dimanche 2 octobre 2022

Emmanuel Hubert (Arkea Samsic) : « Je n’ai pas fini de rêver, je veux aller encore plus haut ! »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

17 ans après la création de l’équipe, 12 ans après son arrivée comme manager, Arkéa Samsic et Emmanuel Hubert sont aux portes du Word Tour pour la première fois. En ciblant des recrues prestigieuses, l’équipe bretonne entend poursuivre sa progression.

Philippe Wagner Cycling, Christophe Moreau, fait de vous un exemple à suivre… pour atteindre le haut niveau !

Vous m’en voyez extrêmement flatté ! Lorsque vous êtes à la tête d’une équipe comme Arkéa Samsic, vous mettez forcément votre patte sur le management, mais vous restez dépendant des moyens financiers mis à votre disposition. La manne financière reste capitale pour pouvoir exister et mettre en place vos idées. Puisque nous l’avons fait, il faut qu’il sache que c’est encore faisable.

Dans la progression de votre équipe, avez-vous traversé beaucoup de moments de doutes ?

Je suis arrivé en 2010 et avant que Fortuneo nous rejoigne en 2014 pour nous permettre de prendre notre envol, nous avons connu pas mal de difficultés. Dans ces moments-là, il faut parvenir à convaincre les partenaires, leur faire aimer le vélo parce qu’on s’aperçoit vite que sans eux rien n’est possible.

Aux portes du Word Tour désormais, êtes-vous, douze ans après, là où vous rêviez d’être ?

Oui, nous sommes où on rêvait d’être. Mais je n’ai pas fini de rêver, je veux aller encore plus haut. C’est aussi peut-être un des ingrédients de la réussite : ne jamais cesser de vouloir progresser, de franchir un palier de plus. Dans ce milieu, stagner, c’est prendre le risque de régresser. Même si la progression est lente, passe par une augmentation de seulement 2 ou 3% du budget, elle est importante pour maintenir une dynamique collective, imprégner toutes les composantes de l’équipe.

Arkéa Samsic rêve d’intégrer le world tour

Après Quintana ou Barguil, Arkéa Samsic se positionne sur des coureurs de premier plan à l’instar de Guillaume Martin ou Carapaz. Est-ce le signe extérieur de cette progression ?

Nous avons toujours fonctionné comme ça, step by step, au point qu’aujourd’hui nous n’avons plus besoin de faire l’article pour convaincre des coureurs de nous rejoindre. Ils nous appellent car ils ont envie de venir chez nous. L’équipe plait, est florissante, en pleine dynamique vertueuse.

Confirmez-vous des contacts avec Martin et Carapaz ?

Oui, j’ai eu une discussion très intéressante avec Guillaume (Martin), un profil qui nous intéressait, une valeur sûre du cyclisme français. J’avais envie qu’il nous rejoigne. Je lui ai expliqué les tenants et aboutissants de notre projet, mais il a choisi de rester chez Cofidis en ayant beaucoup réfléchi et après avoir effectué un choix cornélien. Pour Carapaz, il se dirige vers EF Education.

« Nous n’avons plus besoin de convaincre des coureurs de nous rejoindre. Ils nous appellent car ils ont envie de venir chez nous »

Comment vivez-vous la pression relative aux points UCI à accumuler pour intégrer le World Tour la saison prochaine ?

Assez sereinement car nous ne sommes pas les moins bien lotis. Il ne faut cependant pas se tromper d’objectif… qui n’est pas de marquer des points coute que coute, mais bien de gagner des courses pour, dans un second temps, marquer des points. La nuance a son importance qui doit nous permettre de rester focalisé sur le sportif.

La touche Hubert tranche un peu avec les méthodes plus brutales de certaines grosses cylindrées étrangères.

Peut-être bien. Le fait est que nous avons cette fibre humaine en nous. J’ai toujours essayé de fonctionner avec les autres comme j’aurais aimé qu’on fonctionne avec moi, avec empathie, compréhension, pour se mettre à la place des coureurs, avoir conscience de la difficulté de leur métier, mais aussi des mécanos, des entraîneurs, des directeurs sportifs, etc. De tout le monde, tout ce qui fait une équipe soudée et tournée vers un même objectif.

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