jeudi 25 avril 2024

Ces Français qui ont fait la légende de Paris-Roubaix

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A l’approche de la 121ème édition de l’Enfer du Nord, la France attend toujours un successeur à Frédéric Guesdon, dernier vainqueur en 1997. Pourtant, même si la Flandrienne n’est pas une spécialité tricolore, ils sont une dizaine à y avoir écrit l’histoire.

Marc Madiot : VAINQUEUR EN 1985 ET 1991

Il l’a d’abord gagnée en 1979, en amateurs, sans jamais avoir roulé sur un pavé de sa vie. A 20 ans, il ne le savait pas encore, mais il ne faisait qu’écrire le premier chapitre d’une vraie histoire d’amour, celle que le Mayennais n’a jamais cessé d’entretenir avec la reine des classiques.

Le deuxième épisode s’écrit en 1985 quand, à quelques encablures du Vélodrome et alors qu’il a deux minutes d’avance sur son coéquipier, Wojtinek, il voit arriver à sa hauteur Cyrille Guimard, son manager de Renault, pour lui serrer la main, « la reconnaissance de mon père spirituel ». 1979 + 6 = 1985 + 6 = 1991.

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Marc Madiot a remporté Paris-Roubaix comme coureur et manager (avec Guesdon ci-dessus).

C’est cette fois sous les couleurs de RMO qu’il attaque au carrefour de l’Arbre pour se détacher et arriver, une fois de plus, seul dans le Vélodrome. Un triomphe qu’il vivra… six ans après par procuration cette fois avec la casquette de manager pour accompagner son coureur, Frédéric Guesdon, vainqueur en 1997, le dernier français roi des pavés.

Gilbert Duclos-Lassalle : VAINQUEUR EN 1992 ET 1993

Devancé par Moser en 1980, par Kuiper en 1983, par un podium 100% belge (Wampers-De Wolf-Van Hooydonck) en 1989, encore battu par Planckaert en 1990 pour trois secondes, il avait fini par croire que son tour ne viendrait jamais. Jusqu’à cette 90ème édition qui le fit changer de dimension. A 38 ans, 14 ans après sa première participation, au moment où on l’attendait le moins, Duclos arracha en solitaire (devant Ludwig et Capiot) son moment de gloire.

Et de remettre ça un an après, envers et contre tous les pronostics, au sprint face à l’Italien Ballerini, à la photo-finish, pour huit petits millièmes de secondes. Il fallait bien ça pour avoir un pont à son nom, le pont Gibus, non sans s’être une dernière fois aligné, en 1994, à 40 ans, pour une 7ème place qui confirmait qu’entre Duclos et Paris-Roubaix, il s’agissait bien davantage que d’une affaire sportive.

Bernard Hinault : VAINQUEUR EN 1981

« C’était un jour de grâce ! » comme il l’avouera plus tard. Avec le maillot de champion du monde sur les épaules, Bernard Hinault parvint à apprivoiser une course qu’il n’aimait pas et qu’il ne disputera qu’à cinq reprises… pour clouer le bec à tous ceux qui le disaient incapables de la gagner. Après un abandon en 1977, deux galops d’essai en 1978 et 1979, 1980 fut la bonne. « J’avais axé ma préparation sur ça car je voulais gagner et être digne de mon statut de champion du monde ; Ça allait avec. »

Après des aléas de course qui ne lui furent pas favorables (trois chutes et deux crevaisons), se retrouver dans un groupe de tête composé de Kuiper, Moser et De Vlaeminck, sept victoires à eux trois, n’était pas forcément pour le rassurer. En les réglant au sprint sur le Vélodrome, il savourait « une victoire au parfum particulier » qu’il avait vécue comme un simple contrat à respecter. Le Blaireau ne revint qu’une fois dans une course qu’il ne prit jamais de plaisir à disputer sinon le jour où il l’a gagnée !

Frédéric Guesdon : VAINQUEUR EN 1997

En 17 participations, entre 1995 et 2012, un record qu’il partage avec George Hincapie, il a fini dans le top 20 à 11 reprises. Vainqueur en 1997 pour sa première année à la Française des Jeux de Marc Madiot, il s’imposa contre toute attente, au sprint, devant Jo Planckaert et Johan Museeuw, Andreï Tchmil, David Casarotto, Rolf Sorensen, Marc Wauters et Frédéric Moncassin, ses compagnons d’échappée. 27 ans après, la France attend toujours son successeur…

Louison Bobet : VAINQUEUR EN 1956

Après avoir été 4ème, 3ème et 2ème, Bobet se désespérait de remporter le plus imprévisible des Monuments. Un peu comme Bernard Hinault, Louison Bobet se faisait un devoir de le gagner, un peu à l’image du Blaireau, il le fit face aux meilleurs spécialistes du genre, Jean Forestier, le tenant, Alfred Debruyne et Van Steenberger.

Malgré une blessure à la selle, le champion français régla ses cinq compagnons d’échappée au sprint sur le Vélodrome… après 6 heures de course ! L’effort fut tellement intense, c’est avec le sentiment du devoir accompli… qu’il ne se représenta plus jamais au départ de la reine des Classiques.

Jean Forestier : VAINQUEUR EN 1955

C’est en spécialiste des Classiques en tout genre, un an avant de gagner le Tour des Flandres, que le Lyonnais s’est imposé à Roubaix en 1955 devant… Fausto Coppi et Louison Bobet, excusez du peu ! Quatre autres fois dans le top 10, il est en 2024, à 96 ans, le doyen des Pavés, conquis à 25 ans avec le maillot de l’équipe Follis-Dunlop.

André Mahé : VAINQUEUR EN 1949

Roubaix aura été le moment de gloire du Parisien de l’équipe Stella Dunlop au cours d’une édition terminée dans la confusion, un des commissaires orientant les trois échappés, dont Mahé, dans la mauvaise direction à l’approche d’un Vélodrome dans lequel ils entreront, toujours en tête, par une porte dérobée !

Après avoir remporté le sprint, le Français fut d’abord déclassé à la faveur d’une réclamation portée par le frère de Fausto Coppi, Serse, arrivé juste derrière. Ce n’est que cinq jours plus tard que la FFC confirmait la victoire, avant que l’UCI gèle les résultats et qu’un compromis soit trouvé pour désigner deux vainqueurs : Seste Coppi et André Mahé.

Henri Pélissier : VAINQUEUR EN 1919 ET 1921

Avant de remporter le Tour en 1923, au milieu de ses nombreuses victoires en Classiques, le meilleur coureur français de l’entre-deux guerres jouait la gagne à chaque Paris-Roubaix.

La première fois, pour la première édition après la première guerre mondiale, avec l’aide de son frère, Francis, devant Thys et Barthélémy dans un froid glacial. La seconde fois, deux ans après, juste devant son frère, une fois de plus essentiel pour résister au retour du Belge Vermandel.

Sébastien Turgot : 2ÈME EN 2012, 10ÈME EN 2013

En neuf participations, entre 2008 et 2016, le Limougeaud de Bouygues Telecom puis d’AG2R La Mondiale connut autant de galères que de joies sur une épreuve qu’il abandonna à quatre reprises, mais qu’il fut à deux doigts de remporter en 2012, seulement devancé par Tom Boonen, après avoir réglé le groupe de poursuivants, Ballan, Flecha, Terpstra et Boom au sprint. Son heure était passée.

Octave Lapize : VAINQUEUR EN 1909, 1910 ET 1911

Premier coureur à gagner trois Paris-Roubaix d’affilée, il manqua de peu le quadruplé en 1912. Mais c’est surtout son premier succès en 1909 qui changea le cours de sa vie. Avant le départ, son père l’avait en effet mis au défi de finir dans le top 10 ou d’arrêter la compétition pour devenir livreur-charbonnier.

Sa victoire, sa première chez les pros, lui ouvrit les portes d’une carrière courte (il fut tué à la guerre en 1917 à 29 ans), mais riche d’un Tour de France, un an après, de six étapes du Tour, ainsi que de trois titres de champion de France. Et aussi : Jean-Claude Colotti, Laurent Fignon, Alain Bondue, Bruno Wojtinek, Yvon Bertin, Maurice Diot, Louis Thiétard, Georges Speicher, Florian Sénéchal, Adrien Petit, Christophe Laporte…

Tom Boissy

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