mercredi 17 juillet 2024

Fernandez sous haute protection, les minot rois du Parc… Pourquoi les classicos ne sont pas des matchs comme les autres

OM - PSG (21h10)

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Avant le match de ce soir entre l’OM et le PSG, huitième de finale de la Coupe de France, plongée dans 13 classicos pas comme les autres, qui ont marqué l’histoire…

Le 14ème Classico de l’histoire de la Coupe de France

Ce soir, le Vélodrome sera le théâtre du 14ème classico, opposant Parisiens et Marseillais en Coupe de France. 13 matchs ont déjà eu lieu entre les deux rivaux pour une seule victoire marseillaise, le 28 avril 1991, grâce à Jean-Pierre Papin et Laurent Fournier, buteurs pour signer un succès 0-2 au Parc des Princes. La dernière confrontation en date dans la compétition, remonte à un quart de finale en 2018, où les coéquipiers de Kylian Mbappé se sont imposés 3-0 au Parc des Princes.

La première confrontation en 1971 se termine par une victoire 4-2 des Marseillais

C’est alors un Paris Saint Germain récemment promu en Première division qui affronte une équipe marseillaise au sommet du football de son époque (le club réalise cette saison le doublé coupe – championnat). Les phocéens compte alors dans leurs effectifs des joueurs expérimentés comme le yougoslave Josip Skoblar dans une forme étincelante avec 30 buts marqués en 31 matchs, Couécou également auteur de 13 buts en 32 matchs. L’armada offensive totalisera 78 buts à la fin de la saison. De jeunes pousses font également leurs apparitions dans le groupe pro avec Courbis et Albert Emon.

Face à cette équipe marseillaise se trouve le jeune promu Paris, en lutte pour le maintien. Le nouveau club se veut relativement ambitieux, mais garde globalement son ossature de deuxième division. La seule arrivée enregistrée est la venue du défenseur central Claude Arribas en provenance du FC Nantes. L’effectif est également composé d’anciens Phocéens avec Jean Djorkaeff et Jean Pierre d’Estrumelle.

Une rencontre qui se déroule le 12 décembre 1971 sans tension particulière et se termine par une victoire 4-2 de l’équipe entrainée par Lucien Leduc. Au rang des buteurs, l’on comptera Skoblar auteur d’un doublé, Bernard Bosquiet et Didier Couécou pour Marseille. Côté parisien, c’est l’attaquant Michel Prost qui inscrira un doublé. Pour l’histoire, un peu moins de 19 000 spectateurs assisteront à la rencontre au stade Vélodrome.

Le meilleur buteur du Classique s’appelle Zlatan Ibrahimovic

11 buts face à l’Olympique de Marseille, un total qui fait de l’ogre suédois, le meilleur buteur de l’histoire du Classique. Il devance d’autres joueurs ayant évolués sous la tunique parisienne : Kylian Mbappé et Edinson Cavani avec 7 buts et Pedro Miguel Pauleta avec 6 buts à son actif. Du côté des champions d’Europe 1993, le meilleur buteur est Hervé Flores, avec 5 buts marqués, c’est un attaquant ayant évolué à l’OM de 1975 jusqu’en 1981.

Le match des minots au parc des Princes

En 2006, Pape Diouf alors président du club phocéen apprend que le nombre de places alloué au supporter marseillais pour la rencontre sera diminué de moitié. Raison de sécurité lui répond Pierre Blayau préside du club rival. Les places manquantes pour les supporters marseillais seront vendues à des supporters parisiens qui se situeront au-dessus du parcage visiteurs. Pape Diouf craint alors pour la sécurité de ses supporters et souhaite ne pas jouer la rencontre si elle n’est pas garantie. Mais le directeur sportif José Anigo, par crainte des sanctions qui pourraient tomber sur le club en cas de forfait, suggère plutôt d’envoyer une équipe de jeunes joueurs en signe de protestation. L’idée est retenue et le CFA 2 briefé par Albert Emon, alors adjoint de Jean Fernandez, se déplace à Paris. On prédit alors une lourde défaite à l’OM, cinquième du championnat devant le PSG septième.

Paris aligne pour ce match son équipe première composée de Yepes, Rodriguez, Pauleta, Bonaventure Kalou face à une jeune équipe expérimentée composée de Cédric Carrasso, Bocaly, Ne Diaye, Pradié, André Luis…

Devant 44 000 spectateurs, les minots vont résister héroïquement à Paris et tenir le résultat du 0-0. Un exploit dans le contexte du match face à des Parisiens bien morne et incapable de marquer un but. Si l’amertume est présent côté parisien, l’on fêtera ce match comme une victoire dans le sud de la France avec des joueurs accueillis en héros à la gare Saint-Charles.

Bernard Lama et les balles de tennis

6 ans après sa déclaration (« Je suis heureux de ne pas être Marseillais »), le portier parisien est toujours dans le collimateur des groupes de supporters de l’OM qui n’ont pas encore digéré.

C’est lors de la 16ème journée que le classique a lieu. Arthur Jorge décide d’aligner 9 joueurs à vocations défensives pour faire face aux 4 attaquants marseillais. 56 346 spectateurs sont présents dans un vélodrome à l’ambiance magnifique. Alors que les sudistes luttent pour la première place, Paris est englué en première partie de tableau. La tension est à son comble.

Au moment du coup d’envoi, alors que Bernard Lama joue devant le virage des ultras marseillais, l’ensemble du virage lui jette des balles de tennis sur la tête. Le portier témoigne dans Le Parisien, en 2017 « Le plus marquant, c’était en 1998, au Vélodrome (0-0). Ce jour-là, j’ai reçu 2 000 balles de tennis sur la tête ! Ça ne m’a pas touché. Dès que l’arbitre a donné le coup d’envoi, tout le virage s’est mis à lancer des balles sur le terrain. Je n’ai jamais eu peur de jouer, mais c’était parfois chaud. » Une expérience marquante pour le joueur qui se verra même lancer un trousseau de clés lors d’une autre rencontre de la part de marseillais, très rancuniers.

18 décembre 1992, le match de la boucherie

55 fautes. 33 lors de la première période. Un record de faute toute classique confondue. Considérée comme la rencontre la plus chaude entre les deux équipées que cela soit en tribune ou sur le terrain, la tension avait déjà commencé en dehors des terrains. Le parisien David Ginola avait déclaré vouloir « la guerre » contre les Marseillais. L’entraineur portugais Arthur Jorge rajoute une couche dans une interview pour l’équipe avant le match « Nous allons leur marcher dessus » affirme-t-il, sûr de lui.

En colère, Bernard Tapie alors président du club fait placarder l’interview de l’entraineur parisien dans les vestiaires, pour renforcer l’envie de victoire de ces troupes. Il demande également, selon la légende, à ces joueurs de découper les Parisiens. Des instructions qui seront prises à la lettre par les coéquipiers de Basile Boli. Lors de ce match, 50 fautes seront commises par les Marseillais sur 55 sifflés, avec de nombreuses fautes à la limite de l’acceptable, qui vaudront une aura de légende autour de ce match tendu. Bernard Lama en est ressorti dégouté, comme en témoigne sa sortie d’après-match « Les Marseillais sont des voyous et je suis bien placé pour le dire puisque j’en côtoie en équipe de France. Je suis heureux de ne pas être Marseillais ». Une déclaration qui va le poursuivre longtemps.

Neymar, voit rouge pour son premier Classique

Devenu le joueur le plus cher de l’histoire en 2017, après avoir rejoint le Paris-Saint Germain pour la somme astronomique de 222 millions d’euros, Neymar disputait son tout premier Classico au Vélodrome, quelques semaines plus tard. Des débuts qui vont très mal se terminer. Pourtant, tout a bien commencé pour le Brésilien, qui a survolé la rencontre, de par ses qualités techniques et d’élimination. Il a inscrit le but égalisateur, suite à l’ouverture du score de son compatriote, Luiz Gustavo. Le natif de Mogi das Cruzes, est la victime de multiples provocations, ainsi qu’un grand nombre de fautes durant toute la rencontre. Quand Lucas Ocampos, lui assène un violent tacle, l’ancien barcelonais craque et répond à l’Argentin en le faisant tomber. Ruddy Buquet, arbitre du choc, décide de sanctionner les deux joueurs, d’un carton jaune, le deuxième pour la star parisienne, synonyme d’expulsion. Un premier Classique qui est restée dans les mémoires.

Cavani, refroidit le Vélodrome

Dans le même match, le PSG était toujours mené 2 à 1 par les Phocéens, suite à la sortie de Neymar qui vient de recevoir un deuxième carton jaune. Les hommes d’Unai Emery sont tout proches de subir leur premier revers face aux Olympiens en 7 ans. Seulement, un certain uruguayen a décidé de prendre ses responsabilités et de permettre au club de la capitale de conserver son invincibilité. Au bout des arrêts de jeu, le meilleur buteur du club avec aujourd’hui 200 buts, expédie un sublime coup-franc (sifflé à la suite d’une faute stupide du Marseillais Bouna Sarr) qui rebondit sur la barre transversale de Steve Mandanda, et vient climatiser le stade Vélodrome, dans un scénario hollywoodien.

3-1 et 1 titre sans sommeil

Sans doute la plus belle période de l’équipe olympienne. Le 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille bat sur le plus petit des scores (1-0) l’Inter Milan grâce à un but de Basile Boli à la 44ème minute. S’en suivent 3 jours de fête non-stop dans la ville et plusieurs nuits blanches pour les joueurs marseillais, heureux de leur victoire. Mais le retour à la réalité est rapide. L’effectif doit répondre présent 3 jours plus tard pour affronter le Paris Saint Germain.

L’enjeu du match est important. Si Marseille gagne, le titre leur revient et l’équipe s’offre le doublé Coupe d’Europe-Championnat. Côté parisien, gagné lors de cette dernière journée permettrait également de gagner le titre de Ligue. 2ème au classement derrière leurs rivaux seuls quelques points séparent les deux équipes.

40 000 spectateurs assistent à la rencontre au Stade Vélodrome entre les deux équipes. Raymond Goethals aligne sur le pré de grands joueurs comme Fabien Barthez, Basile Boli, Marcel Desailly, Éric Di Méco, Didier Deschamps… Arthur Jorge aligne lui Bernard Lama dans les buts, Antoine Kombouaré, Paul le Guen, Laurent Fournier, Alain Roche, George Weah sur le pré.

Paris ouvre rapidement le score par l’intermédiaire de Guérin sur une passe Weah, mais très rapidement les Olympiens se reprennent avec Völler puis Boli d’une tête victorieuse à l’entrée de la surface. Boksic termine le travail pour une victoire 3-1. Si les Marseillais fêtent rapidement la victoire, la joie sera de courte durée avec le retrait du titre par la suite. En effet, venait d’éclater quelque temps plus tard l’affaire de corruption VA-OM.

Le « traître » Fabrice Fiorèse

Durant l’été 2004, Fabrice Fiorèse, l’un des joueurs les plus aimés du Parc des Princes quitte le club pour rejoindre son pire ennemi. Quelques jours avant la fermeture du mercato, l’intéressé déclare : « Je me sens super à l’aise au PSG, je suis Parisien à 300% ». Suite à sa signature, il s’exprime fièrement : « L’OM a toujours été le club de mes rêves. »

Des propos qui ont du mal à passer auprès des supporters, qui vont lui réserver un traitement particulier à son retour pour le Classique. Le 7 novembre 2004, les ultras déballent des banderoles visant l’attaquant où l’on peut lire : « Nous avons Jésus, vous avez Judas. », ou encore : « Si le PSG est une prison, rends la savonnette ». Sur le plan sportif, ses ex-coéquipiers ne sont pas en reste, notamment Sylvain Armand qui lui portera un très gros tacle par derrière qui lui vaudra un rouge. Un match sous tension, qui obligera les forces de l’ordre à protéger Fiorèse, lorsqu’il s’avançait pour tirer les corners. Une rencontre qui s’est achevée par une défaite 2-1 des Marseillais.

32 ans sans victoire pour l’OM en coupe de France face à Paris

C’est une longue, très longue série pour les Olympiens. 32 ans sans victoire en Coupe de France face au Paris Saint Germain. La dernière victoire remonte en Coupe de France remonte au 23 avril 1991. L’Olympique de Marseille joue à l’extérieur au Parc des Princes devant 38 000 spectateurs. Le club phocéen qualifié en finale de Ligue des Champions est le grand favori face à des Parisiens qui réalisent une saison quelconque. Si le match n’est pas encore un grand classique, l’accueil du premier du championnat reste toujours un grand évènement pour l’équipe de la capitale qui accueille le club de Jean Pierre Papin. Les Sudistes obtiennent la victoire avec un but de Laurent Fournier qui ajuste Joël Bats d’un tir délicat à ras de terre et d’un but sur penalty de la star de l’équipe de France jouant à Marseille Jean Pierre Papin.

Depuis, chaque rencontre (8 confrontations) entre les deux clubs dans la compétition s’est soldée par des défaites marseillaises. Une série à laquelle le club phocéen espère mettre fin en remportant la victoire ce soir contre Paris pour enfin permettre à la jeune génération de connaître la saveur d’une victoire contre Paris en Coupe de France.

4ème classico au Vélodrome en Coupe de France

Ce huitième de finale sera le 4ème classico en Coupe de France. Un bilan complètement dominé par le club de Nasser Al-Khelaifi, 3 qualifications en 3 matchs. La première fois en 1975, à l’époque, les matchs se jouaient sur un format aller-retour, et pour la rencontre se déroulant à Marseille, les deux ennemis jurés s’étaient quittés sur un match nul 2-2. 7 ans plus tard en 1982, le PSG s’imposait sur la plus petite des marges avec une victoire, 0-1. La dernière affiche date de 2004 où les coéquipiers de Ronaldinho se sont qualifiés grâce à une victoire 1-2. Alors la quatrième sera la bonne pour les joueurs d’Igor Tudor ?

Protection (très) rapprochée pour Luis Ferrnandez

En mars 2003, quelques heures avant le classico qui se joue au Vélodrome, Luis Fernandez, alors entraîneur du PSG, est averti par la police de menaces le visant. La préfecture des Bouches du Rhône lui annonce aussi qu’elle a décidé de lui adjoindre un service de sécurité spécial, composé de trois policiers. Sur la route du stade, mais aussi au Vélodrome lui-même, sur le banc de touche, les spécialistes de le protection rapprochées, plus habitués à escorter des chefs d’Etat, ne le lâcheront pas. « Cela ne m’a pas empêché de préparer mon match normalement », raconte aujourd’hui Luis Fernandez. Une intimidation qui n’empêchera pas, en tout cas, le PSG de s’imposer 3-0 à Marseille, grâce à un véritable festival de Ronaldinho.

Kilian Ravon et Arnaud Mercière

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