mardi 18 juin 2024

Foden, le nouveau prince de la Premier League et de l’Angleterre

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Leader de la nouvelle génération qui offre au football anglais de grandes espérances, le petit gaucher de Manchester City Phil Foden est, de l’avis de son coach, Pep Guardiola, le futur grand joueur que toute l’Angleterre attend.

Lorsque les tabloïds anglais ont révélé l’affaire, tous ceux qui regrettaient qu’il ne soit pas davantage utilisé par Guardiola, à l’instar d’un autre prodige de la même génération, Jadon Sancho, absolument pas ménagé avec le Borussia Dortmund, ont peut-être compris que l’entraîneur espagnol des Citizens avait ses raisons.

En s’offrant une folle soirée avec son pote Greenwood, le top modèle islandais Nadia Sif Lindal Gunnarsdottir et sa cousine, lors de son premier déplacement avec la sélection anglaise en Islande, Foden renforçait l’entraîneur espagnol dans sa volonté de ne pas l’exposer trop tôt, sportivement, et médiatiquement.

Exclu du rassemblement, avec une amende de 1500 euros pour avoir enfreint la réglementation islandaise en matière de lutte contre la Covid-19, à 20 ans, il a commis sa première erreur de jeunesse. Toujours mis à l’écart lors de la trêve internationale suivante, Southgate l’a rappelé en novembre. Au contraire d’un Greenwood pour qui le fâcheux épisode semble avoir eu plus d’impact.

Foden, le grand espoir de l’Angleterre

Au contraire de Foden qui, pour sa deuxième titularisation, toujours face à l’Islande, démontrait qu’il avait parfaitement digéré la sanction et saisi le message : deux buts, ses deux premiers avec la sélection, et une passe décisive pour un 4-0 qui portait sa marque. A Wembley, il avait écrit l’histoire. Avant lui, aucun joueur aussi jeune n’avait jamais réalisé un doublé avec les Three Lions.

En quelques mois, il passait de l’humiliation d’un renvoi à la maison comme un vulgaire lycéen indiscipliné à la fierté d’entrer de plain-pied dans la légende. Comme un raccourci des joies et des peines que peut réserver une carrière, une expérience pour acquérir plus de maturité ? Il n’avait pas attendu ses 20 ans pour ça.

Père à 18 ans, c’est en effet un vrai papa qui affole tous les temps intermédiaires. Sacré champion du monde U17 en 2017, deux fois roi de Premier League, en 2018 et 2019 un troisième titre l’attend en 2020 -, plus jeune joueur anglais à marquer en phase finale de Ligue des Champions, à être champion d’Angleterre, ses stats ne cessent de monter en puissance depuis sa première apparition avec les pros le 21 novembre 2017 face à Feyenoord en C1…

Nous en étions là avec la pépite de Stockport lorsque se présentait à son visage juvénile l’une des fins de saisons les plus excitantes de toute l’histoire des Citizens. Avec déjà un septième titre en poche, ils couraient vers leur première Ligue des Champions avant de laisser leur numéro 47 rejoindre Munich et Budapest pour découvrir la réalité d’une grande compétition internationale. Son premier Euro.

Mélange de Keegan et d’Owen, aussi doué que George Best

Redevable envers Southgate, Foden se sait d’autant plus attendu qu’il avait été ménagé. En outre, protégé par Guardiola, au grand dam de tous ceux qui sont impatients de voir plus souvent à l’oeuvre le potentiel unique du Citizen.

Celui que Pep en personne n’a pas hésité à qualifier de « joueur le plus talentueux que j’ai vu dans ma carrière » avant d’ajouter non sans ironie pour répondre à l’impatience des journalistes : « Son seul problème est parfois que son entraîneur ne le met pas dans son onze de départ ! »

La richesse de l’effectif explique cette relative prudence autant que le souci de préserver la fraîcheur de ce talent brut qui est capable d’évoluer à tous les postes sans jamais perdre de son efficacité. Attaquant gauche, milieu gauche, milieu axial, défensif ou en meneur de jeu, faux numéro 9… partout sur le terrain, Foden a rayonné.

Plus doué qu’un Rooney ou qu’un Beckham, plus complet qu’un Fowler ou qu’un Waddle, plus équilibré qu’un Gascoigne ou qu’un Lineker, plus joueur qu’un Shearer ou qu’un Kane… il y a du Kevin Keegan et du Michael Owen chez ce Foden. Les deux derniers Ballons d’Or britanniques, après Bobby Charlton et George Best, ont peut-être trouvé leur digne successeur.

À 20 ans (il fêtera ses 21 ans le 28 mai), son talent autant que le contexte dans lequel il évolue, à Manchester City avec l’un des meilleurs entraîneurs de la planète, en futur leader d’une nouvelle génération anglaise pleine de jus et d’ambition, Phil Foden a tout en magasin pour être « un joueur incroyable dans les dix prochaines années » (dixit Guardiola).

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