samedi 13 juillet 2024

Handball féminin : Mérignac ne veut pas mourir

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Après un été très mouvementé, le club de Nouvelle-Aquitaine signe des performances inattendues. Mérignac possède un budget minime et quelques incertitudes…

Avec deux matches en moins à rattraper (contre Besançon et Brest), les Foudroyantes et leur bel esprit de révolte cognent à la porte du top 10. De quoi réjouir le président Alexandre Zaug :

« On est plutôt satisfaits des résultats. On a revu un peu l’effectif en profondeur l’année dernière. On s’attendait à une montée en puissance progressive et potentiellement à un début d’exercice plus délicat. Le classement reste d’autant plus dur à lire quand on sait qu’on a deux matches de retard. On dispose d’un effectif qui roule bien. La marge de progression est là. On démarre mieux que ce qu’on pouvait penser. On pouvait s’attendre à pire. »

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Et comment ! Rétrogradé en deuxième division, le club girondin a finalement été repêché dans l’élite du handball féminin français alors que le championnat avait débuté !

Mérignac relégué puis repêché après le début du championnat

« Cet été, l’incertitude a pesé. C’était dans toutes les têtes. On demeurait dans l’attente des procédures d’appel des clubs qui ont été refoulés de la première division (dont Celles-sur-Belle, Ndlr). La nôtre a été retardée d’autant qu’elle était la conséquence du résultat final du dossier de Celles. Mais tant l’équipe dirigeante que le staff sportif, on restait dans un objectif de première division. On a fait tout ce qu’il fallait pour que le club puisse aborder la saison en première division. »

« Que ce soit Christophe (Chagnard l’entraîneur, Ndlr), le staff et les filles, tout le monde s’est préparé dans cette perspective. Si on avait dû jouer en 2ème division, on aurait cherché à remonter en figurant dans le haut de tableau. Néanmoins, le tout début de saison a été dur à vivre. O na vu les championnats démarrer sans nous. Ni en 1ère, ni en 2ème division. Ce statu quo ubuesque a duré une semaine environ entre fin août et début septembre. On a éprouvé des émotions diverses et variées. »

« On a vu les championnats démarrer sans nous… »

Malgré ces nombreuses turpitudes, le club a activé en amont un levier essentiel qui porte ses fruits aujourd’hui : « Courant de la saison dernière, on a activé la machine du centre de formation pour récupérer des profils intéressants, explique le président de Mérignac. »

« On leur propose du temps de jeu. Désormais, on présente un effectif très jeune. Pour beaucoup, elles ont sauté dans le grand bain de la première division. Néanmoins on a quand même conservé quelques cadres aussi (Dazet, Lignières…, Ndlr). »

Dans le top 4-top 5 des derniers budgets de la Ligue, avec un budget environ six fois plus petit que celui de Brest, avec 1,1 M€, le MHB fait avec les moyens du bord :

« On a bien conscience du niveau de recettes qu’on peut avoir aujourd’hui. La saison post-Covid nous a fait énormément de torts. On a subi une érosion de recettes qu’on n’a pas su compenser. Au niveau des dépenses, on avait pas mal de joueuses sous contrat, donc peu de leviers pour rééquilibrer la balance. Aujourd’hui, avec le jeu des fins de contrats et le centre de formation qui a pris beaucoup d’ampleur, on a pu redresser la barre au niveau des dépenses. Du coup, on est plus sereins. »

1,1 million de budget pour le club de Nouvelle-Aquitaine

« Si on ne l’avait pas fait financièrement parlant, en respectant nos engagements, on nous aurait fermé la porte ce qui aurait été normal. On demeure dans le timing. On a une belle année à faire. Le fait qu’on ait eu la possibilité bien plus grande qu’il y a deux ans, de revoir et de restructurer la dépense dont notamment la masse salariale, nous permet maintenant d’être plus en phase avec les potentielles recettes. »

« J’aimerais marteler que le secteur est totalement reparti, mais ce n’est pas totalement vrai. Il y a eu des catastrophes de clubs la saison dernière. Et tout récemment une autre (le club de Villeurbanne en ProLigue en grande difficulté financière a fini par jeter l’éponge, Ndlr). Sans oublier Bordeaux chez les garçons qui a dû aussi arrêter l’histoire l’an dernier. C’est difficile en ce moment…. »

Mais qui l’eut cru ? A Mérignac, le mot maintien est loin d’être tabou. Bien sûr, le chemin est encore long, mais le potentiel et l’envie sont là :

« Encore plus que d’habitude, le maintien se jouera sur l’engagement que vont mettre nos joueuses. Par rapport à d’autres groupes, on manque d’expérience. Le nôtre est plus jeune que la moyenne. Après ce bon début de saison, le staff parvient à bien laisser les joueuses en tension. Il faudra aller gratter des points à droite et à gauche pour se mettre à l’abri le plus vite possible. On est encore loin d’être tranquille. » Certes, mais bien plus que fin août quand Mérignac s’apprêtait à combattre en Division 2…

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