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Jean-René Bernaudeau : « Je préfère fabriquer plutôt que d’acheter »

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Après un Tour de France difficile pour son équipe TotalEnergies, Jean-René Bernaudeau, le manager général de la formation française, est revenu sur la Grande Boucle. Il a également évoqué l’avenir de son équipe avec notamment l’arrivée d’un certain… Peter Sagan.

Comment s’est passé votre Tour de France ?

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C’était un Tour difficile, les coureurs ont été à la hauteur, comme Anthony Turgis qui a été sur troisquatre étapes ciblées. C’était très compliqué avec le froid dans les Alpes. Mais, globalement, les coureurs ont été combatifs.

Votre équipe s’est surtout démarquée grâce à Pierre Latour et notamment en première semaine, que s’est-il passé par la suite ?

Pierre est en phase de reconstruction après trois accidents très graves avec deux fractures du poignet et il est pénalisé dans les descentes et notamment les descentes mouillées. Il faut qu’il reprenne confiance. Il passe quand même en tête au Tourmalet. On fait un travail qui est compliqué pour oublier les moments difficiles. Après une chute, on garde une image dans les yeux qui va empêcher de bien descendre.

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Justement, il y a eu beaucoup de chutes lors de ce Tour de France, comment l’expliquez-vous ?

Il y a un monde flandrien et un monde qui prépare les objectifs pour le Tour de France. Les coureurs sur les tours flandriens ne se sont pas plaints et ne sont pas tombés à part Sagan et Ewan dans un sprint, mais ça c’est le problème des sprints.

« Les oreillettes nuisent au spectacle »

Que pensez-vous de l’usage des oreillettes ?

Je suis un des derniers à me prononcer officiellement contre. Ça permet aux coureurs qui sont forts, mais qui n’ont pas une lecture précise de la course de ralentir ou d’accélérer en fonction de ce qu’on leur dit. Les oreillettes ça nuit au spectacle et beaucoup à l’attractivité de la course. Ça impact la crédibilité de la course.

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Certains coureurs comme Van der Poel ont abandonné le Tour pour préparer les JO, ne trouvezvous pas ça choquant ?

Au début, il ne voulait pas faire le Tour de France, ce n’est pas lui qui me choque, c’est qu’on l’a forcé à le faire alors que lui ne voulait pas. Il a toujours dit qu’il préparait les Jeux Olympiques. On ne peut pas se permettre de faire ça. C’est comme Tim Merlier qui gagne une étape au Giro et abandonne parce qu’il est malade à priori, mais qui gagne huit jours après une course en Belgique ! Cette équipe a ce comportement, ce ne sont pas les coureurs, ce sont ses dirigeants.

On parle d’une arrivée de Peter Sagan chez TotalEnergies, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

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C’est une négociation compliquée, je ne peux pas vous en dire plus. Sagan a 31 ans, moi je ne fais pas de miracles, mais c’est quelqu’un qui a beaucoup d’envie.

Jean-René Bernaudeau croit en Sagan pour accéder au World Tour

Avec lui, visez-vous une place en World Tour ?

Le World Tour, c’est l’addition des trois années 2020-2021-2022. 2020 est fait, 2021 n’est pas encore finie et il faut faire un gros 2022. Il faut être dans les 18 meilleures en 2022 pour accéder au World Tour, on est à mi-parcours et il faut marquer des points. C’est vrai que Peter Sagan est un coureur qui marque des points.

A part Julian Alaphilippe, aucun Français n’a gagné d’étape sur ce Tour, de quoi encore interroger. Etes-vous d’accord avec ces critiques sur le niveau du cyclisme français ?

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Je ne suis pas du tout d’accord avec les gens qui ont des pseudos et qui parlent sur les réseaux sociaux. On dit que les Français ne peuvent pas gagner le Tour de France alors que Bardet et Pinot ont caressé l’espoir un jour de le gagner !

Si vous aviez carte blanche, quel coureur rêveriez-vous d’avoir ?

Je prendrais Pogacar. Mais moi je n’ai pas de rêve, je recrute ce que je peux recruter. Je ne rêve pas de coureurs, je veux juste faire ce que je peux faire avec ce que j’ai. Moi j’ai une histoire et je vais la continuer à ma façon. Je préfère fabriquer plutôt que d’acheter.

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J’ai Vendée U et on recrute des juniors et on veut faire un projet global pour aller chercher des talents, si Sagan nous rejoint cela peut produire de l’attractivité et faire venir des coureurs qui ont envie de nous rejoindre et des jeunes, voilà mon rêve. Moi je construis mon équipe pour la développer. Je suis en contact avec des coureurs pour faire du rendement.

Propos recueillis par Nathan Rayaume



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