mardi 18 juin 2024

Ikoné à la Fiorentina pour prouver son talent

Fiorentina - Empoli (12h3

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Six mois après son départ du LOSC, « Jorko » Ikoné n’avait pas encore tout à fait trouvé ses marques avec la Viola. A 23 ans, ce premier défi à l’étranger peut lui permettre de changer de dimension et de retrouver un statut international abandonné en cours de route.

En décembre, alors qu’il faisait ses valises pour l’Italie, ses deux passes décisives qui offraient la victoire au LOSC sur la pelouse de Wolfsburg (3-1), et entrouvraient les portes des huitièmes de finale de la Ligue des Champions aux Dogues, sonnaient comme deux cadeaux de départ, histoire de raviver les regrets peut-être.

48 heures après avoir subi un cambriolage dans sa maison lilloise, Jonathan Ikoné laissait derrière lui bien davantage que des montres de luxe et un butin estimé à plus de 250 000 euros.

L’ancien joueur du PSG fermait une parenthèse enchantée qui avait débuté en juillet 2018, dans la foulée d’un prêt d’un an et demi à Montpellier qui lui avait permis de démontrer que s’il n’était pas forcément encore prêt pour espérer évoluer dans son club formateur, au milieu des stars de QSI, il l’était largement pour voler de ses propres ailes dans un autre contexte.

Ikoné laisse à Lille de bons souvenirs

Avant le Nord, l’Hérault aura été un tremplin. Depuis le Nord, le LOSC aura été le socle sur lequel il a pu bâtir sa carrière internationale. Champion de France en 2021, il n’avait pas attendu Galtier pour être appelé en équipe de France. A l’instar de tous ces Franciliens qui avaient quitté prématurément le PSG (Diaby, Coman, Maignan, Soumaré, Nkunku, Zagadou…), leur club formateur, lui aussi démontrait qu’il y avait une vie, pas forcément moins belle, ailleurs.

Le 7 septembre 2019, seulement un an après son changement de trajectoire, il entrait en jeu face à l’Albanie, trois autres sélections suivaient où, comme un symbole, il remplaçait à deux reprises Kingsley Coman.

Et c’est bien pour retrouver le goût des soirées internationales, plus jamais entrevues depuis, entendre de nouveau l’hymne national la gorge serrée, que l’autre enfant de Bondy a cédé aux avances de la Fiorentina cet hiver.

Et aussi, beaucoup, pour permettre au LOSC, avec les 15 M€ de transfert et les 15% prévus sur une éventuelle future plus-value, d’assainir ses comptes.

Même s’il revenait bien dans le sillage d’un coach, Gourvennec, qui avait réussi à le relancer, le moment semblait bien choisi pour saisir cette double opportunité, sportive et économique. Son arrivée dans l’effectif de la Vio

la lui offre un nouveau défi à relever, un cap supplémentaire à franchir. « Le jeu de Jorko lui offre la possibilité de faire de grosses différences en un contre un, analayse Jocelyn Gourvennec, par sa vitesse, son dynamisme, sa technique en mouvement.

Il a apporté énormément de choses au club après être monté en puissance à Paris, à Montpellier et être arrivé à maturité à Lille. Sa saison passée a été plus difficile mais, avant de partir, il avait retrouvé ses jambes, beaucoup de peps, un niveau de performance qui en fait un attaquant redoutable. »  

« Lui faire comprendre que marquer des buts est très important »  

Sauf qu’après 10 matches avec sa nouvelle équipe, il n’avait toujours pas réussi à marquer, malgré de nombreuses occasions. D’abord remplaçant, utilisé comme un joker de luxe par Vicenzo Italiano, un coach qui lui offre plus de temps de jeu depuis, sans qu’il parvienne encore à s’imposer vraiment, sur le côté droit d’une animation offensive délestée de sa star, Vlahovic, auteur de 20 buts lors de la première phase du championnat, avant de signer à la Juventus. Un coach qui attend aussi plus de lui :

« Ikoné s’intègre, grandit, mais je veux lui faire comprendre que marquer des buts est très important ! »  Avec Callejon, Piatek, Kokorin, Gonzalez, Cabral et Sotil, « Jorko »  est sinon en manque d’automatismes dans un 4-3-3 classique qui lui permet d’occuper son flanc droit, au moins en quête de cette confiance qu’il n’avait pas totalement retrouvée à Lille.

S’il ne doute pas qu’il parvienne à s’exprimer rapidement dans son nouvel environnement, Gourvennec met le doigt sur une des problématiques de son ancien joueur :

« Il a du mal à retrouver la régularité qui était la sienne et qui lui avait permis d’intégrer l’équipe de France. Quand les choses ne tournent pas comme il le souhaiterait, il doit faire preuve d’encore plus de détermination et être plus positif dans ce qu’il dégage sur le terrain. Son langage corporel n’est pas toujours à la hauteur, il doit progresser dans ce domaine. »

En prenant la succession de Ribéry, Ikoné s’inscrit dans une lignée de joueurs français qui ont marqué l’histoire de la Viola, de Frey à Veretout plus récemment, en passant par Laurini, Lafont, Eysseric, Théreau, Dabo, Diakité, Bochu, Lepiller, De Maio ou Koffi. Il est de loin celui qui a le potentiel pour y laisser la trace la plus profonde. A condition qu’il comprenne que « marquer des buts est très important ! »

L’info en plus sur Ikoné

En juin 2016, avant de signer son premier contrat pro avec le PSG, il est à deux doigts de s’engager avec la Juventus Turin. Repéré en Youth League, où les U19 du PSG parviennent en finale, Jonathan n’a que 17 ans et rêve de suivre l’exemple de Coman, parti à la Juve au même âge. Liverpool et Manchester City le pressent également… avant qu’il coupe court et s’engage
avec Paris pour trois ans.

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