vendredi 19 août 2022

Comment le challenge Raymond Poulidor dope le cyclisme amateur

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Le Challenge Raymond Poulidor, qui a débuté en février à Challans et se terminera en septembre à Allichamps, doit permettre au cyclisme amateur de retrouver une nouvelle dynamique et d’effacer les effets dévastateurs de la crise sanitaire. Les 93 étapes ne seront pas de trop pour réinvestir (tout) le territoire.

Enjeu sportif original qui prend en compte les résultats du cyclisme amateur au fil de la saison sur route, valorisation des épreuves adhérentes au ROCC Amateur (le rassemblement des organisateurs des courses cyclistes), le Challenge Raymond Poulidor répond à une attente forte d’un milieu en quête de valorisation.

Au moment où le peloton professionnel connait une réelle embellie dans le sillage d’une nouvelle génération de coureurs spectaculaires et prometteurs, où la Covid s’éloigne doucement du paysage après avoir fragilisé pas mal de clubs et d’organisations, le risque de creuser le fossé entre les deux mondes est bien réel.

Le challenge Raymond Poulidor remet en lumière le cyclisme amateur

A bien des égards, ce Challenge tombe à pic dans le paysage national en se proposant de fédérer toutes les énergies. Il consacrera notamment le meilleur jeune coureur français, le meilleur jeune espoir français (U21) et la meilleure équipe Elite française. Réservé aux coureurs évoluant dans une structure amateur française (N1, N2 ou N3), il regroupe des épreuves UCI, Elites nationales, Fédérales Espoirs, les Manches de la Coupe de France ainsi que les championnats nationaux, européens et mondiaux en amateurs et espoirs.

« Il se veut aussi et surtout, sportivement, un tremplin vers le haut niveau, insiste Alain Baniel, son créateur, également président de la Kreiz-Breizh Elites, une course référence en Bretagne qui fait évidemment partie du programme en juillet. « Nos objectifs sur ces courses sont nombreux, souligne Alain Baniel, permettre aux jeunes de s’aguerrir avant de passer pro, satisfaire un public de plus en plus nombreux, récompenser les bénévoles, créer un vecteur économique et touristique dans une ambiance de fête. »

93 étapes à parcourir

Au 18 avril, après deux mois d’épreuves, c’est l’équipe Vendée U Pays de la Loire qui dominait le classement, avec trois coureurs parmi les cinq premiers, Emilien Jeannière (1er), Thomas Bonnet (2ème) et Antoine Devanne (4ème), Mathis Le Berre (3ème, Côtes d’Armor Cyclisme) et Valentin Retailleau (5ème, Chambéry CF AG2R Citroën U23 Team) complétant ce Top 5. Pour les participants, l’effet Poulidor est réel qui les motive et ne peut qu’augmenter leur assiduité :

« Ce classement sur l’année récompense la régularité, se félicite Fabio Do Rego l’un des coureurs du Paris CO, c’est super car cela nous laisse la possibilité de récupérer des points un peu partout et d’organiser notre saison. »

Il est rejoint par son directeur sportif Théo Bartuccio : « Ce challenge arrive au bon moment pour valoriser notre passion alors qu’il est de plus en plus difficile de trouver des bénévoles, des partenaires financiers, d’être accompagné par les collectivités. Le vélo se perd. Heureusement que des gens y croient encore pour créer ce genre de challenges. » Même son de cloche du côté du Martigues SC : « Je tire mon chapeau aux organisateurs qui ont mis en place ce Challenge », nous dit Hristo Zaykov.

Marc Madiot : « Ça renvoie à ma jeunesse… »

Alors qu’il préparait Paris-Roubaix, son Monument, avec la Groupama-FDJ, Marc Madiot a aussi tenu à nous expliquer pourquoi il avait accepté d’être le parrain du Challenge :

« Chaque fois qu’on me sollicite pour aider le cyclisme amateur, je réponds favorablement. Ces épreuves me renvoient forcément dans ma jeunesse à une époque où il était beaucoup plus facile d’organiser des courses. Aujourd’hui, tout est plus compliqué, administrativement, en termes de responsabilités, de sécurité, etc. Il faut vraiment être très motivé pour se lancer dans ce genre d’organisation. Mon soutien n’en est que plus important et évident. Au-delà de l’aspect sportif qui permettra, je l’espère, de repérer quelques bons jeunes coureurs. »

Omniprésent dans le Nord-Ouest de la France, le Challenge est quasi absent en dessous d’une ligne Bordeaux-Grenoble où une petite poignée d’épreuves (Essor Basque, Cintegabelle, Ronde de l’Isard, Aix en Provence) sont inscrites au calendrier, ouvrant une forte marge de progression à des organisateurs qui ont l’ambition d’investir aussi des régions où la culture du vélo est moins forte, le Sud-Ouest et le Sud-Est notamment.

Au soir de la dernière course de la première édition, le 29 septembre prochain après le Grand Prix du Centre de la France Bruère Allichamps (les 6 épreuves d’octobre compteront pour l’édition 2023), un premier bilan sera effectué qui, il faut l’espérer, validera le renouveau d’un cyclisme amateur français plus indispensable que jamais.

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