mardi 27 février 2024

EXCLUSIF — Jacques Vendroux : « Je rêvais d’aligner Platini, Zidane, Pélé et Maradona dans la même équipe »

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Le Variétés Club de France, une équipe unique au monde racontée par Jacques Vendroux, un de ses fondateurs il y a 50 ans. 

Il ya 50 ans, Jacques Vendroux faisait partie d’une équipe de passionnés de football qui eut l’idée de créer le Variétés Club de France. Aujourd’hui, cette équipe qui rassemble des anciens sportifs professionnels (pas seulement dans le football) a joué environ 2400 matchs aux quatre coins de la France et de la planète.

Chaque prétexte (jubilés, inaugurations, évènements historiques…) est bon pour que ces anciens pros à la retraite et autres personnalités du monde sportif enfilent le maillot du VCF au profit d’associations caritatives et autres fondations humanitaires.

En attendant de fêter dignement l’anniversaire du premier match du VCF (le 1erseptembre 1971 à Suresnes), Jacques Vendroux est revenu pour nous sur ce club pas comme les autres qui sera à Colombey-les-deux-Eglises le 6 juin prochain, pour l’inauguration du premier stade Charles de Gaulle. Un événement qui lui tient particulièrement à cœur.

Le Variétés Club de France aura 50 ans cette année, l’occasion de mettre en avant ce club pas comme les autres…

Le Variétés joue tous les dimanches, avec des joueurs connus ou pas connus. Tous les dimanche on est sur les stades. Les grands stades, les petits stades, sous la pluie, la neige, le vent… Et ça dure depuis 1971.

« Le joueur du Variétés, il a fait une grande carrière, mais il a encore envie de rire et de jouer sérieusement, sans se prendre au sérieux »

Vous pouvez jouer dans un grand stade pour un jubilé devant des milliers de spectateurs, mais aussi dans un stade de campagne sous la pluie devant 40 personnes…

C’est notre tripe… Il y a des gens qui s’occupent des équipements, des partenaires qui nous suivent… On fait ça bien, quelque soit le match.

Pratiquement tous les plus grands joueurs français ont porté les couleurs du Variétés…

Aucun n’a jamais refusé de jouer avec nous. Ceux qu’on ne sentait pas, on ne les a pas sollicités…

Quels sont vos critères de sélection alors ?

Tu le sens… Tu sens si le joueur a l’état d’esprit pour jouer avec le Variétés. La manière dont il a fait sa carrière, la manière avec laquelle il a dirigé sa vie et la manière qu’il a de se comporter dans le vestiaire avec nous. 

C’est qui le profil type du joueur du Variétés ?

Le type il a fait une grande carrière, mais il a encore envie de rire et de jouer sérieusement, sans se prendre au sérieux. Que ce soit Platini, Larqué, Blanc, Zidane, Deschamps… ils sont venus avec une gentillesse, une disponibilité incroyable… Noah aussi, Gasquet, Piquionne…

Il ya des matchs ou des tournées qui vous ont particulièrement marqué ?

On a joué dans le monde entier. On a fait près de 100 tournées dans le monde entier, notamment au Groenland… 

Sur un Iceberg au Groenland, au Vatican et bientôt au Népal ?

En 2014, photo inoubliable prise sur un iceberg !
Un des matchs les plus incroyables joués par le Variétés au Groenland. Robert Pirès (à droite en noir) n’en revenait pas…

Vous devez en garder des souvenirs exceptionnels…

Au Groenland, on arrive au stade et tu as Robert Pires qui me dit : « j’ai été voir le stade, je ne l’ai pas trouvé ». Il n’y avait pas de stade ! Ils ont posé deux buts sur le sable et on a joué. Pirès me disait : « ils vont quand même le nettoyer ? ». Je lui ai dit, non, non, le stade c’est ça. Et on a fait un super match contre une sélection des Groenlandais. Après on a fait une photo sur un iceberg, ce qui est formellement interdit. Il pouvait se couper en deux…

Des matchs incroyables il y en a eu beaucoup…

Il y a eu le match en Palestine qui a été important. Il y a eu aussi un match important, c’est au Vatican. Ce jour-là on est pardonné de tous nos pêchés par Benoit XVI. Marius Trésor offre au Pape un maillot de Bordeaux champion de France (2009 avec Laurent Blanc), on lui offre aussi une bouteille de Cognac de l’année de sa naissance et Jean-Louis Triaud, le président des Girondins à l’époque lui offre une bouteille de Bordeaux de l’année de sa naissance. 

On a joué contre l’équipe des gardes suisses qui s’occupent de la sécurité du Pape, dans le stade de l’AS Roma. Quand on est arrivé dans le vestiaire, tout le monde voulait se mettre à la place de Francesco Totti. Finalement, on a mis Richard Gasquet.

Pour les 50 ans, vous avez déjà prévu quelque chose ?

On y réfléchit, avec Michel Platini et Jean-Michel Larqué qui sont nos guides. Ce sera un truc hors-norme. Une destination qui sort de l’ordinaire. Parmi les joueurs du Variétés, beaucoup ont joué dans les plus grands stades du monde, maintenant ils recherchent des trucs qui sortent de l’ordinaire.

Le 6 juin, un match pas comme les autres à Colombey-les-deux-Eglises…

En attendant, il y a déjà un sacré événement qui attend le Variétés, c’est l’inauguration du stade Charles de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises, le 6 juin prochain…

Ils seront tous là, Lizarazu, Pirès, Karembeu, Platini, Rudi Garcia qui m’a donné son accord…

C’est un match qui doit vous toucher personnellement plus encore que les autres…

Historiquement c’est un des matchs les plus importants. A titre personnel c’est très important. Il ne faut pas oublier que mon grand-père était le frère d’Yvonne Vendroux qui a épousé le général de Gaulle. Je me sens doublement concerné. Si je suis devenu ce que je suis devenu, modestement, c’est un peu grâce au général et grâce à mon père. Je suis un peu un pistonné de la 5èmeRépublique (sourire). Donc je leur dois quelque chose.

D’ailleurs vous êtes vous même à l’origine de cet événement…

C’est vrai que j’ai téléphoné au maire de Colombey que je connais très bien et je lui ai dit : « le général il a tout, un aéroport, la plus belle place de Paris, des rues… Mais il n’a pas de stade à son nom ».Le soir même il réunissait son conseil municipal, il a l’accord, il demande l’autorisation à Yves de Gaulle qui gère un peu les intérêts de la famille, et il donne son accord toute de suite. Après avoir envisagé le 11 novembre, date repoussée en raison de la crise sanitaire, nous avons choisi le 6 juin, qui comme tout le monde le sait est la date du premier débarquement en Normandie. Une date extrêmement symbolique.

Et comme vous en avez pris l’habitude, les bénéfices seront reversés à une association non lucrative…

Tous les bénéfices iront à la fondation Anne de Gaulle. Il faut savoir que le général de Gaulle avait trois enfants. Deux filles et un garçon. Un garçon qui était amiral, Elisabeth et Anne, qui était trisomique et qui est morte à 20 ans. Ça a été le drame de sa vie. Il a créé une fondation dans les années 40… Et durant toute sa vie, il a donné une partie des ses revenues à cette fondation.

« J’ai envie d’aller au Népal, en Sibérie, en Alaska… »

Il y a encore des matchs, des tournées que vous avez envie de faire ?

J’aimerai retourner au Vatican, aller jouer au Népal, au Tibet… Faire des matchs qui sortent vraiment de l’ordinaire. J’ai envie d’aller en Sibérie, en Alaska… 

Toujours envie de voyager et de découvrir d’autres stades… Vous devez vous sentir prisonnier en ce moment ?

Comme tout le monde, on subit. C’est une année de merde, alors on attend…

Vous avez un regret ?

Il y a une dizaine d’années, je rêvais de réunir Platini, Zidane, Maradona et Pelé. De les faire jouer dans la même équipe. Malheureusement, je ne pourrais jamais le faire…

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