dimanche 21 avril 2024

Jeux Olympiques : quand le foot business prend le dessus sur le sport

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Le constat est triste : alors que les conséquences sont minimes, les clubs ne veulent pas libérer leurs joueurs pour représenter leur pays aux Jeux Olympiques*. Le coup de gueule de Stéphane Désenclos, rédacteur en chef du QDS. (Photo : Ikoné, Konaté et Gouri : tous les trois privés de Jeux)

24 heures avant le dépôt officiel de la sélection olympique, Sylvain Ripoll doit encore trouver six joueurs. Le sélectionneur doit remplacer les défenseurs Benoît Badiashile (Monaco) et Malang Sarr (Chelsea), les milieux Eduardo Camavinga (Rennes) et Maxence Caqueret (Lyon), et les attaquants Amine Gouiri (Nice) et Jonathan Ikoné (Lille), que les clubs refusent de libérer pour l’occasion.

La FFF a pourtant tout tenté pour pouvoir récupérer les joueurs pour le tournoi olympique de Tokyo (22 juillet – 8 août), mais rien n’y fait. Pourtant, de quoi parle-t-on exactement ? De manquer, dans le pire des cas, les deux premières journées de Ligue 1 (8 et 15 août) !

Car, contrairement à l’Euro et la Copa América, qui vont retarder considérablement le retour des internationaux concernés (qui vont couper et prendre des vacances avant de devoir faire une préparation complète), la participation aux Jeux Olympiques ne va pas contrarier tant que cela la préparation des joueurs sélectionnés.

On ne parle pas du Variétés Club de France mais de l’honneur de représenter la France aux Jeux !

Après avoir eu les mêmes vacances que leurs partenaires, ce qui leur a permis de couper plus d’un mois, les « olympiques » vont faire une grande partie de leur préparation avec la sélection.

Après une première semaine de travaille foncier avec leur équipes, les joueurs peuvent rejoindre la sélections aux alentours du 8 juillet pour quinze jours de préparation sous la direction de Sylvain Ripoll. Un calendrier largement aménageable puisque les Bleus ne joueront pas avant le jeudi 22 juillet (premier match contre le Mexique).

Prenons le cas de Malang Sarr retenu par Chelsea. Les Londoniens ne joueront pas avant le 15 août, date de la première journée en Premier League, et l’ancien Niçois n’est pas annoncé comme un titulaire indiscutable au sein d’une équipe où la concurrence est rude en défense…

Lille (que Jonathan Ikoné pourrait quitter), Lyon (ou Caqueret n’a pas toujours été titulaire la saison dernière), Nice (qui peut se passer de Gouiri un ou deux matchs) ne compromettront pas leur saison en se privant d’un joueur (le deal était de ne prendre qu’un seul joueur par équipe) pour la première – au pire la deuxième – journée.

Bientôt, les clubs refuseront de libérer les joueurs pour tous les matchs internationaux…

On ne parle pas d’un match du Variétés Club de France (avec tout le respect dû à cette équipe), mais d’un tournoi olympique, avec l’honneur (le devoir ?) de représenter la France !

On pourrait en dire autant pour Ibrahima Konaté (Liverpool) ou Arnaud Truffer (Rennes) pour lesquels la FFF a cédé avant la publication de la liste la semaine dernière.

C’est la victoire du foot Business dans toute sa splendeur. Les clubs estiment que les joueurs leur appartiennent sous prétexte qu’ils ont un contrat et sont grassement payés, au détriment de toutes autres considérations. A commencer par les valeurs du sport, qui sont tout simplement bafouées.

Il ne doit surtout pas se fatiguer pour une cause qui n’en vaut pas la peine, ou pire, se blesser en jouant pour son pays. Si l’UEFA n’avait pas de moyen de pression pour les autres dates internationales, il y a fort à parier que les clubs ne libèreraient plus jamais leurs joueurs…

* Les Jeux Olympiques n’étant pas inscrits au calendrier officiel de la FIFA, les clubs n’ont aucune obligation.

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