dimanche 21 avril 2024

Cédric Vasseur : « Martin sera sur un front, Izagirre sur un autre… »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Deux ans après avoir intégré le World Tour, les départs de Laporte et Viviani offrent à Cofidis la possibilité de rebondir avec un nouveau duo fort et de confirmer sa progression. C’est en tout cas ainsi que Cédric Vasseur, le manager, appréhende pour 2022. Entretien Le Sport Vélo et Le Quotidien du Sport.

Martin, un leader de choix pour Vasseur

Au-delà des départs de Viviani et Laporte, quel bilan faites-vous de votre recrutement pour 2022 ?

Nous en sommes très fiers car il va permettre à notre équipe de continuer son développement en World Tour alors que nous n’étions qu’en Continental il y a peu et que nous avons géré ce changement de statut avec des coureurs qui n’avaient aucune expérience du haut niveau. Le recrutement a donc consisté à aller chercher des coureurs habitués au World Tour.

C’est le cas de François Bidard qui, avec son expérience chez AG2R, renforce notre force de frappe. On ne présente plus Bryan Coquard, qui vient chez nous pour retrouver son niveau de 2016, ni David Cimolai. Ion Izagirre fait aujourd’hui partie des meilleurs coureurs du monde avec ses victoires en Pologne et dans le Pays basque.

Avec Guillaume Martin, il sera un autre leader de choix dans un programme où il y a largement la place pour plusieurs leaders dans la même équipe. Martin sera sur un front, Izaguirre sur un autre, les deux se retrouveront sur le Tour France. Avec Wesley Kreder, nous avons misé sur un équipier de luxe avec un grand sens du sacrifice qui a déjà côtoyé Martin chez Wanty.

Il a un profil qu’on recherchait de coureur de deuxième ligne capable de tenir la boutique. Alexis Renard a fini son apprentissage et il est prêt à aller chercher ses premières victoires.

Il a le potentiel pour être une révélation en 2022 après sa 2ème place derrière Cavendish au Tour du Munster et sa 3ème place au Tour de Wallonie, ainsi que sa présence dans la Vuelta.

Benjamin Thomas va nous apporter sa force de frappe en contrela-montre, ce qui était indispensable pour compenser le départ de Laporte. Il est double champion de France en titre de la spécialité et, avant les JO de 2024 à Paris, il a la volonté de se consacrer à la route et le potentiel pour y briller. Il a envie de se donner un nouvel élan.

Enfin, nous accueillons deux néo-pros, déjà intégrés au groupe comme stagiaires, Romain Zingle et Hugo Toumire, que je considère comme deux valeurs sûres des jeunes cyclistes français. Hugo est polyvalent et à l’aise dès qu’il y a du dénivelé, Zingle est un puncheur finisseur à la Alaphilippe, sans complexes.

« Viviani et Martin ont permis à Cofidis de figurer sur le World Tour »

Comment doit-on interpréter les départs de deux de vos leaders, Elia Viviani et Christophe Laporte ? Est-ce une fin de cycle ?

On a acté avec Viviani sa volonté de continuer sa carrière sous d’autres couleurs. Le dossier est donc clos. Pour Christophe Laporte, après huit ans de fidélité, il était légitime qu’il ait envie, lui aussi, de tenter l’aventure ailleurs.

Des Moncoutié qui restent plus de dix ans dans le même team, ça n’existe plus dans un cyclisme de plus en plus piloté par des agents. Mais, leur départ n’est pas une rupture, c’est une continuité.

Les recrutements de Martin et Viviani il y a deux ans répondaient à une nécessité; celle de se mettre au niveau du Word Tour. Même si, depuis l’extérieur, le grand public n’en a pas forcément eu conscience, je peux vous certifier que Viviani nous a beaucoup apporté.

Certes, en termes de résultats bruts, il est le premier à reconnaître qu’il n’a pas fonctionné comme il le souhaitait, mais dans le fonctionnement de l’équipe, dans l’état d’esprit qu’il a sans cesse affiché, jusqu’au Tour du Morbihan dernièrement, il a montré un investissement et un professionnalisme exemplaires.

On a tous beaucoup appris au contact d’un coureur de cette expérience, passé chez Deceuninck et Ineos, des exemples de formations pour nous. Quoi qu’il en soit, les deux sont de grands champions, de grands professionnels, qui ont toujours mouillé le maillot et qui auront toujours la porte ouverte chez Cofidis s’ils veulent revenir un jour.

Cofidis, première équipe française à accueillir des coureurs étrangers

En disant cela, n’est-ce pas aussi pour vous une manière d’assumer un management humain qui va un peu à l’encontre des standards du genre ?

La part de l’humain est importante chez nous, c’est vrai, on le revendique. C’est dans ce sens que le passage de Viviani a été important pour Cofidis parce qu’il nous a permis de changer de dimension. Avec Quintana chez Arkéa Samsic, nous sommes les premiers à avoir misé sur l’international et je vois que depuis d’autres ont pris le relais comme TotalEnergies avec Sagan.

Le cyclisme s’internationalise, le départ de plus en plus de Français dans des équipes étrangères le prouve. L’important n’est pas de savoir dans quelle équipe court un coureur français, mais de pouvoir compter sur lui dans les championnats du monde, qu’il ait cette adhésion à la nation. Quand je vois Alaphilippe gagner les Mondiaux, je ne vois pas le coureur de chez Deceuninck, mais le Français qui gagne !

Avec cet effectif, avec quelles ambitions allez-vous aborder le Tour de France ?

Nous avons des armes pour exister dans le contre-la-montre de 13 km de Copenhague, les pavés du Nord, dans la transition pleine de turbulences avec du vent et des bordures, autant que quand la route va s’élever avec Martin et Izagirre. Notre volonté est de sécuriser très vite l’équipe qui fera le Tour, en espérant que chacun l’abordera à son meilleur niveau, ce qui n’est jamais une certitude. Nous sommes prêts à aller chercher la gagne après être passés près avec Laporte et Herrada ces deux dernières années.

Vous n’avez gagné en 2021 aucune Classique, aucune étape d’un grand Tour… est-ce un échec ?

En terminant à la 14ème place du classement UCI, Cofidis a fait une bonne saison, d’une manière collective. Je reste persuadé que nous aurions pu faire mieux, et d’autant plus motivé à l’idée d’élever notre niveau en 2022. On poursuit notre trajectoire ascendante, une progression qui ne s’est pas interrompue en 2021.

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1 COMMENTAIRE

  1. Quand je lis que Cofidis n’a gagné aucune étape de grand tour en 2021, c’est faux : Victor Lafay a gagné une étape du Giro d’Italie !!!

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