jeudi 23 mai 2024

Julian Alaphilippe dans une équipe française ?

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

En fin de contrat et en conflit avec son manager, sauf improbable retournement de situation, le double champion du monde changera de formation en 2025. Plusieurs équipes françaises se positionnent pour le récupérer.

Bernaudeau, Madiot, Lavenu, Vasseur ou Hubert… ils en rêvent forcément tous. Et un peut-être plus que les autres. Habitué aux gros coups, après Peter Sagan, TotalEnergies a d’ores et déjà manifesté un intérêt. « Julian a sa place chez nous, déclarait Jean-René Bernaudeau à L’Equipe en début de saison, et il sait qu’il pourrait être notre nouveau Peter Sagan, surtout avec l’arrivée d’une nouvelle vague de coureurs talentueux chez nous. »

En revendiquant son décalage avec les standards du cyclisme moderne, la formation française de ProTour mise sur l’humain et le côté familial pour attirer des profils qui ont peut-être envie, la trentaine bien dépassée, de vivre leur métier de manière différente. Usé par

la pression permanente imposée par son imprévisible manager belge Lefevere, Alaphilippe n’est pas insensible aux arguments de Bernaudeau à condition que, financièrement, il y trouve également son compte. Chez Soudal Quick-Step, il gagnait 2,3 millions d’euros par an, soit la moitié de ce que revendiquait Sagan chez TotalEnergies.

Decathlon AG2R La Mondiale, Totalenergies Ou Cofidis ?

De ce côté-là, à condition que le sponsor titre poursuive son investissement dans le cyclisme, rien ne s’oppose au transfert. « A l’inverse de la plupart des autres coureurs français qui s’expatrient pour aller chercher une nouvelle dynamique, de nouveaux modes d’entraînement, Julian trouverait un contexte plus serein dans une équipe française où le management est quand même moins violent, nous dit cet agent influent.

« Avec sa petite famille, il peut y trouver son compte avec un statut de leader qui lui permettrait de faire toutes les courses qu’il souhaite quand il est clairement dans l’ombre d’Evenepoel aujourd’hui et dépendant des humeurs de son manager ! » En plus, son cousin, Franck, revenu diriger le pôle espoir cycliste de Saint-Amand Montrond, n’est plus son entraîneur cette année… Ce serait donc une première pour lui qui a toujours évolué à l’étranger depuis son départ de l’Armée de Terre en 2012, moins

par volonté personnelle que parce qu’il ne recevait aucune proposition de formations françaises. En atterrissant dans une équipe centrée sur les Classiques, il y a largement trouvé son compte mais aujourd’hui, à 31 ans, il aspire à autre chose. Avec Bernaudeau, Cédric Vasseur s’est aussi exprimé sur son cas : « Sachant que Lefevere ne va certainement pas batailler pour le garder, on est ouvert à la discussion car il est clair que Julian arrive à un moment de sa carrière où il a besoin d’un nouveau challenge. » Chez Cofidis

comme chez Arkéa-B&B Hotels, la possibilité de l’accueillir est bien réelle. « On en a déjà parlé ensemble dans le passé, nous dit Emmanuel Hubert, mais ce n’était pas le bon moment. En 2025, pourquoi pas. Qui ne rêverait pas d’avoir un coureur aussi talentueux, double champion du monde, qui plus est sympathique et très attachant, dans son équipe ? » En France, personne. Même pas Marc Madiot malgré sa réticence : « Il faut être réaliste, il n’est pas dans nos moyens. » Il le serait par contre chez Decathlon AG2R

La Mondiale où Vincent Lavenu avait déjà tenté une approche en 2020. Après avoir essayé, en vain, Christophe Laporte, recruter Alaphilippe permettrait à la formation française de valider la nouvelle dynamique née de l’arrivée de Decathlon, une des entreprises préférées des Français qui ne pourrait pas rêver meilleur ambassadeur que l’un de ses coureurs les plus populaires. Aux dernières nouvelles, c’est Cofidis, assurée d’être en World Tour en 2025, qui tiendrait la corde.

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