vendredi 24 mai 2024

Ces agents aux dents longues, qui font trembler le monde du cyclisme…

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Dans le sillage de Jorge Mendes (photo, avec Ronaldo) et d’Anthony Joshua, l’arrivée de nouveaux agents aux dents longues ne manque pas d’inquiéter et d’exposer aux excès et à la dérégulation un milieu jusque-là préservé du système des transferts.

C’’est par le Portugal, son pays d’origine, où il a construit sa gloire dans le sillage de Cristiano Ronaldo et José Mourinho, João Félix et Bernardo Silva, que le célèbre agent des footeux (également présent en F1 avec Charles Leclerc), Jorge Mendes, est entré dans le cyclisme.

Depuis un an, il gère en effet les intérêts de ses compatriotes João Almeida et Ruben Guerreiro, a également des accords avec le Danois Mads Pedersen, champion du monde en 2019, ainsi qu’avec le Britannique vainqueur du Giro 2020, Teo Geoghegan Hart.

Plus précisément, c’est par l’intermédiaire de l’écurie Corso Sports, cogérée par l’Américain João Correia et l’Allemand Ken Sommer, le fils de l’ancien boss de T-Mobile, qu’il a mis un pied, via sa société Polaris Sports, dans un milieu jusqu’à présent préservé des spéculations liées aux transferts.

Car la plupart du temps, tous les cyclistes respectent leur engagement et ne manifestent que très rarement des velléités de départ avant la fin de leur contrat.

Mendes veut faire jackpot dans le cyclisme

Au-delà de l’intérêt financier, limité par rapport aux sommes pharaoniques du football qui lui ont fait accumuler une fortune estimée à 85 M€ par le magazine Forbes en 2020, c’est l’ensemble du système du cyclisme international qui semble être dans le viseur de l’agent portugais.

Et c’est la raison pour laquelle son arrivée fait craindre le pire à plusieurs acteurs majeurs, à l’instar du manager de Groupama-FDJ, Marc Madiot :

« Moi, je n’en veux pas. Le foot est au bord du gouffre, et on laisse entrer des gens comme Mendes dans le vélo. Comme il n’y a pas autant d’argent en jeu dans notre sport, je pense qu’il a d’autres idées derrière, pour s’approprier le système général du cyclisme. Ce serait encore plus catastrophique. »

S’il venait à reproduire le schéma économique du football, le vélo irait vers encore plus de concentration, avec les meilleurs dans les meilleures équipes, en tout cas les plus riches, pour une tendance qui ne pourrait que profondément accentuer les déséquilibres déjà en cours.

Avec tous les risques de dérégulation que cela impliquerait si un coureur se permettait d’aller au bras de fer avec son équipe pour partir avant la fin de son contrat et donc être à l’origine de transferts payants.

Barlow quitte Mcquaid pour Joshua

Avec Mendes, une autre star s’intéresse au cyclisme depuis peu, le boxeur Anthony Joshua, via 258 Protégé, filiale de son agence 258 Management, dédiée au cyclisme, à la négociation des contrats, des sponsors et à la représentation des jeunes talents.

Finn Fisher-Black a signé chez UAE Emirates cette année en faisant appel à ce nouvel intermédiaire qui dispose aussi dans son écurie du prometteur Sud-Africain Nicholas Dlamini (Qhubeka NextHash), de Léo Hayter, le frère d’Ethan (Team DSM Development) et d’Oscar Nilsson Julien (British Cycling Academy), mais aussi des féminines Sarah Gigante (Movistar) et Niamh Fisher Black (Team SDWorx).

La nouvelle structure dirigée par l’Irlandais Jamie Barlow, déjà agent de coureurs depuis 2013 pour la société Trinity Sports Management d’Andrew McQuaid (également boss de la Conti de Trinity Racing et fils de l’ancien président de l’UCI), se veut « dans une position unique pour perturber le marché et défier les lacunes actuelles des éléments commerciaux du sport ».

L’avenir dira laquelle des deux structures aura le plus d’impact sur l’évolution du cyclisme. Surtout si cet impact-là ne s’avèrera pas aussi nocif qu’il a pu l’être dans le football…

Tom Boissy

Cyclisme magazine 14

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