samedi 26 novembre 2022

Quels sont les plus grands pays de hand ?

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Le handball est un sport qui ne laisse pas indifférent. Et cela se vérifie notamment à l’étranger. Mais quelles nations vibrent le plus pour la petite balle ronde ?

Si, en France, le handball fait de la résistance face aux autres sports comme le football, le rugby ou le basket, dans le monde, certains pays ont donné la place que ce sport mérite et qui trouve ses origines au début des années 1900 en Allemagne et au Danemark. Joueur de Sonderjyske, Noah Gaudin avait justement pu jauger de l’importance du hand au Danemark à son arrivée.

« Le Danois aime le sport. Le handball en particulier avec le football. C’est le sport national avec une sélection forte et une référence. Ça joue beaucoup au hand. C’est un pays de hand. Ça joue bien. Il y a une bonne formation. Champion du monde et olympique en titre. Ça se ressent dans le championnat. » L’Allemagne est aussi une référence et son championnat, la Bundesliga, reste le numéro 1 au monde. Ancien joueur de Kiel, avec qui il remporte la Ligue des Champions en 2010, et de Gummersbach, Igor Anic avait pu juger de la ferveur allemande.

« L’Allemagne est un pays qui aime le sport, que ce soit le foot, le hand, le basket, le hockey, la boxe… Ils regardent tout. Les Allemands sont plus des spectateurs que des supporteurs même s’il y a des exceptions comme partout. Jouer à la Kölnarena devant 20 000 personnes, c’est incroyable. Tout comme jouer à Rhein-Neckar, Kiel ou Hambourg. On ne le vit pas en France. Même si ça progresse. On est loin des 10 000 places des salles en Allemagne. Les gens nous reconnaissent dans la rue. C’est un public de connaisseurs même si je n’étais pas au niveau de la renommée de Karabatic, Omeyer ou Narcisse. »

Rudy Seri avait également pu constater de la folie du hand en Allemagne alors qu’il évoluait à Sélestat, en Alsace. « J’ai vu des matches en Allemagne. Même dans les petites divisions, il y a du monde. Les gens viennent nombreux. C’est une autre population qui va voir le hand. L’intensité des matches fait qu’il y a des moyens mis pour le hand. Il y a de grands joueurs. Quand j’étais à Sélestat, on allait voir Rhein-Neckar Löwen qui joue à Mannheim et on voyait qu’il y avait une ambiance de fou. Ils ont de grandes salles qui aident à avoir de l’engouement. C’était une belle expérience de voir le handball allemand. »

 « Une ambiance de fou en Allemagne »

De son côté, Micke Brasseleur avait pu découvrir l’Allemagne avec le HSC 2000 Cobourg, il y a quelques années. Aujourd’hui au CSM Constanta, en Roumanie, il peut ainsi comparer la passion qui anime les deux populations.

« J’ai été surpris par la ferveur en Allemagne. Quand j’ai fait mon premier match, je me suis rendu compte de cela. Ce n’étaient pas des spectateurs qui venaient nous voir. Après, je n’ai pas pu en profiter comme je l’aurais voulu. J’étais parti en catastrophe, l’intégration n’avait pas été top. C’est pour cela que je suis reparti cet été en Roumanie. Il y a moins de ferveur même si cela reste un sport important. Mon adaptation est plus simple. Je parle mieux anglais. Le pays veut faire évoluer le handball. Il se donne les moyens de le développer. Le niveau est conséquent. » Tout comme la Pologne et Kielce que Nedim Remili découvre au quotidien.

« Le foot est le sport majeur dans beaucoup de pays. Le volley est aussi suivi en Pologne. Mais le handball, notamment à Kielce, reste un moment important. Même quand on joue en championnat. Il y a une base de fans qui nous supportent, même à plus 10 ou plus 12 buts. Il y a un minimum d’ambiance. Ma famille, notamment mon père et mon frère, a été impressionnée par l’ambiance. Tout le monde était en jaune. On supporte l’équipe au maximum. C’est un sport phare avec beaucoup d’affiches de nous dans la ville. Jusqu’à Varsovie. »

Au-delà d’évoquer la ferveur d’un pays, Rudy Seri explique plutôt que le handball est avant tout une passion qui anime les villes. Après l’avoir constaté, en Espagne, à Irun avec le CS Bidasoa, il y a deux ans, c’est en Macédoine du Nord et au HC Eurofarm Pelister de Bitola qu’il le retrouve aujourd’hui.

Le sud de l’Europe submergé par la popularité du hand

« Il n’y a pas un pays. Ce sont surtout les villes qui vivent passionnément le handball. J’ai eu la chance de faire Irun et Bitola, aujourd’hui. Ce sont des places prépondérantes. Tout le monde est fou de handball. C’est une fierté de représenter cette ville. Dans les Balkans, le handball représente une grande histoire, mais il m’est difficile de parler de la passion d’un pays par rapport à d’autres disciplines. En Espagne, la salle était toujours pleine à Irun. En revanche, à l’extérieur, il y avait moins de monde. Les gens sont plus fans de football. En Macédoine, il y a une ferveur pour le handball. Bitola fait le plein sur les grands matches ou la Coupe d’Europe. En France, il n’y a que Nantes et Montpellier qui remplissent les salles. »

En Slovénie, Igor Anic avait aussi rempli les salles avec Celje. « En Slovènie, c’est plus petit. Mais Celje reste un berceau du handball européen. Il y a de bons joueurs qui sont sortis de l’école de Celje et de Slovénie. Les Balkans aiment le handball. Tous les pays de l’ex-Yougoslavie arrivent à se hisser dans les meilleurs classements mondiaux. Sur les 20 dernières années, ce sont les pays qui produisent les meilleurs joueurs. Il suffit de voir les effectifs des 10 meilleurs clubs au monde. C’est culturel chez eux. Ce sont des pays qui sont faits pour le handball. Les gens connaissent le handball. »

Contrairement aux Japonais qu’Igor Anic croise au quotidien maintenant comme joueur du Daido Steel Phoenix.

« Le Japon est un pays de 120 millions d’habitants. C’est un grand pays avec beaucoup du monde. Le handball n’est pas trop connu. On me demande souvent ce que je fais dans la vie quand on me voit dans la rue. Comme je suis un expatrié grand, costaud, chauve avec des tatouages… Je dis que je suis sportif professionnel et on pense tout de suite basket, rugby ou volley. On pense rarement handball. Il n’y a pas de grandes ferveurs. Il y a de belles salles pourtant. Niveau public, on est plus sur les 1000 ou 2000 spectateurs. Il n’y a que le Tokyo Zeekstar de Luc Abalo qui investisse. Le Japon n’est pas une terre de handball, mais il y a de la qualité. »

Cependant, après plus de 15 ans de carrière, le champion du monde 2015 n’a pas oublié la plus chaude ambiance qu’il a trouvée dans sa carrière.

« Je me souviendrais toujours d’un match de Ligue des Champions, avec Montpellier, face à Veszprem, en 2004. J’avais 17 ans. On était dans l’ancienne salle qui était plus petite. Le prolongement du banc était dans la tribune. Je rentre à l’hôtel et j’avais les oreilles qui sifflaient comme après un concert avec la musique à fond. Les supporteurs hongrois sont de vrais fanatiques de handball et des fous furieux qui peuvent faire basculer un match. On retrouve aussi ce côté provocation dans les Balkans, en Roumanie, Bulgarie ou même Russie. Les Scandinaves sont plus polis et calmes comme les Allemands. »

A la France de maintenant aussi se montrer à la hauteur de la ferveur que peut engendrer le handball dans le monde. Elle a déjà prouvé par le passé qu’elle en était capable.

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