dimanche 21 juillet 2024

Guy Genet (OL) : « J’ai vu des joueurs pleurer dans le vestiaire »

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Julien Huët
Julien Huët
Journaliste

Coordinateur administratif de l’OL pendant un quart de siècle, Guy Genet, également ancien joueur du club dans les années 70 (59 matches entre 1976 et 1980) comme son père Lucien qui en fut l’attaquant entre 1951 et 1955 (53 matches), vient de partir à la retraite à 65 ans.

Quelle est la plus belle ambiance de vestiaire que vous ayez connue ?

Lors du premier titre. C’était exceptionnel. J’ai une photo bien en tête, celle de l’envahissement de la pelouse du stade de Gerland. J’aimerais d’ailleurs la faire encadrer chez moi.

La fête la plus mémorable après un titre ?

Encore le premier titre avec notamment le séjour qui avait suivi à Saint-Tropez où le président Aulas nous invitait régulièrement. Tous ces séjours ont été inoubliables. Mais, avant les titres, il y a eu d’autres moments mémorables, quand nous étions le petit Poucet et que nous avions éliminé la Lazio Rome (1995) ou lorsque nous avions gagné sur la pelouse de l’Inter Milan de Ronaldo (1997).

Pour Guy Genet, le premier titre est exceptionnel

Le vestiaire le plus abattu ?

Après l’élimination contre le Werder Brême en 16èmes de finale de la Coupe de l’UEFA en 1999. Nous avions gagné 2-0 à Gerland et nous avons perdu 3-0 en Allemagne. J’en garde un souvenir catastrophique… Il y a bien sûr aussi toutes les défaites en finale : Metz (1996), Bordeaux (2007) ou encore Paris l’été dernier… Sans oublier le fameux « peno sur Nilmar» à Eindhoven en Ligue des Champions en 2005. J’ai vu des joueurs pleurer même si certains sont discrets dans ces moments-là…

La causerie qui vous a le plus marqué ?

Je ne me rappelle pas l’année, mais c’était avec Gérard Houllier lors d’un stage à Biarritz. Sa causerie avait été phénoménale. Tu sors de la pièce, tu as envie de grimper aux arbres ! Il avait une réelle faculté à donner une envie collective. Bruno Genesio excellait aussi dans les causeries.

Le joueur avec lequel vous avez eu le plus de liens ?

Grégory Coupet. C’est celui avec lequel j’ai eu le plus d’affinités, mais il y en a eu plein d’autres : Florian Maurice, Christophe Delmotte, Juninho, Claudio Caçapa… C’étaient des amis dans le boulot. Avant ma retraite, je n’avais en revanche plus qu’une relation professionnelle avec les joueurs. Il faut dire qu’il y a la différence d’âge : l’autre fois, j’étais avec Rayan Cherki, Melvin Bard et Maxence Caqueret et je leur faisais remarquer que j’étais plus âgé qu’eux trois réunis !

« Quand je suis arrivé chez les pros, la seule chose que j’avais à faire, c’était de la fermer ! »

Il paraît que les joueurs ignoraient souvent que vous avez été vous-même joueur à l’OL.

Oui et ce n’est pas dans mon tempérament de m’en vanter. Une fois qu’ils étaient au courant, leur regard changeait.

Le leader le plus impressionnant que vous avez observé ?

Il y a plusieurs types de leaders. D’abord le leader de terrain comme Juninho. Il disait peu de choses, car il était très concentré avant un match. Mais, sur le terrain, il tirait tout le monde derrière lui. Avec ou sans lui, ce n’était pas pareil. C’était comme le Barça sans Messi ou la France sans Platini ou sans Zidane. Et puis il y avait les leaders de vestiaire, les mecs qui se faisaient respecter : Alain Caveglia, Christophe Delmotte, Florent Laville… Aujourd’hui, il n’y a plus de leader.

Vous voulez dire en général ou est-ce propre à l’OL ?

En général. Aujourd’hui, de toutes façons, on ne peut plus rien dire aux jeunes. Moi, quand je suis arrivé chez les pros, la seule chose que j’avais à faire, c’était de la fermer ! Maintenant, mais c’est peut-être une force supplémentaire, les jeunes ont tout de suite une grande assurance, ce qui explique qu’il n’y ait plus de réels leaders de vestiaire.

Le rapport avec les jeunes a changé dans le foot selon Guy Genet

Le téléphone a-t-il aussi beaucoup modifié les comportements dans les vestiaires ?

Les téléphones, les casques… Mais, attention, il n’y a pas que les jeunes ! A la limite, eux ne voient pas le problème car ils sont quasiment nés avec ! Le téléphone est là, scotché à la main dont il est le prolongement !

La plus grosse engueulade à laquelle vous avez assisté ?

Dans le couloir de Gerland entre Pascal Olmeta et Jean-Luc Sassus (en 1996, le gardien avait asséné un coup de boule à son coéquipier, Ndlr). Cela s’était d’ailleurs terminé par le licenciement de Pascal Olmeta.

L’anecdote de vestiaire que vous pouvez maintenant raconter ?

Il n’y a rien qui me revient spontanément… Tout le monde connaît l’histoire des joueurs grimés en bleu-blanc-rouge pour fêter un titre sur le terrain dans un derby. J’étais contre car je considérais déjà à l’époque cela comme un manque de respect. Mais les gars avaient assumé sur la pelouse. Sinon, il m’arrivait de faire quelques blagues en préparant les équipements, comme à Grégory Coupet à qui j’avais parfois préparé des gants de vaisselle au lieu de ses traditionnels gants de gardien !

Enfin, on imagine que cela ne vous manque pas de ne plus jouer les intermédiaires pour faire signer des maillots !

(Sourire) En effet ! Au bout d’un moment, tu ne dis même plus « bonjour », tu dis « qu’est-ce que tu veux ? ». J’avais dit que je compterai mes amis sur les doigts des mains le jour où j’arrêterai. Eh bien, je me suis déjà coupé deux doigts !

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