vendredi 21 juin 2024

Hand féminin : Brest se prend-il pour ce qu’il n’est pas ?

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Avec des résultats en dents de scie, les Brestoises ont déçu la saison passée. L’heure est à la révolte pour faire tomber Metz de son piédestal.

Les Rebelles n’ont pas eu assez de mordant la saison écoulée. Lors de la phase régulière de championnat (5 défaites), elles ont été largement dominées par Metz. En Ligue des Champions, les Brestoises sont sorties par la petite porte en 8èmes de finale face à une équipe de Esbjerg bien plus réaliste (25-28, 2427). L’ailière gauche Coralie Lassource dresse le bilan :

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« On ne va pas vouloir reproduire la même saison. Elle a été très dure, notamment au niveau des résultats et sur le plan mental. Cela a été compliqué à vivre de subir autant d’échecs en championnat. Il aurait été préférable de pouvoir finir aussi dans de meilleures conditions en phase de poules de Ligue des Champions. Cela nous aurait alors permis d’avoir un 8ème peut-être un peu plus abordable. »

Brest et Metz une nouvelle rivalité

« En Coupe de France, on a perdu contre Metz à domicile (23-24, Ndlr) en demi. Bref, on a vécu deux dernières saisons blanches. On aimerait décrocher au moins un titre. Désormais, on a une nouvelle équipe. Il va y avoir de nouvelles joueuses. Il va falloir un certain temps pour mettre toutes les qualités en valeur chez chacune d’entre nous ».

Après un superbe titre de championnes de France décroché en 2021, neuf ans après celui de 2012, on en est à se demander si ce couronnement n’a pas été un sacre trop lourd à supporter :

« En 2021 et 2022, on a eu deux équipes bien différentes. On avait beaucoup de joueuses d’expérience. Des jeunes sont arrivées qui en avaient logiquement moins. Il y a eu aussi un changement de coach avec pas mal de changements au sein du club. Il a donc fallu un temps d’adaptation. On a malgré tout été en finale de championnat l’année d’après (vice-championnes de France en 2022, Ndlr). Ce n’était pas si mal ! Après, quand on gagne un titre surtout moi qui a attendu très longtemps (Coralie Lassource a été vice-championne de France en 2012, 2014 et 2015 et 2022, Ndlr), on a envie que cela continue. On a toujours soif de victoires et de titres ! ».

L’entraîneur brestois Pablo Morel revient sur les manquements au cours de l’exercice précédent :

« Le constat a été assez clair. Le premier est d’homogénéiser un peu plus cette équipe. Il faut davantage trouver cet équilibre de l’autre côté du terrain, mais aussi en termes de dynamique de groupe, capable de jouer davantage ensemble. Parfois, c’était un peu chacune de son côté, en attaque ou en défense. Ce n’était pas assez soudé. Le deuxième élément en est la conséquence. Il faut parvenir à être plus régulier. On a fait de très belles performances, mais aussi des contre-performances. Celles-ci nous ont privés du parcours qu’on aurait espéré en fin de saison ».

« On doit jouer plus en équipe »

Sauf que l’effectif breton va être pas mal chamboulé à l’attaque de cette nouvelle saison : « Il y a au moins six nouvelles arrivées, insiste Morel. Cela fait pas mal de changements et met du temps à la performance. Cela se construit dans la durée tout comme les équilibres. A nous d’arriver à générer de la performance dès le début de saison et de progresser tout au long. On doit mettre encore plus d’énergie pour être prêt de suite ».

L’ambition de Brest en dépit de certains hauts et bas demeure très forte. Le coach ne se cache pas : « Sur le territoire français, l’objectif est d’être championnes de France et de ramener des titres comme la Coupe de France. Quand on est Brest, il faut garder cette ambition intacte. En Ligue des Champions le but est de s’installer durablement dans le top 8. Cela avait été le cas durant les trois années précédentes. »

« L’an dernier, on est retombé dans le top 12. C’est certainement lié à un manque de régularité en phase de poules. En 8èmes, on a fait deux très bons matches contre Esbjerg, mais on n’a pas su retrouver ce top 8. La volonté est de s’y stabiliser. Plus on y parviendra, plus le chemin vers le Final Four se rapprochera. On espère un jour gagner cette compétition. Avant, il faut s’ancrer dans le temps et avoir l’humilité de construire ».

Brest a du talent pour briller

Iva Mladenovska, jeune pépite macédonienne de 16 ans, devrait être au centre des attentions. La prodige, arrière droite internationale, débarque de Metalurg et s’est engagée pour quatre ans. Le recrutement au club est bien réfléchi. « On a cette volonté d’attirer les meilleures françaises et étrangères, capables de faire gagner le club en championnat et en Ligue des Champions. On veut aussi faire émerger les jeunes issues du centre de formation et du territoire breton. Mais également avoir un œil sur les pépites européennes. Iva en fait partie. On a eu la chance de l’avoir scoutée depuis un moment. Elle a un énorme talent. Elle est très jeune. »

« On va mettre en place autour d’elle un accompagnement physique, mental, technique au quotidien et au contact du groupe pro. Il faudra néanmoins s’armer de patience pour la faire mûrir. Pour le reste, on espère améliorer la logique tactique et technique, les compétences du très haut niveau, et toujours être dans cette quête de l’équilibre entre les joueuses capables de jouer des deux côtés, entre défense et jeu rapide, un peu déficitaires l’an dernier. »

« Autre point essentiel impulsé par le président, on recrute des joueuses qui veulent vraiment venir. C’est si important dans l’enthousiasme et la performance. Enfin, les équipes qui gagnent sont celles qui sont les plus soudées. On a donc regardé les personnes qui pourraient le mieux s’associer ».

Si toutes les pièces du puzzle s’assemblent parfaitement, nul doute que Brest va demeurer plus qu’une menace à l’échelle nationale et européenne la prochaine saison histoire de décrocher un 3ème titre de champion de France après ceux de 2012 et 2021.

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