dimanche 2 octobre 2022

Comment Michel Platini a marqué l’histoire du Ballon d’Or

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L’ancien meneur de jeu de l’équipe de France et de la Juventus de Turin a été Ballon d’Or trois fois de suite en 1983, 1984 et 1985. Un exploit qui n’avait jamais été réalisé et qui fait de lui un joueur d’exception.

Aucun joueur avant lui n’avait réussi à être Ballon d’Or trois années consécutives, même si Johan Cruyff avait été lauréat trois fois (en 1971, 1973 et 1974).

Alors qu’il évoluait sous le maillot de la Juventus Turin, Michel Platini s’est imposé en 1983, 1984 et 1985. Seul Lionel Messi a fait mieux depuis, en étant récompensé quatre fois d’affilée entre 2009 et 2012.

Lors de sa première distinction en 1983, le meneur de jeu de l’équipe de France, âgé de 28 ans, a déjà remporté la Coupe de France 1978 avec Nancy son club formateur et le championnat de France 1981 avec Saint-Etienne.

Avec les Bleus, il a disputé et perdu la demi-finale devenue légendaire de la Coupe du Monde 1982 face à l’Allemagne à Séville. Pour sa première année avec la Juve entraînée par Giovanni Trappatoni, il est le meilleur buteur de Serie A. Il a gagné la Coupe d’Italie 1983 contre Vérone, mais il a aussi perdu la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (aujourd’hui Ligue des Champions) devant Hambourg. Michel Platini devance Kenny Dalglish, l’international écossais de Liverpool, au classement de ce premier Ballon d’Or.

En 1984, il gagne devant Jean Tigana

L’année suivante, à nouveau Ballon d’Or (devant Jean Tigana !), Platoche est champion d’Italie, meilleur buteur du championnat et remporte la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe devant le FC Porto. Avec l’équipe de France, il remporte le Championnat d’Europe des Nations, dont il est le meilleur buteur, avec neuf réalisation.

En 1985, Michel Platini devient une troisième fois Ballon d’Or, en devançant Larsen l’international danois de Vérone. Cette année là, il remporte avec la Juventus la C1 devant Liverpool (en plein drame du Heysel à Bruxelles) et un nouveau Scudetto, durant lequel il remporte encore une fois le classement des buteurs. Platini prendra se retraite sportive après une dernière saison avec La Vecchia Signora, à l’issue de l’exercice 1986/1987, avant de devenir entraîneur de l’équipe de France, puis dirigeant du football européen et mondial.

« C’était une époque où il y avait de grands joueurs dans les cham-pionnats étrangers, même si certains ne pou- vaient pas concourir pour le Ballon d’Or puisqu’ils n’étaient pas européens (la règle a changé en 2007, Ndlr) et Michel Platini a réussi à émerger au plus haut niveau et à s’y maintenir. Ce qu’il a réussi a été extraordinaire » insiste l’ancien international Thierry Tusseau qui a joué avec Michel Platini chez les Bleus et contre lui en championnat de France (avec Nantes) comme en Coupe d’Europe (avec les Girondins de Bordeaux).

« Un joueur qui voyait tout avant tout le monde »

« Pour moi, c’était un joueur qui voyait tout avant tout le monde pour tirer au but, voir le placement du gardien adverse ou faire une passe décisive vers un partenaire démarqué. C’est pour cela qu’il pouvait se permettre de jouer simple, sans forcément faire des dribbles. Il rendait le jeu plus simple. »

Les coups francs, la technique individuelle, la touche de balle, la vision du jeu et le leadership qu’il savait exercer sur un groupe lui ont permis d’être sans doute le meilleur joueur de ces années 80. « J’ai beaucoup de souvenirs avec lui, mais je me rappelle de l’un d’entre eux qui m’a concerné. C’était au Championnat d’Europe en 1984 à Saint-Etienne contre la Yougoslavie. L’équipe de France est menée à la mi-temps. Dans les vestiaires, il explique qu’il faut revoir la tactique mise en place et rééquilibrer l’équipe. Michel Hidalgo lui demande à quoi il pense et il répond qu’il faut renforcer le milieu de terrain en me faisant rentrer et faire sortir un attaquant. On a gagné 3-2 et, ce jour-là, il a inscrit les trois buts de l’équipe de France. »

Pour Thierry Tusseau, il est difficile de comparer des joueurs de générations différentes. « Mais Michel Platini a évidemment marqué le football de son empreinte comme Raymond Kopa avant lui, Zinédine Zidane après lui et peut- être Kylian Mbappé dans le futur. »

Et d’ajouter : “C’était aussi un bon garçon, un mec bien sous tous les aspects. Finalement, la seule chose qui lui a manqué, comme à nous tous d’ailleurs, c’est un titre de champion du monde, alors que le football français commençait à avoir à nouveau de l’ambition. »

Félix Chiocca

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