vendredi 14 juin 2024

Jean-Pierre Danguillaume : « J’aime bien le petit Gaudu »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

À 75 ans, Jean-Pierre Danguillaume fidèle équipier de Thévenet, vainqueur de 7 étapes du Tour de France, reste un observateur privilégié d’un cyclisme qu’il ne reconnait plus, mais pour lequel il est toujours prêt à s’enflammer. Il a accordé un entretien au Quotidien du Sport et au Sport Vélo.

Que devenez-vous ?

Je suis encore quelques épreuves cyclistes en tant que consultant pour une société de nettoyage, chez moi en Touraine, dans le Limousin aussi. Sinon, je suis très occupé en ce moment, c’est l’ouverture de la chasse (rires) ! Je me prépare pour être au niveau de mes compagnons de sortie Christophe Moreau, Gilbert Duclos-Lassalle ou Bernard Hinault. Tous ensemble, on ne manque jamais une occasion de se retrouver autour d’une bonne table du côté de Saint-Aignan.

Depuis quand avez-vous arrêté toute activité dans le cyclisme ?

J’ai arrêté en 1984 après avoir été directeur sportif pendant cinq ans de Miko-Mercier-Vivagel puis de Coop-MercierMavic devenu Coop-Hoonved.

Qu’avez-vous fait ensuite ?

J’ai travaillé 19 ans chez Coca-cola, dans l’événementiel. Dans ce rôle de responsable terrain, j’ai tout fait : Paris-Dakar, les JO d’Albertville et d’Atlanta, la Coupe Davis, la Coupe du Monde 1998, le championnat du monde d’athlétisme en 2003.

Je ne me suis pas économisé, mais qu’est-ce que je me suis régalé de vivre de l’intérieur ces grands événements. Je ne vous parle même pas du Tour de France où Coca Cola était partenaire officiel. En tout, coureur, directeur sportif ou partenaire, j’ai fait 42 Tours, les derniers comme consultant chez ASO en 2012. De 1970, mon premier, à 2012, mon dernier, je n’en ai manqué aucun !

Le Tour, c’est votre vie ?

Oui, j’ai toujours adoré l’ambiance, l’atmosphère qu’il y avait, les copains… Même si le cyclisme a beaucoup changé, j’adore encore le regarder. Cet été, je me suis régalé devant ma télé. L’après-midi, il ne fallait pas venir m’em…

Le Tour de France, c’est une sacrée ambiance

N’êtes-vous pas nostalgique ?

Tout évolue. Avec les anciens, on regarde ça avec beaucoup de bienveillance parce qu’on sait la difficulté de ce sport. On essaie de ne pas trop critiquer. De temps en temps, je m’énerve un peu devant des échappés qui se font reprendre à 10 bornes de l’arrivée, mais c’est le vélo d’aujourd’hui…

… avec cette nouvelle génération de jeunes coureurs qui cassent les codes !

Ils ont vraiment un gros potentiel, les Français y compris qui se battent avec les meilleurs. On a quand même un champion du monde même si on attend encore un potentiel vainqueur du Tour. On est toujours présent dans le Top 10 des trois grands Tours, grâce à des équipes françaises de plus en plus pros et compétitives qui savent qu’elles ont quelques profils de 20-23 ans très prometteurs.

Lesquels ont votre préférence ?

[ 80 ] CYCLISME MAGAZINE N°14 © KBLB_ACT

J’aime bien le petit Gaudu, Latour ou Démare qui doivent continuer à monter en puissance pour aller plus haut. J’ai entendu parler de Champoussin, mais j’avoue ne pas bien le connaître.

Lequel vous ressemble le plus ?

Je pourrais dire Chavanel ou Voeckler pour leur vista. En même temps, il est difficile de comparer car le déroulement des courses a beaucoup changé. Aujourd’hui, on ne me laisserait pas partir dans les échappées, je ne pourrais pas gagner sept étapes. Les équipiers restent au service de leurs leaders jusqu’au bout.

« A notre époque, pour gagner sa vie, il fallait gagner des courses »

Ce n’était pas le cas à votre époque ?

Il fallait faire le boulot pour Thévenet, bien sûr, mais nous avions aussi des autorisations de sortie de temps en temps. Il fallait bien gagner sa croûte. Si on m’avait donné 30 000 euros pour rester dans les roues, comme aujourd’hui, je l’aurais fait. Sans problème. Mais pour gagner correctement sa vie, il fallait gagner quelques courses.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de coureur ?

Mes deux victoires d’affilée dans le Tourmalet en 1974, qui me permettent de faire mon meilleur classement sur le Tour (13ème). 1974 fut certainement ma meilleure année, où je gagne aussi le Midi Libre, avant de terminer 7ème de la Vuelta. En 1977, je remets ça sur le Tour en gagnant deux étapes et allant aussi chercher de belles victoires.

Des regrets ?

Aucun. Quand j’ai arrêté, à 33 ans, j’avais l’opportunité d’assurer ma reconversion donc je n’ai pas hésité.

Quels coureurs vous ont le plus impressionné pendant vos 18 ans de carrière ?

Je ne vais pas être original : Merckx, Hinault, Gimondi et Bernard (Thévenet) évidemment. Mais c’était un autre cyclisme. Lorsque Indurain a régné sur le Tour, c’était déjà différent. Il était beaucoup moins spectaculaire que ses prédécesseurs, plus dans la gestion.

Et Armstrong, qu’en pensez-vous ?

Il a gagné le Tour et n’est-ce pas ce qui compte au final en sachant qu’à cette époque tout le monde ou presque prenait de l’EPO ! De cette époque, j’aimais beaucoup le tempérament de Virenque.

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