jeudi 23 septembre 2021

Handball : Nicolas Minne et Yvan Gérard, une affaire de familles…

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Jean-Marc Azzola
Journaliste

Frères respectivement d’Aymeric Minne (Nantes) et Vincent Gérard (PSG), Nicolas (25 ans), arrière gauche de Sélestat, et Yvan (32 ans), ailier gauche de Strasbourg, tracent leur sillon dans l’ombre de leurs célèbres frères.

Quel regard portez-vous sur la carrière de votre illustre frère ?

Nicolas Minne : Je suis très heureux et fier pour lui. C’est un rêve qu’on avait depuis petits. Il a su le réaliser assez vite. Il a montré l’étendue de son potentiel quand il le fallait. Sa première sélection en Bleu n’est pas volée. Il travaille beaucoup depuis tout jeune.

Yvan Gérard : Je suis heureux de la carrière qu’il réalise. J’espère qu’il gagnera la Ligue des Champions cette fois avec le PSG ainsi que de nouveaux titres avec l’équipe de France. Mais il a déjà une carrière accomplie.

Quelles sont les qualités que vous lui enviez ?

N.M. : Je ne sais pas. J’ai du mal à me comparer à lui et je n’ai pas envie de le faire. Trop de gens l’ont fait par le passé. Je ne me considère pas en concurrence avec lui. On n’est pas du tout en rivalité. Je sais que mon frère est aussi fier de moi.


Y.G. : C’est compliqué à dire car il est gardien et moi non. Mais il a une grande connaissance de tous les tireurs. Il a une grande capacité de lecture et d’analyse sur les tirs de loin. Après, je suis ailier. Je suis meilleur tireur à l’aile que lui (sourire). Et peut-être même meilleur défenseur. Mais nos rôles sont difficilement comparables. Être gardien est un sport à part dans le hand.

Nicolas Minne : « Je sais que mon frère est aussi fier de moi »

Que vous a-t-il manqué pour accomplir une carrière similaire à la sienne ?

N.M. : De prendre conscience de la charge de travail à fournir et de l’implication à avoir, plus tôt. Aymeric a toujours été comme cela depuis tout jeune, dans le hand comme dans les études. Il a vite compris que, même avec du talent, il fallait travailler pour atteindre ses objectifs. Moi, malheureusement, j’ai mis plus de temps à l’assimiler. C’est la grosse différence entre nous deux.

Y.G. : Je suis heureux de ma carrière. Tout le monde ne peut pas être en équipe de France. Je suis fier d’avoir joué des années en première division. Après, il y avait des joueurs meilleurs que moi à mon poste. Guigou est là depuis environ 20 ans. Mais je suis content de la carrière que je continue à faire.

Le parcours de votre frère vous surprend-il ?

N.M. : Pas du tout. Depuis tout jeune il a été surclassé et au-dessus du lot.

Y.G. : Non. Sa progression a été constante depuis son premier contrat pro à Montpellier Il n’en avait pas signé un autre dans la foulée, mais il était allé chercher du temps de jeu à Istres. Puis il est monté d’un cran à Dunkerque, à Montpellier et désormais au PSG.

Sa renommée vous a-t-elle plutôt servi ou desservi ?

N.M. : Ni l’un ni l’autre. Quand on parle de moi actuellement, on ne parle pas du frère d’Aymeric, mais du joueur que je suis et ce que je démontre sur mes matches. Personnellement, je suis actuellement le meilleur buteur de la Proligue.

Y.G. : Ni l’un ni l’autre. Je ne pense pas qu’un club m’a recruté car j’étais le frère de Vincent Gérard. Et qu’un club ne m’a pas recruté car j’étais le frère de Vincent Gérard. On est deux personnes distinctes.

Yvan : « Je ne pense pas qu’un club m’a recruté car j’étais le frère de Vincent Gérard »

Quelle relation entretenez-vous et quels conseils vous donne-t-il ?

N.M. : On s’entend très bien. On est souvent en contact. On ne se conseille pas trop au niveau du jeu. Lui comme moi, on sait ce qu’on a à faire. Mais on s’encourage et on se soutient.

Y.G. : C’est difficile de se donner des conseils car nos postes sont différents. Mais on parle beaucoup de hand et d’autre chose. Je ne me vois pas lui dire, « quand tu as l’arrière gauche de Kiel qui réagit comme cela,fais cela ».Je ne suis pas son conseiller et inversement.

Avez-vous déjà joué dans la même équipe ?

N.M. : Oui dans notre club formateur à Tournefeuille. On avait fait un an en U18. On se trouvait très bien, on était compatibles, même si on n’a pas exactement le même profil et gabarit. Mais on a la même vision du hand. De jouer avec et même contre mon frère serait super. C’est l’objectif que j’ai affiché pour l’an prochain. Je suis en fin de contrat. Je veux arriver en Starligue l’année prochaine. Tout le monde au club (Sélestat) le sait. Que ce soit avec ou contre mon frère…

Y.G. : On a joué ensemble à Metz en deuxième division il y a une quinzaine d’années. C’était une période sympa. Cela n’avait rien à voir avec le hand de maintenant. La première fois qu’on a joué l’un contre l’autre c’était un événement. Cela fait un an et demi que ce n’est plus le cas. Je ne sais pas si on aura l’occasion de jouer l’un contre l’autre. Mais nos affrontements demeuraient de bons moments.

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