samedi 8 octobre 2022

Frédéric Meyrieu : « L’esprit coupe, c’est le mental avant tout ! »

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En juin 1989, Frédéric Meyrieu n’avait que 21 ans et avait été titularisé par Gérard Gili pour cette finale face à Monaco, la dernière remportée par l’OM, pour un doublé qui marquait le début de l’ère Tapie.

Pourquoi aucune autre Coupe de France n’est venue étoffer le palmarès de l’OM depuis 1989 ?

Il y a eu quatre finales perdues depuis dans des circonstances différentes. La coupe est toujours aléatoire, mais sourit toujours à ceux qui ont l’état d’esprit nécessaire, qui font preuve d’un gros caractère, qui sont capables de se transcender sur un match pour se qualifier car il n’y a pas de seconde chance.

À notre époque, il y avait encore des matches aller-retour, plus aujourd’hui où on ne peut plus se rattraper. Cela rend les matches pièges encore plus dangereux et les surprises plus nombreuses. Le mental est essentiel, capital, pour faire une épopée. Il faut croire que les générations qui nous ont succédé n’en ont pas eu assez… ou sont tombées sur des équipes qui, elles, en avaient davantage.

Frédéric Meyrieu nostalgique des matches aller-retour de la Coupe de France

En 1989, dans quel état d’esprit étiez-vous avant cette finale face au Monaco de Wenger ?

Il régnait quand même une sorte d’euphorie dans le groupe parce que le titre était quasiment acquis. Il ne restait qu’un ou deux matches de championnat. On l’avait abordée avec décontraction et suffisamment de sérieux pour ne pas passer à côté. Le bon équilibre. Je me souviens du défi de Papin qui voulait faire la bise au président de la République. On en rigolait avant le match, ça détendait l’atmosphère et ça nous avait permis de bien aborder le match.

Et vous, à 21 ans, comment aviez-vous vécu cette finale ?

J’étais un minot qui rêvait les yeux grands ouverts. Imaginez une seconde… j’étais au centre de formation, j’allais être titulaire de la finale de la Coupe de France face à une grosse équipe de Monaco, dans un Parc des Princes chauffé à blanc par tous les supporteurs marseillais, un vrai volcan, et je jouais avec Giresse, Papin, Förster, Allofs… C’est rare pour un jeune issu du club de pouvoir vivre ce genre d’événements. J’ai eu cette chance.

« En m’alignant d’entrée, Gili a tenté un coup de poker »

Vous attendiez-vous à être titulaire ?

J’avais joué les quarts et la demi-finale, je jouais quelques matches de championnat. Et je pense qu’en m’alignant d’entrée de jeu, Gérard Gili a voulu tenter un coup de poker. Il voulait amener un peu de folie et d’insouciance, bouger un peu les plus expérimentés, et nous obliger, nous les jeunes, à nous mettre à leur niveau. Ça a parfaitement marché puisqu’on a ouvert le score, et qu’ensuite, avec la réussite de JPP, nous n’avons plus lâché l’affaire.

Vous sentiez-vous à l’abri d’un retour de Monaco ?

On a toujours mené au score et chaque fois que Monaco revenait, on mettait un nouveau coup de collier pour rester devant. Nous avions un groupe mentalement et physiquement hyper costaud qui avait déjà montré en championnat sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous. On savait qu’on avait les moyens de battre n’importe qui, n’importe quand. On se sentait presque intouchables. Ce soir-là en tout cas, on l’était…

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