dimanche 4 juin 2023

Karl Konan : « A Montpellier, je vais chercher une science du handball »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Révélation pour son premier Euro avec les Bleus dans un rôle de défenseur qu’il maîtrise à merveille, l’arrière gauche Karl Konan (27 ans) rejoindra Montpellier la saison prochaine pour parfaire son jeu offensif et pour gagner des titres.

Quelle serait une fin de saison réussie pour le PAUC ?

Dans l’idéal de finir 2ème, ce qui serait énorme, mais être dans le top 3 récompenserait déjà tout notre travail et cadrerait avec les objectifs du club. Montpellier pousse fort derrière donc ça peut aussi faire 4 comme ça peut faire 2 ou 3. Tout va se jouer jusqu’à la dernière journée.

Ce serait beau de quitter le club sur une place en Ligue des Champions, non ?

Je partirais avec le sentiment d’avoir tout donné et de m’être battu pour ce club qui m’a fait grandir. Ce serait top pour le club qui ne cesse de progresser.

En même temps, ça vous priverait de Ligue des Champions avec votre futur club de Montpellier…

C’est sûr, mais pour le moment je suis à Aix et je me bats pour Aix (le dernier match de la saison opposera Aix à Montpellier, Ndlr). Je ne regarderai qu’à partir du 30 juin du côté de Montpellier.

Karl Konan focus sur Aix

Vous n’avez jamais autant marqué que cette saison. Comment l’expliquez-vous ?

Ma force, c’est la défense et je pense que je l’ai démontré notamment au niveau international avec l’équipe de France. Mais j’avais à cœur de montrer cette saison que j’avais aussi des capacités offensives et sur les montées de balle. J’ai aussi la chance d’avoir du temps de jeu avec Aix, ce qui n’était pas le cas un an auparavant. J’essaie donc de rentabiliser au mieux ce temps de jeu même si je ne serai jamais Raphaël Caucheteux offensivement (rires).

En aviez-vous aussi un peu assez de n’être pris que pour un défenseur ?

Oui car je ne suis pas un défenseur exclusif, je peux apporter aussi de l’autre côté du terrain même si je ne prétends pas être l’arrière gauche numéro 1. A part Nikola Karabatic, je n’en vois d’ailleurs pas beaucoup. Je ne rêve pas, mais je sais que je peux assurer la défense tout en aidant mon équipe sur le plan offensif en faisant souffler quelques minutes le titulaire en attaque. Les étiquettes sont dures à enlever surtout quand on commence et qu’on se fait connaître par la défense. Ce n’est pas non plus lourd à porter car c’est grâce à ça que je me suis fait connaître, que j’ai été en équipe de France et que j’ai signé à Montpellier, mais ceux qui connaissent le handball savent que je peux aussi apporter offensivement.

« J’avais à cœur de montrer cette saison que j’avais aussi des capacités offensives »

A quel niveau se trouvent désormais vos axes de travail ?

Je dois être encore plus irréprochable en défense car je sais que c’est ma force et mon pilier pour avancer au plus haut niveau. En attaque, je dois être encore plus précis sur la vision du jeu. C’est aussi ce que je vais chercher à Montpellier, cette science du handball, qui va vite, avec des duels. J’ai envie d’apprendre auprès de grands entraîneurs. J’ai eu Noka Serdarusic, Marc Wittberger, Thierry Anti et maintenant je vais avoir Patrice Canayer.

A l’Euro, c’est le Suédois Oscar Bergendahl qui a été élu meilleur défenseur. Avez-vous été déçu que ce ne soit pas vous ?

Forcément. Après, c’était ma première compétition internationale, je ne partais donc pas avec l’idée d’être nominé, mais simplement de montrer ce dont j’étais capable. Ça a été le cas et j’ai pris cette nomination comme un bonus.

N’est-ce pas frustrant de repartir sans médaille quand on intègre une équipe qui les truste habituellement ?

Cette équipe a tout gagné et a cette culture de la gagne. Donc quand on rentre en France avec la 4ème place on le vit comme un échec. Mais le groupe était jeune, il y a eu la Covid, une préparation complexe… Je ne cherche pas d’excuses, mais il a fallu créer des affinités dans un groupe nouveau. Au final, si cette 4ème place est frustrante, elle est aussi galvanisante pour la suite.

Karl Konan déçu de ne pas aller aux JO

Ne pas être pris pour les JO avait-il été une déception ?

Non même si j’aurais quand même aimé faire au moins la prépa avec le groupe. J’ai fait le maximum et j’ai montré ce que je valais, mais je n’étais pas décideur de qui allait aux JO. Il y avait déjà un groupe de formé avant que je n’arrive. J’ai respecté ce choix et j’ai attendu mon tour.

Vous avez opté pour la France alors que vous auriez également pu jouer pour la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens ont-ils compris votre choix ?

Ma famille ma mère a été internationale ivoirienne, mais elle m’a laissé libre dans mon choix et mes proches qui connaissent mon parcours ont très vite compris. Les autres ont eu plus de mal. J’ai été critiqué comme si j’abandonnais mon pays et que j’oubliais mes origines. C’est compliqué à vivre, mais je sais d’où je viens et les valeurs qui sont les miennes. Je suis désormais Français, mais je reste Ivoirien et je me bats pour la jeunesse là-bas au travers d’associations. Je suis passé au-dessus des critiques et j’essaie d’être au service de ces deux nations du mieux que je peux.

« J’avais des lacunes et du retard en 2014 »

Certains clubs français vous ont recalé en 2014. Ils doivent le regretter…

J’avais été refusé par Nantes. Chambéry hésitait et Cesson était d’accord. J’avais finalement opté pour Aix. Mais ce n’est pas une revanche car j’avais encore beaucoup de lacunes et du retard. Je cherchais un club qui prendrait le temps de me former, ce que Aix a fait avec Noka Serdarusic, Didier De Samie et Mirza Saric. Au final, c’est une fierté de montrer que je suis arrivé à ce niveau-là même si j’ai été refusé par certains clubs.

Vous avez décidé de rejoindre Montpellier pour trois ans. A Nantes, le soleil vous aurait trop manqué…

(rires) J’aime bien le Sud qui m’a bien accueilli. C’est une certaine continuité. Plus sérieusement, Montpellier est un grand club, c’est un club mythique que j’ai toujours adulé depuis mes débuts. La structure du club, son projet, son ambition pour les années à venir m’ont séduit. J’aurais peut-être pu taper à la porte de Nantes ou d’un peu plus haut, mais passer par Montpellier est une belle étape pour aborder le très haut niveau. J’y ai signé trois ans donc j’ai envie de jouer la Ligue des Champions.

Montpellier vous voulait déjà cette saison et était prêt à payer une indemnité pour vous libérer. Aix n’avait pas voulu. Comment l’aviez-vous vécu ?

C’était frustrant, mais contractuellement et au niveau du timing j’ai compris la position d’Aix qui n’était pas prêt à me lâcher et pour qui ça aurait été compliqué de trouver un joueur pour me remplacer.

Le PSG ne vous a-t-il pas approché ?

Ça aurait pu se faire il y a quelques années, mais ça ne s’était pas fait.

N’avez-vous pas songé à rejoindre un club étranger ?

Je n’étais pas fermé, mais je n’étais pas non plus vraiment partant, j’avais encore envie d’asseoir en France ce que j’apporte avant de regarder vers l’étranger.

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