’empruntera ensuite, 15 ans après, celui qui marquera le plus l’histoire du club.

L’axe Mozer/Luiz Gustavo/Anderson

Arrivé de Benfica, où il avait éliminé l’OM en demi-finale de la Ligue des Champions grâce à la main de Vata. Carlos Mozer reste pour beaucoup le meilleur défenseur central jamais passé par Marseille. En trois saisons, il ne lui aura manqué que la Ligue des Champions, perdue aux tirs au but à

Bari, pour présenter un bilan garni de trois titres de champion de France. Rugueux, agressif, excellent relanceur, malin dans son placement et impérial dans les airs. Il n’avait même pas besoin de son compère Boli pour semer la terreur sur tous les terrains d’Europe. Trente ans après, aucun de ceux qui ont essayé de marcher sur ses traces n’ont réussi à le détrôner. Surtout pas ses compatriotes Edson, Ferreira, Lucas Mendes, André Luis ou Doria.

Pour tomber sur un Brésilien brillant de mille feux au Vélodrome, outre la météorite Sonny Anderson, qui arriva au pire moment, en pleine affaire VA-OM, pour laisser des regrets aux supporteurs avec ses 16 buts en 24 matches de L1, il faut faire un bond de 25 ans. Et ne pas oublier l’impact qu’aura eu Luiz Gustavo sur les résultats marseillais pendant deux saisons, notamment en Ligue Europa pour une épopée qui ne se termina qu’en finale.

Gustavo, Anderson, Brandao, les Brésiliens ont rayonné à l’OM

Capable de jouer en défense centrale, l’international aux 41 sélections a souvent porté l’équipe sur ses épaules. Intraitable dans les duels, buteur dans de grandes occasions (10 buts), leader technique et moral d’un groupe qui a toujours pu compter sur son engagement. Dans l’équipe type des Brésiliens de l’OM, il serait le chainon essentiel au coeur du jeu. Un métronome sans états d’âme qui aurait mérité des coéquipiers aussi constants que lui dans les efforts fournis.

Dans ce registre du dévouement à la cause collective, Brandao aura fait fort. Le moins Brésilien de tous les attaquants ayant revêtu la tunique olympienne jouait sur le registre de l’engagement physique, le combat, l’intimidation parfois, l’efficacité.

Peu lui importait la manière, seul le résultat comptait pour l’avant-centre. Brandao, champion de France 2010 et triple vainqueur de la Coupe de la Ligue, en 2012 grâce à une de ses réalisations en prolongations face à Lyon.

Les esthètes n’auront pas forcément apprécié son but décisif face à l’Inter Milan en Ligue des Champions. Mais il assurait une qualification historique pour les quarts de finale.

Les deux fois, il venait à peine d’entrer en jeu. Lui aussi serait un sérieux postulant à une équipe type qui trouverait forcément une place pour Hilton, Ferreira et Mendes en défense, pour Eduardo Costa au milieux et peut-être aussi pour Fernandao en joker des artistes Anderson, Paulo Cesar et Jairzinho. En espérant que Luan Peres et Gerson ne tardent pas à bousculer cette fragile hiérarchie.

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