jeudi 23 mai 2024

Equipe de France : Marcus Thuram et Randal Kolo Muani ont encore tout à prouver

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Thuram et Kolo Muani ont presque le même âge, jouent au même poste, sont aussi passés par la Bundesliga pour changer de dimension et se retrouvent cette saison à la croisée des chemins, à l’Inter et au PSG, prêts à se battre pour incarner l’après Giroud. Dès cet été pendant l’Euro ? Le face à face.

Marcus Thuram

Technique : 3/5

Pas forcément très fluide, son style ne le prédispose pas à faire de gros exploits individuels, mais sa capacité à jouer des deux pieds le rend notamment redoutable pour des défenseurs qui ne savent jamais trop où peut venir le danger.

Très habile dos au but, il sait placer son corps pour protéger son ballon, orienter son contrôle vers le but, d’un côté comme de l’autre, pour un effet de surprise qui lui permet souvent d’avoir un temps d’avance. Plus à son aise pour prendre les espaces, il parvient néanmoins à exister dans le jeu réduit, un petit périmètre où peuvent aussi s’exprimer sa technique fine, ses crochets courts, ses remises instantanées.

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Mental : 3/5

Il lui en a forcément fallu pour franchir tous les obstacles depuis ses débuts à Sochaux, pour assumer son célèbre patronyme, et résister à la pression inhérente à tous les fils de… Choisir, à 22 ans, de quitter la France et Guingamp, pour relever le défi de la Bundesliga à Mönchengladbach, n’était pas la solution la plus facile. Grâce à son état d’esprit de compétiteur, il a réussi à relever le défi.

C’est également en sortant de sa zone de confort qu’il poursuit sa progression à l’Inter Milan depuis cette saison. Il a aussi prouvé qu’il était capable de se remettre en cause, en faisant son mea culpa après avoir craché sur un adversaire lors d’un match de Bundesliga face à Hoffenheim.

Alors que des profils psychologiquement plus fragiles auraient pu ne pas s’en remettre, sa suspension de 5 matches, l’a au contraire rendu plus fort. Mais il n’a visiblement pas retenu la leçon puisque lors du 8ème de finale retour de Ligue des Champions contre l’Atlético Madrid il a effectué un nouveau geste déplacé (il a pincé les parties intimes du défenseur Stefan Savic)…

Physique : 4/5

Du haut de son mètre quatre-vingt-treize, il donne parfois l’impression de ne pas avancer alors qu’il va très vite. C’est un faux lent qui surprend par sa capacité d’accélération balle aux pieds, et qui devient redoutable dès qu’il a réussi à passer une épaule devant son défenseur. Le penalty qu’il obtient en finale de la Coupe du monde face à l’Argentine illustre bien comment il parvient à s’appuyer sur son physique.

Sans être sa spécialité, son jeu de tête est un atout offensif qui lui a déjà permis de marquer une dizaine de buts, et qui pourrait lui permettre d’en marquer encore davantage s’il parvenait à mieux lire les trajectoires, à progresser dans les duels aériens où son impact n’est pas à la hauteur de sa puissance.

Efficacité : 3/5

C’est assurément dans ce secteur que sa marge de progression est la plus significative. En championnat, il n’a jamais dépassé la barre des 13 buts sur une saison, 2022/2023, avec Mönchengladbach. S’il pouvait espérer faire mieux à mi-parcours en Serie A (10 buts), sa blessure musculaire du début d’année était de nature à repousser à plus tard cette perspective.

Mais son impact offensif est tout de même fort car il compense en délivrant chaque saison une dizaine de passes décisives. Face aux buts, sa trajectoire va crescendo : 12 buts en deux saisons de L1, 34 en quatre saisons de Bundesliga… et seulement 3 en Ligue des Champions en 16 matches. Peut (largement) mieux faire.

Palmarès : 2/5

Quatre fois titulaire, en 18 sélections, il n’a fait que passer lors du dernier Euro, entrant en jeu pendant les prolongations face à la Suisse, et s’est contenté d’un rôle de remplaçant lors du dernier Mondial, doublure de Giroud à cinq reprises dont en finale où il fut à l’origine de l’égalisation de Mbappé.

Buteur à deux reprises depuis, il n’avait toujours rien gagné avec les Bleus avant de retrouver ces pelouses allemandes qui lui ont permis de franchir un palier, mais pas d’inaugurer un palmarès toujours vierge… et qui devrait ne plus l’être en fin de saison si l’Inter Milan parvenait à maintenir ses concurrents à distance en Serie A.

Total : 15/25

Randal Kolo Muani

Technique : 3/5

Sa technique en mouvement lui permet de faire des différences importantes sans être obligé de réaliser des gestes difficiles. Dans ce domaine, son registre est très complet qui lui permet d’exister dans tous les domaines, notamment le jeu aérien (il a un bon timing), les duels (il en a gagné 13 en entrant en jeu en finale de la Coupe du monde) et dans toutes les zones du terrain (sur un côté pour déborder ou dans l’axe à l’affut d’un ballon qui traine). Sa qualité de passe lui permet de participer au jeu, en appui ou en soutien, donc de ne pas dépendre que de sa capacité à marquer des buts.

Mental : 3/5

S’il n’était pas du genre à se poser des questions lorsqu’il était à Nantes, si son passage à l’Eintracht Francfort l’a conforté dans ses certitudes, si ses pre- miers pas avec les Bleus ont renforcé sa confiance, il connait une période plus difficile depuis son face à face manqué avec Emiliano Martinez en finale de la Coupe du monde. Il peine à s’imposerau PSG au point de ne plus être certain de faire partie du voyage cet été en Allemagne, mais il s’accroche et a montré sa force de caractère contre le Chili.

Physique : 3/5

Sa vitesse le rend souvent insaisissable car il parvient à maîtriser le ballon en pleine course, à trouver les espaces pour exprimer ses qualités de vélocité largement au-dessus de la moyenne. Souple et aérien, il slalome dans les défenses et devient redoutable quand il entre dans la surface. Plus que le contact, son relatif manque de puissance l’amène à être davantage dans l’évitement, le contournement, avec la volonté d’anticiper et d’avoir toujours un coup d’avance.

Efficacité : 3/5

Plus que son but face au Maroc en demi-finale (son premier en Bleus), c’est celui qu’il n’a pas marqué en finale qui risque de le suivre encore longtemps s’il ne parvient pas à être plus souvent décisif. Car ses statistiques devant les buts ne sont pas extraordinaires avec un record à 15 buts (2022/2023) avec Francfort et jamais plus de 23 buts toutes compétitions confondues que lui aussi parvient à compenser avec un fort pourcentage de passes. A moins que le départ de Mbappé ne lui ouvre de nouveaux horizons ?

Palmarès : 3/5

Héros malheureux de la finale de la Coupe du Monde en 2023, Randal doit beaucoup à sa victoire avec le FC Nantes en Coupe de France 2022. Même si son transfert pour Francfort était déjà acté, elle lui a offert plus de crédibilité et de confiance pour aborder la seconde partie de sa carrière. Finaliste de la Coupe d’Allemagne, vainqueur du Trophée des Champions en 2023, il se préparait à fêter son premier titre de champion de France en espérant mieux d’une fin de saison pleine de promesses.

Total : 15/25

Verdict

S’il a été plus souvent titulaire (8 fois en 15 sélections) avec les Bleus que Thuram, Kolo Muani ne l’a pas pour autant distancé. L’écart qui existait entre eux après une Coupe du monde qu’ils vécurent avec le même statut s’est resserré au profit du Milanais, plus convaincant avec l’Inter qu’un Parisien aux prestations plus neutres. Et de rappeler que Marcus était le premier choix du PSG et qu’en raison des doutes sur son temps de jeu il a préféré décliner la proposition… Les matches amicaux de mars contre l’Allemagne avec un Thuram transparent et contre le Chili avec un Kolo Muani buteur et enfin à la hauteur de son talent auront-ils permis d’établir une hiérarchie ?

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