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Crise des Droits TV : quelles conséquences sur les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ?

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L’ensemble des clubs de Ligue 1 comme de la Ligue 2 suivent avec une grande attention le dossier des droits TV, à l’heure de préparer leur budget pour la saison prochaine. En repartant de zéro, ce sera bien plus qu’un modèle qui est remis en cause, c’est une nouvelle page de l’histoire de la Ligue 1 qui s’écrit.

Toute la fournaise qui s’est emparée du dossier des droits Tv ne doit pas faire oublier les principes mêmes qui régissent le sport de haut niveau. Le volet financier ne doit jamais se cacher alors que se négocie une part importante de l’avenir de la Ligue 1. Pourtant, si les avancées sont de bonne qualité entre la Ligue et DAZN pour une rupture de contrat entre les deux parties, il n’y a pas de quoi être à la fête alors que s’ouvre une nouvelle période trouble pour les clubs.

Les chiffres sont aussi têtus que les faits. Le contrat initial entre DAZN et la Ligue prévoit 400 millions d’euros de rentrée d’argent pour l’année. Ce contrat fait à la hâte et qui propose une clause de sortie était en pleine contestation judiciaire. Nous ne reviendrons pas sur ce fait mais il faut en rappeler le contexte.

Avec la nouvelle donne qui se profile dont LFP Media a pris la main, c’est tout un écosystème qui se réinvente autour de deux idées :

  1. Lutter contre le piratage et faire revenir les abonnés vers un produit de qualité
  2. Permettre un financement partagé de la Ligue 1 autour de 3 acteurs : L’abonné, DAZN et potentiellement CANAL+. C’est l’objectif de Nicolas de Tavernost.

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Repartir de zéro sans business plan bloque les clubs

Si sur le papier, l’idée est séduisante, elle contient un grand flou sur le système financier de la Ligue 1. En effet, comme l’explique l’ensemble des connaisseurs du dossier, le contrat est préparé de telle sorte que les deux tranches de paiement sont payées en début de saison puis à la moitié. C’était le cas jusqu’à celui d’Amazon de 2021 à 2024. L’opérateur américain n’a pas souhaité surenchérir sur la Ligue 1 et ses 250 millions d’euros annuels.

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À force de tirer les droits TV vers le bas, la Ligue 1 s’est appauvri tout en conservant un mode de vie bien au-dessus de ses revenus. C’est ce qui empêche aujourd’hui le produit de tirer son épingle du jeu. Les anglais comme les Allemands ont réussi à maintenir une stabilité de leurs droits avec un modèle progressif.

En France, c’est bien le contre-pied qui a été mis en place et provoquant de facto un appauvrissement des revenus des clubs jusqu’à aujourd’hui. Et pour 2025-2026, c’est une page blanche qui s’ouvre et où il faut tout écrire. Le bémol, c’est l’incapacité des clubs à se projeter en sollicitant une ligne comptable spécifique aux droits TV. Ainsi, la DNCG ne pourrait valider que des budgets hypothétiques avec une deuxième évaluation à la mi-saison.

Ce qui reste inédit dans le foot français. Et pour la première fois de son histoire, la DNCG pourrait accepter de valider partiellement les budgets des clubs professionnels sous garantie. En l’occurrence, ce serait un pari audacieux quoique dangereux.

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Dans cette perspective, les clubs de l’élite pourrait y inscrire au moins le même montant pour se maintenus en Ligue 1 que sur 2024-2025. En permettant un minimum, les clubs pourraient alors se serrer naturellement la ceinture et se projeter vers un budget plus aérien sur la suite de la saison.

110 millions par saison, la solution à minima de DAZN

DAZN va honorer les dernières créances de son contrat. 140 millions d’euros à honorer avant de se projeter sur la suite de son partenariat avec la LFP. En optant pour une sortie par le haut, la plateforme britannique soutenue par l’Arabie Saoudite réalisé d’ores et déjà plus de 200 millions d’euros d’économie. Puisque il faut ajouter au contrat des droits TV, le coût éditorial pour mettre la Ligue 1 sur le petit écran.

Ce que propose DAZN, c’est la prise en charge éditoriale et des coûts associés avec un revenu partagé en deux. DAZN verse une partie et les abonnés complètent la couverture de la Ligue 1. En associant deux acteurs aux revenus de la Ligue 1, cela renverse le système français jusqu’ici centré sur un seul diffuseur.

Sur cette partie là, DAZN sécurise un minimum pour la LFP et les clubs sans pour autant que cet argent aille directement dans la poche des équipes. C’est en fait sur les abonnés que l’ensemble va compter.

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Pour rappel, la plateforme a recensé pour le moment 700 000 abonnés. Si le tarif est de 15€ sur 10 mois, cela rapporte 140 millions d’euros. Une solution existe encore avec une poussée des revenus sur 11 mois. Entre août et juillet de l’année en cours avec d’autres solutions.

Les différentes options pour augmenter les revenus

Pour amadouer l’abonné fan de foot en France, la distribution par CANA+ reste un objectif exceptionnel pour la LFP. Il en devient désormais une nécessité pour une raison simple : centraliser la diffusion du sport sur la chaîne cryptée. Ainsi, avec un tarif de 15€ pour le pass Ligue 1, c’est 700 000 abonnés DAZN et potentiellement plus de 2 millions qui pourraient s’accrocher au pass Ligue 1. Ainsi, il convient de faire nos petits calculs selon les discussions qui ont eu lieu entre la LFP, Canal+ et DAZN. Sans tenir compte d’un potentiel versement de CANAL+ pour la distribution.

Le premier tableau prend en compte un abonnement à 15€ avec une base à 700 000 abonnés.

MoisPrixAbonnésDroits TV
1015€700 000105 000 000 €
1115€700 000115 500 000 €
1215€700 000126 000 000 €

Dans un second temps, on part sur une base de 1 000 000 abonnés.

MoisPrixAbonnésDroits TV
1015€1 000 000150 000 000 €
1115€1 000 000165 000 000 €
1215€1 000 000180 000 000 €

On part sur une base de 1 500 000 abonnés.

MoisPrixAbonnésDroits TV
1015€1 500 000225 000 000 €
1115€1 500 000247 500 000 €
1215€1 500 000270 000 000 €

Dans un dernier temps, on part sur une base de 2 000 000 abonnés.

MoisPrixAbonnésDroits TV
1015€2 000 000300 000 000 €
1115€2 000 000330 000 000 €
1215€2 000 000360 000 000 €

CANAL+ peut-il participer au financement de la Ligue 1 ?

Dans l’hypothèse où la Ligue 1 reviendrait sur une distribution avec Canal+, il faudrait aussi se demander quel serait le montant que la chaîne cryptée pourrait mettre. Sachant que Maxima Saada avait déjà dit que la Ligue 1 se situait autour de 500 millions d’euros. La 4 qui a vu sa valeur boursière divisée par 4 ne peut pas faire de folie sur les dépenses engagées. Ainsi, Canal pourrait très bien s’aligner sur DAZN et garantir au moins 100 millions d’euros à la Ligue 1. Ce qui permettrait de lisser les revenus autour de deux grandes familles : les deux chaînes et les abonnés.

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Les calculs bien qu’hypothétiques donneraient alors une basse de 550 à 600 millions d’euros dans le meilleur cas. Pour la fourchette moyenne, on se situerait sur 380 à 400 millions d’euros.

Sans oublier que la Ligue 1 pourrait partir de cette base pour développer son produit et attraper des abonnés du monde entier. En outre, avec le choix de Canal+ ou d’autres opérateurs, il y aurait également les Français de l’étranger et les suiveurs de la Ligue 1 aux quatre coins du monde qui pourraient faire de l’équation, une solution.

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