lundi 15 juillet 2024

« J’ai adoré Susic, Ricardo et Ginola, mais aussi Ibra et Neymar, suis-je un vrai supporter du PSG ? » 

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LA CHRONIQUE DE FRANCK JEREMY

Peut-on aimer Neymar, dénoncer les sifflets contre Messi, être heureux de voir Mbappé rester encore un an, et être un vrai supporter du PSG ? C’est l’objet de la première chronique de Franck Jérémy*.

Du plus loin que je me souvienne, mon amour pour le PSG remonte à la saison 1981/1982, conclue par le premier titre du club de la capitale : la Coupe de France, remportée aux tirs au but face aux Verts de Michel Platini.

J’avais 16 ans. Cet instant magique m’a permis d’identifier mon amour pour le club de la capitale, moi le Parisien pure souche. Avant, comme toute la France, j’avais vibré pour les Verts. Sans doute que les transferts de Dominique Rocheteau et Dominique Bathenay à Paris, ont contribué à développer mon amour pour le club de ma ville.

De Rocheteau à Mbappé, en passant par Susic, Pauleta, Ginola, Neymar et Ibrahimovic,

Depuis, j’ai toujours suivi le PSG, en me rendant souvent au Parc des Princes, avec les copains. Mais pas dans le Kop (sauf en de rares exceptions). A l’époque, pas de twitter, pas dix chaines de télévision ou de radio pour décortiquer les matchs. Pas même de Facebook. Pas assez de passion peut-être non plus, pour parler, et analyser à longueur de temps les performances des uns et des autres.

Ma passion pour le PSG a vécu au fil des années à travers les images que me renvoyaient le club. Rocheteau, Bathenay, Susic, Ricardo, Raï, Weah, Fernandez, Roche, Bravo, Ginola, Valdo, Anelka, Ronaldinho, Pauleta, Hoarau, Menez, Lucas Moura, Verratti, Thiago Motta, Thiago Silva, Ibrahimovic, Lavezzi, Cavani, Matuidi, Neymar, Mbappé, Messi… Entre temps, j’ai aussi beaucoup aimé Waddle, Giresse, Platini, Cantona, Blanc, Barthez, et d’autres encore… Quitte même parfois à applaudir leurs clubs.

« Le club, l’institution, est au dessus des joueurs », alors pourquoi envahir les pelouses et craquer des fumigènes ?

Aujourd’hui, j’ai 59 ans et quand je passe une demi-heure sur les réseaux sociaux, je me demande si je suis un vrai supporter. Si j’ai le droit d’aimer le PSG. D’être triste de voir partir Neymar.

« Le club, l’institution, est au dessus des joueurs », essaye-t-on de faire entrer dans mon crâne.  Pourtant, ça fait 41 ans que je supporte le PSG. Y compris celui d’Amara Diane, qui arrachait son maintien à Sochaux, lors de la dernière journée en 2008. Mais, je n’ai pas honte de dire que je l’aimais un peu moins fort que celui de Raï et Ginola, ou celui d’Ibrahimovic et Cavani.

Alors, c’est quoi la définition d’un supporter ? A ceux qui me disent que c’est mettre le club par dessus tout, je leur renvoie la question : pourquoi alors envahir des pelouses, faire craquer des fumigènes, se bagarrer dans les tribunes… au risque de pénaliser le club, comme on l’a vu avec les Niçois, les Stéphanois ou les Bordelais dernièrement (liste non exhaustive).

Dans le Larousse, la définition du supporter est : « personne qui encourage une équipe ». Rien ne précise les raisons profondes qui nous poussent à la soutenir. Le charisme des joueurs, les combats sportifs (gagnés ou perdus), la beauté du jeu, une émotion particulière… C’est une somme d’ingrédients qui, à plus ou moins d’importance,  nous fait rester accrochés derrière un club.

Personnellement, j’ai adoré voir Neymar jouer pour le PSG, j’ai été fier de compter Lionel Messi parmi les joueurs de mon club. J’ai aussi beaucoup aimé « les tacles debout » de Paul Le Guen, la rigueur de Ricardo ou Thiago Silva, l’impertinence footballistique de Zlatan.

Il y a des dizaines de raisons pour aimer un club

Sur les trois dernières saisons (ma mémoire en est certaine), j’ai dû manquer seulement deux matchs sur plus de 150 joués par le PSG (y compris PSG – Le Havre et les matchs au Japon, lors de la préparation). Mais cela ne m’empêche pas de prendre plus de plaisir devant ma télé, quand il y avait mes joueurs préférés sur le terrain.

Je ne suis jamais allé accueillir un joueur à l’aéroport, mais j’ai passé des nuits presque blanches en 2017 pour le tenir au courant du transfert de Neymar, j’ai eu du mal à voir Luis Fernandez sous le maillot du Racing Paris et j’aime regarder, dans les conditions du direct, le but du 2-2, inscrit par Edinson Cavani au Vélodrome, dans les dernières secondes du match. Un de mes plus beaux souvenir reste le match d’adieu de Raï au Parc, voir le Brésilien en larmes saluer les supporters qui chantent à sa gloire.

A la réponse : « Suis-je un supporter du PSG ? », ma réponse est OUI. « Suis-je un VRAI supporter ? », ma réponse est encore OUI. Il n’y a pas de vrai ou de faux supporters. Il y a des dizaines de raisons pour aimer un club. Comme en amour, le temps vous met simplement à l’épreuve.

*Né à Paris, en 1964, Franck Jérémy suit le PSG depuis son adolescence. Il porte un regard différent sur le monde du foot, et en particulier sur son club de coeur, dont il a suivi l’histoire de très près.

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