Didier Deschamps n’a jamais caché son admiration pour Kylian Mbappé. À l’approche de la prochaine Coupe du monde, l’attaquant du Real Madrid incarne plus que jamais le visage et l’ambition des Bleus. Capitaine depuis le Mondial qatari, Mbappé bénéficie désormais d’un statut à part, y compris sur le plan des exigences physiques.
Depuis 2022, son rôle au sein de l’équipe de France a évolué. Désormais leader offensif incontesté, il n’est plus attendu qu’il multiplie les replis défensifs comme lors de la campagne victorieuse de 2018. À l’époque, Mbappé n’hésitait pas à défendre bas, notamment face à l’Argentine ou la Belgique. Aujourd’hui, le constat est différent : ses retours défensifs sont plus rares, et certaines phases se terminent sans qu’il ne se replace pleinement. Une attitude assumée, autant par le joueur que par son sélectionneur.
Deschamps protège son capitaine

Présent au festival du journalisme sportif à Laval, Didier Deschamps a été interrogé sur cette singularité devenue presque anachronique dans le football moderne, où l’intensité et le volume de course sont devenus la norme. Face aux questions du Parisien, le sélectionneur a répondu sans détour, balayant toute polémique.
À lireNeymar maintenu dans le groupe du Brésil malgré sa blessure« C’est votre perception. Je ne considère pas que Kylian ne court pas, même si certains joueurs courent évidemment plus que d’autres. Si vous attendez de lui qu’il fasse 11 kilomètres par match, autant vous dire tout de suite que ça n’arrivera pas », a expliqué Deschamps, assumant une gestion différenciée de son joueur phare. Avant d’ajouter : « Qu’on l’aime ou non, les jeunes l’adorent. On lui colle souvent une image d’attaquant individualiste. Oui, un attaquant doit parfois l’être, mais dans le fonctionnement de l’équipe de France, Kylian agit en véritable capitaine. »
Un choix stratégique fort, acté très tôt par Deschamps, qui avait déjà décidé de placer Mbappé au centre du projet bien avant le départ d’Antoine Griezmann du leadership offensif. Une carte blanche assumée, avec tout ce qu’elle implique.
Car ce statut privilégié a son revers. Capable de tirer son équipe vers les sommets et de faire basculer un match à lui seul, Mbappé peut aussi cristalliser les critiques. Comme à l’automne dernier, lorsqu’il avait fait l’impasse sur certains rassemblements des Bleus pour s’offrir une escapade à Dubaï, un choix qui avait fait grincer des dents. Entre génie assumé et gestion délicate, Didier Deschamps a tranché : avec Mbappé, il accepte le meilleur comme le reste.

