samedi 2 mars 2024

Eric Pécout : « Suaudeau était un véritable génie »

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Auteur d’un triplé historique en finale de la Coupe de France 1979 (seul Papin en a fait autant !), Eric Pécout champion de France avec Nantes en 1977 et 1980, l’attaquant international (5 sélections) qui fait partie de la cellule recrutement du PSG depuis une dizaine d’années n’a jamais oublié le club de ses débuts.

Qu’avez-vous retenu de l’école nantaise par laquelle vous êtes passé avant de quitter le club en 1981 et de connaître ensuite plusieurs autres équipes ?

J’ai envie de dire que nous avons été formés et déformés à l’école nantaise (sic). Quand je dis déformé, c’est parce que, dans les clubs que j’ai connus après, je ne retrouvais pas ce que j’avais appris à Nantes avec Coco Suaudeau qui était un véritable génie. J’avais une certaine vision du football.

Vous aviez 21 ans lorsque vous avez remporté votre premier titre en 1977. Qu’en reste-t-il dans vos souvenirs ?

Nous étions jeunes et frais ! Nous débarquions avec le style de jeu qu’on avait, on courait à droite et à gauche. On ne s’est même pas rendus compte de la chance et du bonheur qu’on avait cette année-là d’être champions de France.

On se rend compte plus tard au cours de sa carrière que c’est dur de remporter un titre. L’équipe était composée de nombreux très jeunes joueurs, mais cela nous paraissait naturel. Mais on avait notre capitaine Henri Michel pour nous dégonfler la tête et remettre les pendules à l’heure.

« Chaque fois que je revois ce maillot et ces couleurs… »

Quand on joue à la pointe de l’attaque avec Loïc Amisse à gauche et Bruno Baronchelli à droite, les choses sontelles plus simples ?

C’est beaucoup plus facile en effet ! Je savais que si je piquais au premier poteau ou si je faisais un double appel au deuxième, « Lolo » allait me voir. Avec « Baron », c’était pareil. On jouait un peu les yeux fermés. Mais il y avait aussi d’excellents joueurs pour faire des passes décisives comme Gilles Rampillon et Oscar Muller.

On avait un tel noyau de joueurs… Je jouais avant-centre, mais on coupait les trajectoires avec « Lolo » et on en profitait car c’était alors un marquage individuel. J’emmenais mon stoppeur au poteau de corner !

Dans ce contexte, vous avez souvent été soumis à la concurrence. Comment l’avez-vous vécue ?

C’est vrai et, à part les premières années, je n’ai jamais été tranquille, mais il faut dire que j’ai eu des petits pépins et des blessures. J’en ai voulu sur le coup à Budzynski quand Trossero est arrivé en cours de saison (janvier 1979).

Après, j’ai compris avec le recul que rien n’était sûr avec ma blessure et qu’il fallait étoffer l’effectif devant. J’ai regagné ma place et il y a une nouvelle blessure. Cette fois, c’est Vahid Halilhodzic qui est arrivé. On avait mis la barre un peu haut pour moi et je suis parti. Même si mon envie était de rester à Nantes toute ma carrière. Cela m’a permis de voir autre chose.

Un triplé exceptionnel en finale

Votre triplé en finale de Coupe de France 1979 contre Auxerre (4-1) reste-t-il le moment fort de votre carrière sous le maillot nantais ?

On m’en parle encore de temps en temps. J’avoue que ce n’est pas désagréable de se dire qu’on se souviendra peut-être de moi pour cette raison.

Quand je croise Jean-Pierre Papin (qui lui aussi a réalisé le triplé avec Marseille contre Monaco en finale de la Coupe de France 1989, Ndlr), on en parle et même s’il m’a fallu les prolongations pour y arriver, je lui réponds qu’il n’avait qu’à en mettre un quatrième dans le temps réglementaire (rires).

Plus sérieusement, c’était la première Coupe de France pour Nantes et notre génération a été quand même vernie alors que nous nous étions connus pour la plupart à l’âge de 16 ans.

Félix Chiocca

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