jeudi 25 avril 2024

Pogacar, Carapaz, Alaphilippe… L’avis des consultants, sans langue de bois

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

2021 a livré son verdict au terme d’une saison passionnante qui a offert du spectacle et de grandes courses grâce notamment, de l’aveu des différents consultants, au panache de la nouvelle génération décomplexée.

Steve Chainel : « Pogacar, un champion présent toute l’année »

« Cette saison, des coureurs sont sortis du lot comme Wout Van Aert avec son début de saison sur les Classiques, ses trois victoires d’étapes sur le Tour, son accessit de vice-champion du monde sur le chrono. Il y a eu aussi Mathieu Van der Poel, un peu présent partout. Sa victoire sur Mûr de Bretagne est magnifique avec ses larmes et le maillot jaune que son grandpère, Raymond Poulidor, n’avait jamais connu.

Tom Pidcock arrive sur le devant de la scène, il vient du cyclocross comme les deux premiers. Il faudra compter sur lui à l’avenir. Et bien évidemment Julian Alaphilippe. C’est la nouvelle star du cyclisme. Il donne aux Français envie de faire du vélo.

Il a été énorme en conservant son titre de championnat du monde à Louvain. Je n’oublie pas Tadej Pogacar. Ça fait longtemps qu’on n’avait pas eu un vainqueur de Tour de France présent toute l’année. Un très grand champion avec en plus Liège-Bastogne-Liège et le Lombardie à son palmarès. Il vient montrer qu’il n’existe pas qu’à travers le Tour de France. La nouvelle génération éclipse les Sagan, Thomas, Porte et Valverde… Ils font du bien au vélo. Evenepoel va aussi s’inviter à cette table. Le cyclisme se modernise et il n’est plus ennuyant. »

Consultant pour Eurosport

Jérôme Coppel : « Carapaz, le panache en plus »

« Ça fait du bien de retrouver une saison normale, de revoir du public. C’était top, surtout sur le Tour de France que j’ai fait avec RMC. J’ai l’impression que, depuis la fin de ma carrière en 2016, il y a eu plusieurs tournants. J’ai connu la période Sky où tout était contrôlé. Il neutralisait la course avec tellement de bons coureurs.

C’était encore le cas il y a deux ou trois ans. Depuis la saison dernière, on voit des scénarios incroyables avec des attaques à 50-60 km de l’arrivée. Des coureurs comme Alaphilippe, Pogacar et Van der Poel y contribuent. Ils n’ont plus peur d’attaquer de loin. C’est intéressant et difficile de prédire les choses.

On ne parle plus de Tour ennuyeux. Il y a de la bagarre, c’est une nouvelle façon de courir. On ne peut qu’être heureux. Le deuxième sacre mondial de Julian Alaphilippe, un copain, m’a touché. Il apporte beaucoup à la France. Il a un truc en plus. J’ai aussi aimé la médaille d’or de Richard Carapaz à Tokyo. Il le mérite. C’est aussi le symbole du panache. La dernière image est le Paris-Roubaix féminin. C’est un beau signe de l’avoir lancé. C’était une course incroyable et plaisante à regarder. »

Consultant pour RMC et BFM TV

Cyrille Guimard : « Il n’y a plus d’âge pour gagner »

C’est une belle année de vélo. Elle n’est pas extraordinaire, mais elle a le mérite d’avoir permis de vibrer avec le titre de champion du monde de Julian Alaphilippe, avec Tadej Pogacar qui fait le doublé à 23 ans alors qu’avant les plus grands champions comme Merckx, Hinault, Anquetil ou Gimondi ne remportaient que le premier. Cette année a prouvé que le talent permet de gagner les plus belles courses comme ParisRoubaix. Il ne faut pas attendre le deuxième pour gagner son premier.

Colbrelli l’a prouvé dès sa première participation. La course a été formidable, mais il n’y a pas eu vraiment d’émotions. Pour moi, c’est un super ParisRoubaix avec l’image de la pluie et de la boue, mais il manque ce petit plus qui peut marquer l’histoire. » Consultant pour la chaîne L’Equipe et RMC

Christophe Riblon : « une génération décomplexée »

« On est globalement dans un changement de configuration de course. Ça court différemment. On le voit depuis deux ou trois ans, et surtout depuis cette année. On était sur un cyclisme bloqué.

Aujourd’hui, on est sur un cyclisme plus ouvert. Les coureurs doivent être plus opportunistes, mais les hommes forts restent les mêmes. Il faut être bon partout et opportuniste. Il ne faut pas avoir peur de s’élancer de loin. Il y a une génération décomplexée.

En arrivant, Sky avait des nouvelles méthodes de travail et des stratégies qui leur permettaient de faire la différence. Ils ont quasiment tout gagné sur les courses par étapes. Aujourd’hui, il y a d’autres équipes capables de rivaliser. Il a fallu donc changer son fusil d’épaule. Même INEOS participe à cela.

La génération de coureurs qui arrive aide à ce développement avec Van Aert, Van der Poel, Pogacar ou même encore Alaphilippe. Ils lancent la course de loin. On le voyait sur les Classiques au début, mais ils le font aussi sur les grands Tours. Les performances globales du peloton sont plus élevées.

J’ai envie de garder l’image du deuxième titre mondial de Julian Alaphilippe, tout comme cette 1ère étape sur le Tour. Ça montre la détermination du coureur qui venait d’être papa deux semaines avant. Il a assumé son statut de champion du monde.

Mais il y aurait tellement d’images à mettre en avant comme Pidcock qui se fait un nom sur la Flèche brabançonne, Pogacar qui domine le Tour, Wout Van Aert qui se montre polyvalent, les larmes de Van der Poel sur le Tour, la résurrection de Cavendish, Paris-Roubaix apocalyptique… Vivement l’an prochain. »

Consultant pour la chaîne L’Equipe

Richard Virenque : « quand Julian troque le maillot arc-en-ciel pour le maillot jaune… »

« J’ai vécu une saison passionnante. On a vu des coureurs qui ont su gagner avec panache et brio. Pour parler de Julian, son double titre de champion du monde a été extraordinaire. Il a tout mis sur la table, à 40 km, avant d’arriver. Il a couru pour perdre et, au final, c’est son audace et son panache qui ont été récompensés. C’est beau !

Pogacar, dans le même style, ose attaquer et il n’a pas peur. Il a le talent et sa jeunesse. Il gagne en étant meilleur jeune, meilleur grimpeur et maillot jaune sur le Tour de France, pour la deuxième année consécutive. C’est exceptionnel.

Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel ont aussi été au rendez-vous. Il y a une génération qui a envie et qui donne. La tactique est là, mais le côté jeunesse et insouciant leur permet d’offrir du spectacle. La première image que j’ai envie de garder, c’est celle de Julian Alaphilippe sur la 1ère étape du Tour de France qui gagne avec le maillot arc-en-ciel et le troque pour le maillot jaune.

Et le championnat du monde derrière. On a de la chance. C’est un Français. Il porte tellement bien ce maillot. Il apporte de la fraîcheur à notre sport. »

Consultant pour Europe 1

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