jeudi 20 juin 2024

Chelsea : Mykhaïlo Mudryk le transfert fou qui a secoué la planète foot

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Jamais depuis le transfert de Neymar au Barça en 2013, un club n’avait dépensé autant d’argent pour acheter un joueur évoluant en dehors des sept grands championnats européens. Les 100 M€ (70 plus 30 de bonus) assortis d’un contrat de huit ans et demi que Chelsea a engagés pour Mykhaïlo Mudryk posent questions.

C’est peut-être en pensant fortement au destin d’un autre Ukrainien, Andriy Chevchenko, également passé par Chelsea entre 2006 et 2009, que les Blues ont finalement accepté de répondre aux attentes jugées par beaucoup disproportionnées concernant Mykhaïlo Mudryk.

Sauf qu’en 1999, lorsqu’il quitte le Dynamo Kiev, à 23 ans, le futur Ballon d’Or ne coûte que 25 M€… 75 de moins quand même que son cadet, formé au Shakhtar et qui, lorsqu’il arrive à Stanford Bridge, n’a encore rien prouvé en dehors du championnat ukrainien, d’une première phase de Ligue des Champions où il a inscrit 3 buts (face à Leipzig et au Celtic Glasgow) et de 8 sélections nationales dont deux entrées en jeu en barrages de Coupe du monde face à l’Ecosse et au Pays de Galles en juin.

Chelsea casse la banque pour l’attirer

A moins que le nouveau propriétaire des Blues, successeur du Russe Abrahamovich, l’Américain Todd Boehly, ait souhaité participer à l’effort de guerre ukrainien, que se cache-t-il derrière ce transfert pas vraiment comme les autres puisqu’il est également assorti d’un contrat exceptionnellement long de huit ans et demi ?

Le montant du transfert s’explique d’abord par la surenchère observée depuis les premiers contacts avec Arsenal et Everton, mais aussi le Bayer Leverkusen, pour une première offre de 35 M€ refusée l’été dernier. Il se justifie par la longueur du contrat, qui va permettre un amortissement financier dans un temps plus important, et par le profil d’un joueur qui marche incontestablement sur les traces de son actuel sélectionneur.

« Sa formation a été influencée par la philosophie de jeu néerlandaise »

Formateur à la Fédération ukrainienne et ancien éducateur du Mettalurg Donetsk, Pavel Perepelytsia a suivi la trajectoire du nouveau phénomène du foot ukrainien. Depuis Kiev, entre deux coupures de courant, il compare les trajectoires de ses deux compatriotes :

« Rien ne laissait présager le destin de Chevchenko lorsqu’il était tout jeune garçon d’un petit village de la région de Kiev. Mudryk a les mêmes origines modestes dans la région de Kharkov dans une famille où personne ne jouait au football. Ses parents l’ont d’abord envoyé à l’Académie du Metalist Kharkov où il a été très influencé par la philosophie de jeu néerlandaise qui était utilisée par les éducateurs du centre de formation. Il a continué sa progression à Dniepr puis au Shakthar où il est tombé sur un coach, Roberto De Zerbi, qui lui a permis de s’exprimer au plus haut niveau. »

Mudryk est facile avec le ballon

Champion d’Ukraine en 2020, international à 21 ans, comme Chevchenko, Mudryk partage avec son aîné la même facilité technique, « surtout la même conception d’un football de mouvement où la technique joue un rôle important, mais également le placement et la capacité à éliminer en un contre un. Il est encore jeune et manque d’expérience, mais il a toutes les qualités de l’attaquant moderne et a assez de talent pour devenir très vite la locomotive d’un football ukrainien fortement touché dans sa chair par la guerre. »

Gaucher inspiré et insaisissable, Mudryk s’inscrit dans une lignée de grands attaquants ukrainiens qu’Oleg Blokhine avait initiés du temps de l’URSS dans les années 70, qu’Igor Belanov (Kiev, Mönchengladbach) et Andriy Chevchenko (Kiev, Milan AC, Chelsea) ont perpétué dans les années 80 et 2000 pour trois Ballon d’Or en 1975, 1986 et 2004.

Mudryk sera-t-il le quatrième ? Il en a le profil. En aura-t-il l’étoffe ? En l’achetant 100 M€, les nouveaux boss de Chelsea semblent le croire…

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