dimanche 23 juin 2024

Hervé Revelli : « Pascal Dupraz a apporté quelque chose en plus »

Lorient - Saint-Etienne (21h)

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La 18ème saison des Verts depuis leur retour dans l’élite en 2004 avait tellement mal commencé que la perspective d’une descente, 21 ans après la dernière, plane toujours au-dessus de Geoffroy-Guichard. Jamais l’ASSE n’avait été aussi proche d’une (re) chute. Jusqu’à l’arrivée de Dupraz…

Il aura donc fallu attendre la 13ème journée, une éternité, pour voir la première victoire des joueurs de Claude Puel cette saison en championnat. Une victoire de fou, face à Clermont, après avoir été menés 0-2 jusqu’à la 78ème et avoir marqué trois buts en dix minutes.

Une victoire largement inspirée par un coaching gagnant, Nordin étant à l’origine des trois buts (1 but et 2 passes décisives) après avoir replacé Youssouf à la 68ème.

Malgré un deuxième succès d’affilée à Troyes, le vers était dans le fruit, la lourde défaite à domicile face à Rennes (05, 17ème journée) scellait le sort de Puel. Un nouveau cycle pouvait débuter que Pascal Dupraz, le sauveur du TFC en 2016, devait incarner.

Appelé par un président délégué qui avait été le témoin de son miraculeux sauvetage toulousain, le Savoyard a rapidement pris ses marques pour un premier succès à Angers, et une série de sept matches seulement ternie par une défaite au Parc des Princes (1-3).

Dupraz, un spécialiste des missions de maintien

« Quand elle perd deux fois à domicile (Lens, 1-2 et Nantes 0-1, Ndlr), on sent qu’il ne manque pas grand-chose à cette équipe, insiste l’ancienne gloire stéphanoise, toujours présente en tribunes, Hervé Revelli. Dupraz a apporté quelque chose de plus, un élan qu’il a réussi à transmettre à ses joueurs. Beaucoup sont jeunes, ils bénéficient aussi du retour en forme de quelques cadres qui étaient blessés ou en méforme. »  

Avec Khazri, Hamouma, Boudebouz, Nordin ou Bouanga revenus à leur meilleur niveau (quand ils ne sont pas blessés, à l’image du Tunisien, absent à Lorient), l’ASSE n’a clairement plus la tête du condamné. « Je suis bluffé par la progression d’un joueur comme Bouanga, souligne l’ancien gardien stéphanois Jérôme Alonzo, et pas étonné par les perfs de Khazri qui tient le club sur ses épaules depuis trois ans, ni par tout ce que dégage de positif Bernardoni dans les buts. Thioub, Boudebouz, Sakho reviennent bien aussi ».  

Sans oublier les expérimentés Kolodziejczak (même s’il est passé au ravers contre l’OM), Mangala, Trauco, Gabriel Silva, Sako, ou les jeunes Nadé, Aouchiche, Moueffek ou Camara, symboles du renouveau stéphanois et promesses d’un printemps plus verdoyant. « En valeur absolue, cette équipe est largement capable de se maintenir, insiste Alonzo, et mentalement, on sent que les joueurs croient en leur coach, à son côté un peu irrationnel qui transpire jusque dans les vestiaires et sur le terrain. »  

« On sent des joueurs qui croient en leur coach »  

Entre la dimension quasi mystique du coach, le pragmatisme bienveillant du président délégué et la sage crédibilité du directeur sportif, le trio Dupraz-Soucasse-Perrin était en train de réussir un pari que d’aucuns pensaient perdu d’avance lorsque l’ASSE pointait en dernière position au soir de la 22ème journée et d’une défaite à Lyon avec quatre points de retard et deux matches de plus que le premier non relégable.

Loin d’être acquis, le maintien ne dépendait plus d’un miracle à aller chercher, davantage d’une méthode à développer, dans le sillage des nouveaux hommes forts d’un club qui reste toujours ouvert à une éventuelle vente.

Délesté de ses deux co-présidents, Bernard Caïazzo (qui vit désormais à Dubaï et n’a plus mis les pieds à Saint-Etienne depuis deux ans) et Roland Romeyer (dont l’influence sur la gestion quotidienne est quasi nulle), le club que les Français ont le plus aimé se reprend à envisager le court terme avec plus d’optimisme.

Et retient son souffle « pour ne pas être vendu au premier venu, conclue Hervé Revelli, parce qu’il ne faut pas que le club soit l’otage d’intérêts particuliers. »  Quand on pense qu’en fin d’année, il a failli tomber entre les mains du milliardaire russe Sergei Lomakin… on se réjouit de le voir aujourd’hui revitalisé par deux anciens joueurs du club et un entraîneur qui a toujours été son premier supporteur.

Tom Boissy

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