mercredi 5 octobre 2022

Jean Stablinski, dans l’ombre de Merckx, Poulidor mais sacré palmarès

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Il n’est pas simple de sortir du lot lorsque l’on fait partie de la même génération que Jacques Anquetil, Eddy Merckx ou Raymond Poulidor. Malgré une forte concurrence, Jean Stablinski, champion du monde et de France la même année, en 1962, est parvenu à se construire un beau palmarès.

Jean Stablinski fait partie du cercle fermé des champions du monde français. En 1962, « Stab le nordiste » obtenait la récompense suprême à Salo en Italie rejoignant ainsi au palmarès Georges Speicher (1933), Antonin Magne (1936), Louison Bobet (1954) et André Darrigade (1959).

Par la suite, il aura comme successeur, Bernard Hinault (1980), Luc Leblanc (1994), Laurent Brochard (1997) et Julian Alaphilippe (2020). Ce titre est certainement le plus beau, mais pas le seul dans la carrière de ce coureur de devoir d’origine polonaise, né dans le Nord de la France où sa famille s’était installée quelques années plus tôt pour des raisons professionnelles, son père travaillant dans une Zinguerie.

Venu au cyclisme par hasard et contre l’avis de sa mère, il montre rapidement qu’il a eu raison de lui désobéir. Dès ses débuts professionnels en 1952, il fait preuve d’un tempérament offensif comme sur sa première course à Paris-Tours où il a le cran de s’échapper seul pendant plusieurs kilomètres avant de finir avec le groupe de tête :

« Il n’était pas attentiste. C’est pour cela qu’il a rapidement gagné le cœur des gens. Il avait un grand cœur et était efficace sur plusieurs terrains » se remémore Jean-Paul Ollivier.

Jean Stablinski : Quadruple champion de France en 1960, 1962, 1963 et 1964

Champion de France en 1960, 1962, 1963 et 1964, vainqueur du Tour d’Espagne en 1958, Jean Stablinski qui a également remporté douze étapes dans les trois grands Tours (cinq étapes sur le Tour de France, cinq sur le Giro et deux sur la Vuelta) a su parfaitement jongler entre son rôle de coéquipier, notamment celui de Jacques Anquetil et celui de leader sur d’autres courses où ses entraîneurs lui accordaient plus de liberté ; Jean-Paul Ollivier :

« Jean Stablinski était un fidèle coéquipier et le capitaine de route de Jacques Anquetil. Mais cela ne l’a pas empêché de remporter de grandes victoires comme sur le Tour d’Espagne en 1958 ou l’Amstel Gold Race en 1966 et bien sûr les Championnats du monde en 1962. Il était très apprécié dans le peloton et il fait partie des cyclistes qui jouissent encore d’une belle popularité. »

Au-delà de son beau palmarès, le Nordiste reste, en effet, dans les mémoires comme un cycliste très populaire. Son cyclisme offensif, sa proximité avec les supporteurs en ont fait l’un des préférés du peloton tout au long de ses seize ans de carrière (de 1952 à 1968).

Il était également surnommé « le sorcier » ou « le renard » en raison de sa science de la course. Une science de course qu’il a mise au service d’autres coureurs après sa carrière en devenant directeur sportif. Décédé en 2007, une stèle à son nom a été inaugurée en 2008 sur la trouée de Wallers-Arenberg. Afin que le nom de l’un des plus grands coureurs français de l’histoire ne soit jamais oublié.

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